Le département de l'Ariège, terre d'accueil des gibiers d'eau
Un Plongeon Imbrin directement venu d'Islande passer l'hiver sur le lac de Montbel! Le fait est rare mais pas exceptionnel selon Pascal Fosty, technicien à la fédération des chasseurs de l'Ariège, chargé depuis six ans de réaliser les comptages des gibiers d'eau.
L'opération a lieu tous les ans, du mois du mois d'octobre au mois de janvier dans tout l'hémisphère nord, et a pour but de recenser l'avifaune migratrice afin de dégager les tendances d'évolution des effectifs des populations.
Un plan à l’échelle européenneEn France, ce comptage annuel des gibiers d'eau se réalise dans le cadre d'un réseau national piloté conjointement par l'ONCFS et les fédérations des chasseurs et se déroule dans tous les départements à fort potentiel d'accueil.
A l'origine, l'Ariège était un département peu concerné par le gibier d'eau. Il y avait certes quelques canards en période de migration sur les cours d'eau mais l'apparition au nord du département ou dans la vallée de L'Hers, de plans d'eaux liés à l'exploitation de gravières, à l'irrigation agricole ou encore à la réalisation de barrage, a permis l'installation plus durable de ces espèces dans nos contrées.
Pascal Fosty réalise l'essentiel de ses observations au Domaine des Oiseaux, un espace de 20 ha de zones humides particulièrement propice aux flux migratoires (voir notre article du 29/11/2013), sur les étendues d'eau de Labarre (barrage EDF) et de Montbel (lac de 570 ha créé en 1985, géré par une institution interdépartementale).
C'est sur ce site exceptionnel que nous l'avons retrouvé en compagnie de Tristan Guillosson, docteur en écologie appliquée, passionné par les oiseaux qu'il étudie depuis de longues années.
Les deux spécialistes s'accordent à dire que «l'apparition et l'aménagement de ces plans d'eau, la forme actuelle de l'agriculture ont considérablement accru la capacité d'accueil du territoire ariégeois et en conséquence l'abondance et la diversité des oiseaux d'eau, gibiers ou non»
C'est du bout de leurs lunettes d'approche qu'ils réalisent leurs comptages: cols verts, sarcelles d'hiver, grands échassiers, tadorne de Belon, fuligule milouin, poule d'eau, foulque macroule, vanneau huppé, chevalier cul-blanc, râle aquatique, oie cendrée... derrière ces noms exotiques pour le commun des mortels, une extraordinaire richesse et biodiversité.
Des comptages liés aux conditions météorologiques«En cette période de l'année nous observons des hivernants, ils viennent du nord et passent l'hiver ici car les températures sont plus clémentes. Chaque recensement doit être cadré dans son contexte climatique.
Les aléas météorologiques peuvent provoquer des afflux d'oiseaux qui ne sont pas à interpréter comme des fluctuations mais comme des déplacements contraints» précise Tristan.
Pour lui l'interprétation de l'évolution à l'échelle du département est difficile, pour autant les tendances sont plutôt bonnes pour l'Europe de l'ouest.
L'apparition des plans d'eau favorise l'installation des gibiers d'eau «Bien que l'on soit dépendant des conditions climatiques, la création de nouveaux plans d'eau permet d'attirer davantage d'espèces» poursuit Pascal.
L'eau est indispensable à la vie. Sa présence sur le territoire peut conditionner l'abondance et la répartition de nombreuses espèces sauvages. Elle peut prendre la forme d'une simple mare de quelques dizaines de mètres carrés ou d'étendues de plusieurs hectares.
«Les plans d'eau sont rapidement colonisés par la végétation aquatique hydrophyte (sous l'eau) et hélophyte (sur les rives). Ces végétaux sont le support d'une multitude d'organismes invertébrés qui constituent une base de l'alimentation de ces oiseaux aquatiques dont la présence est alors possible»
Là où le poisson est présent on peut également observer les oiseaux piscicoles tels que les grèbes huppés, capables de rester plusieurs minutes sous l'eau à la recherche de petits poissons ou le grand cormoran, dont la voracité fait frémir les pêcheurs ariégeois (voir notre article du 17/01/2012).
Quoi qu'il en soit, le bilan de ces comptages dans le département met en évidence des populations variées qui représentent une véritable ressource faunistique et cynégétique.
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