Sapins bio: la magie de Noël se cultive dans le Couserans
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Branle-bas de combat sur l’exploitation de Michel Vuiller sur les hauteurs de Montjoie en Couserans.
C’est le grand rush avant les fêtes et en ce moment, la demande en sapins est très forte.
Mais ici la spécificité c’est qu’il s’agit de sapins bio, des arbres qui n’ont reçu aucun traitement chimique, aucun intrant, aucun produit phytosanitaire.
Ils poussent peut-être moins vite que dans les plantations conventionnelles mais ils fournissent une grande variété de formes, de tailles et de variations de teintes.
Le seul producteur national labellisé de sapins bio est ariégeois
Dans les années 80, quand Michel reprend l’exploitation familiale, il y a déjà quelques sapins parmi les céréales mais c’est à partir de 2007qu’il décide, face au déficit de la production française dans cette production, de se lancer dans le sapin bio.
Les premiers plants sont mis en terre en 2009 mais il faut attendre quatre ans après avoir réalisé d’importas investissements, avant de procéder aux premières coupes.
Cette année l’exploitation a atteint sa vitesse de croisière, avec des produits plus conséquents et des configurations plus commerciales. A tel point qu’il vient d’embaucher Hortense, ingénieur agricole, tout récemment diplômée de l’école d’Ingénieur Agricole de Purpan (Toulouse) pour créer l’entreprise de distribution «France Sapin Bio» pour commercialiser ces sapins de Noël.
Une culture à part entièreAvec une plantation de 450 000 unités sur 50 hectares, rien n’est laissé au hasard surtout quand on a choisi comme Michel Vuiller de travailler avec un cahier des charges issu de l’agriculture biologique.
Les rangs sont serrés et les jeunes plants dès qu’ils atteignent 20 à 25cm de haut sont repiqués.
Après avoir apporté du compost, une intervention de désherbage mécanique est réalisée et à partir de 80 cm, une taille sommaire des arbres est réalisée au taille-haie (elle s’effectue en juin après la pousse du bois de l’année).
En principe en août les arbres destinés à la vente sont marqués pour faciliter la coupe sélective mais il arrive sur certaines parcelles que l’initiative soit laissée à l’appréciation du bûcheron, histoire de se mettre dans le bain.
«Nous sélectionnons les sapins qui ont une valeur marchande et on ne coupe que ce que l’on vend. Pour tous ces sapins regroupés en bordure de parcelle il y a eu un acte d’achat, un engagement du détaillant ou de la collectivité qui a passé commande, cela permet de garantir la fraîcheur des produits. Les sapins coupés aujourd’hui seront livrés demain»
Et afin de réduire le bilan carbone, les sapins ne sont commercialisés qu’à l’échelle de la région Midi-Pyrénées. Les arbres sont tronçonnés et les pieds parés pour qu’ils puissent rentrer dans un support bois (également livré avec l’arbre), puis ils sont conditionnés dans des filets avant d’être amenés sur la plateforme d’approvisionnement.
Tout à l’heure, deux équipes de la mairie de Saint Gaudens sont venues récupérer leur commande: «c’est la seconde année que nous nous approvisionnons ici. C’est de la très belle qualité !» indique Louis Pagès.
Une seconde vie pour les sapins récupérés après NoëlLa plateforme de livraison est également une plateforme de réception des sapins recyclés après les fêtes.
En restant dans l’esprit développement durable, Michel Vuiller propose également de les recycler et valoriser en plaquettes pour chaudière bois.
Si l’opération est peu rentable pour le moment car l’ébranchage est manuel, ce dynamique chef d’entreprise étudie un système mécanisé et cherche à valoriser tous les sous-produits: déchets (sciures) pour réaliser les supports du sapin réutilisés en compost pour pailler les plantations, etc. «Nous avons déjà récupéré pour 93 m3 de plaquettes l’an passé»
Des idées plein la tête et des perspectives de développementLa plantation compte actuellement deux variétés de sapins de Noël: les traditionnels épicéas à l’odeur d’épice et de citronnelle dont les aiguilles ont tendance à tomber s’ils sont près d’une source de chaleur et les Nordmann, plus longs à venir donc plus chers mais qui ont beaucoup plus de tenue.
«Nous avons lancé cette année en recherche et développement deux nouvelles variétés de sapins de Noël: l’abiès koreana (sapin de Corée) et l’abiès fraseri (sapin fraser)»
Déjà pionnière en France à ce jour au regard des volumes traités de sapins bio, il se pourrait bien que la petite entreprise ariégeoise le soit également avec ces variétés exotiques.
En ce moment le sapin de Noël ne connaît pas la crise et les indicateurs pour France Sapin Bio sont plutôt au vert avec un chiffre d’affaires potentiel de 250 000 euros.
| Venez choisir votre sapin de Noël Opération portes ouvertes le samedi 7 décembre de 9h à 18h à Belloc (route de Montjoie-Couserans) France Sapin Bio vous invite à venir choisir votre sapin de Noël, épicéa ou Nordmann, directement à la plantation. Dans une ambiance familiale et festive, les responsables de cette entreprise locale vous feront découvrir la culture du sapin bio autour d’un chocolat chaud. Pour davantage d’informations: www.francesapinbio.com |
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