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Des voeux pour que la «ferme Ariège reste positive»

© midinews 2014

L’an passé à peu près à la même époque la Chambre d’Agriculture emmenée par son président François Toulis avait proposé un «service minimum» à l’occasion de ses vœux, vers la presse notamment, période pré-électorale interne oblige.

Cette fois, c’est à un menu copieux auquel la presse ariégeoise aura été conviée par le président réélu. De la grande politique à la plus locale, entre réforme de la PAC et place de l’agriculture en Ariège, de nombreux sujets ont permis à François Toulis d’argumenter autour d’une idée force, d’un vœux plus large, celui que la «ferme Ariège reste positive»

D’autant que 2013 aura été somme toute exécrable concède le président de la Chambre «entre les pluies de printemps et les pluies d’automne, les cultures ont eu du mal. On vient juste de faire le blé» Alors après 2012, qualifiée de «remarquable», 2013 reste «une année très difficile» et contrastée.

Si le rééquilibrage du prix du lait reste une bonne chose, la chute sévère des prix de céréale est constatée «ce qui nous sauve, affirme le président, c’est le maïs de semence, c’est un atout pour l’Ariège, surtout à l’échelle d’exploitations qui restent de taille moyenne au regard des autres grandes régions de France»Tous les dix ans c’est l’équivalent d’un département qui sauteAvec ses 1600ha de superficie agricole «consommée» entre 1990 et 2006, les terres agricoles ariégeoises ne dérogent pas à la règle en témoignent les récents indicateurs démographiques donnés par l’INSEE qui traduisent une urbanisation galopante.

Parallèlement à la pression toulousaine, le dénouement récent sur les gravières de basse Ariège au sein du Schéma Départemental des Carrières d’Ariège, font monter les prix du foncier. Situations qui ont notamment provoqué l’émergence d’un collectif de paysans sans terres revendiquant pour accéder prioritairement aux terres agricoles en Ariège.

S’il réaffirme l’engagement de la chambre en faveur du soutien à l’installation de jeunes agriculteurs, notamment au travers d’un engagement plus ferme de la SAFER dans son droit en la préemption en révision de prix, c’est surtout au niveau du SCOT en cours d’étude que François Toulis attend beaucoup pour préserver les terres agricoles.

Ce document d’aménagement et de développement qui concerne toute la vallée de l’Ariège du Pays des Portes d’Ariège-Pyrénées et le Pays de Foix jusqu’en Haute-Ariège, soit un axe nord sud (de Pamiers à Tarascon) reste stratégique.

«On sait très bien que ce sont les terres agricoles qui vont être consommées mais on veut que ce le soit de manière rationnelle, argue le président de la chambre, qui déplore par ailleurs, que le double des surfaces nécessaires aux besoins de développement du territoire soit aujourd’hui bloquées», avec toutes les incidences que cela peut avoir sur le maintien des zones réservées à l’agriculture dans les années à venir.

«On va continuer à se battre pour faire entendre notre voix, et émettre nos avis aux instances décisionnaires». Même s’il reconnait que beaucoup en ce domaine dépendra du «niveau d’opposabilité que les élus confèreront à ce document d’urbanisme au regard de ceux qui prévalent dans chaque commune»
La réforme de la PAC est favorable à l’agriculture ariégeoise, encore faut-il le savoir et s’adapter en prenant les devantsL’autre grand sujet mis sur la table reste bien entendu cette réforme de la PAC, tant redoutée, tandis qu’avec l’élargissement de l’Europe les budgets affectés à l’agriculture sont décriés en même temps qu’ils s’amenuisent pour certains états dont la France.

En ce domaine le ton du président de la chambre se veut plus péremptoire «Sortir de la CE et de son volet agricole, la PAC, répond-il, serait une erreur. Je porte un regard positif sur cette réforme de la PAC, la ferme Ariège devrait rester positive, insiste-t-il. Mais il ne faut pas manquer le virage dès cette année, sans quoi on va passer à côté des aides. Il faut prendre les devants dès 2014 pour se positionner en 2015.

Pour ce faire l’accompagnement et le conseil des techniciens de la chambre restent plus que jamais une mission essentielle
»

Outre les impératifs techniques qu’il faut savoir assimiler c’est bien une démarche tant administrative que de gestion qu’il faut pouvoir mener pour être dans les clous et ne pas laisser filer ses aides qui, le rappelle le président de la Chambre sont avant tout destinées «à combler les écarts de coûts de production par rapport à nos principaux concurrents, sachant, souligne-t-il par ailleurs, que le revenu moyen des agriculteurs en Ariège est inférieur à 10 000euros»

D’autant, prêche le président qu’il ne faut pas ensuite «s’appuyer seulement sur ces aides mais défendre le niveau de la production agricole ariégeoise et sa qualité»

Pour faire face à ces différents enjeux, faire mieux entendre sa voix et accompagner au mieux ses ressortissants, la Chambre d’agriculture s’est dotée d’un plan stratégique qui d’ici 2018 souhaite tendre vers l’excellence tant sur le plan des performances, de la valeur ajoutée et des revenus qui en sont tirés que du développement d’entreprises fortes au sein de leur territoire.



Plaidoyer en faveur de la plateforme

Innovation ariégeoise, la plateforme «Terroirs Ariège Pyrénées» créée en 2011, sous forme d’une SCIC réunit quelques 100 actionnaires «adhérents» (voir notre article du 25/09/2013 http://www.ariegenews.com/news-67317.html).

Depuis deux ans maintenant, elle s’efforce de privilégier les circuits courts entre une multitude de producteurs locaux et leurs clients dont les collectivités, en produits frais et de qualité issus du sol ariégeois pour l’essentiel.

Largement soutenue par la chambre cette plateforme a déjà réussi son pari, proposant aujourd’hui quelques 300.000 repas par an vers les collectivités. Mais il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre le point d’équilibre évalué à quelques 500 à 600 000 repas.

Si la chambre d’agriculture par la voix de son président réaffirme son soutien à la plateforme, elle en appelle aussi aux collectivités locales comme aux institutions pour asseoir le développement d’une structure qui œuvre aussi à sa manière pour une agriculture ariégeoise forte, de qualité et en prise directe avec son territoire. «C’est surtout une histoire de volonté», dira le président de la Chambre d’Agriculture.
Sylvain Sastre | 06/01/2014 - 18:14 | Lu: 34842 fois