Installation: la Chambre d'Agriculture de l'Ariège entend rétablir certaines vérités
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En réaction à l’action symbolique pilotée par la Confédération Paysanne qui a déménagé jeudi dernier le bureau du Point info installation devant les services de la DDT, François Toulis et son équipe organisait ce mardi une rencontre avec la presse.
Preuve que les «farfelus» ont appuyé là où cela fait mal, le président de la chambre était entouré par Emmanuel Lecomte, son directeur, Hervé Péloffi président de la FDSEA, Nicolas Delmas des JA et Mickaël Marcerou en charge des installations en Agriculture.
Des décisions prises en commissions en toute transparence
«Nous sommes ici pour rétablir un certain nombre de vérités. La Confédération Paysanne ne s’est pas rendu compte qu’elle a perdu les élections consulaires.
Aujourd’hui les décisions sont prises par les majoritaires mais il y a des règles à respecter et elles sont les mêmes pour tout le monde. Il y a la SAFER et le CDOA*, ces commissions existent, elles sont là pour statuer sur les dossiers, tout ce qui est fait est fait dans les règles en toute transparence.
A Taurignan, le comité technique a confirmé sa position initiale et je n’ai pas à intervenir. Si les techniciens jugent un dossier trop fragile, il est de notre devoir de mettre le porteur de projet en garde, de voir avec lui comment en améliorer la rentabilité. En CDOA les techniciens donnent un avis technique mais c’est le préfet qui tranche au final.
Nous souhaitons qu’il y ait un maximum d’installations dans le département de l’Ariège mais des installations pérennes»
François Toulis dénonce le procès d’intention qui lui est fait: «nous sommes là pour tous les agriculteurs sans distinction, il n’y a pas de sectarisme de notre part par rapport à une catégorie d’agriculteur, à une production, nous voulons que ces installations soient viables. Mais les règles sont les mêmes pour tous!»
Hervé Peloffi s’est dit très choqué par les méthodes employées: «on ne peut pas permettre de détruire ou saccager le travail d’un salarié.
Il est peut être difficile d’accepter d’avoir perdu les élections mais l’ensemble des agriculteurs de l’Ariège nous ont fait confiance et nous estiment capables de défendre ce métier difficile.
La CDAO est une instance professionnelle. Quand un dossier a un avis défavorable ce n’est qu’un ajournement temporaire permettant de revenir dans la réflexion, l’améliorer avant de le représenter en commission technique. Les dossiers qui passent en force sont souvent voués à l’échec.
Ce n’est pas un métier où l’on s’improvise, c’est un choix de vie, il est capital de partir avec des bases fiables.
Surtout qu’on est jamais à l’abri d’une difficulté économique ou sanitaire, on l’a vu avec la FCO, dans ces cas là même les plus solides se mettent à trembler»
Nicolas Delmas, vice-président des JA, syndicat particulièrement ciblé dans ces problèmes d’installations, est monté lui aussi au créneau: «nous n’avons pas de droit de véto. Nous siégeons à la CDOA depuis longtemps.
Nous avons été longtemps un des départements les plus mauvais de la classe au niveau de la pérennisation des installations. Il faut savoir que derrière ces dossiers il y a des aides publiques qui sont de plus en plus revues à la baisse, il faut faire attention et ne pas avoir honte de revoir ses chiffres avant de présenter son dossier.
Nous voulons des gens qui tiennent la route avec de vrais projets d’installation qui s’inscrivent dans la durée»
Pour Mickaël Marcerou au-delà de l’installation, c’est la problématique de la transmission qu’il faut prendre en considération.
«Bien transmettre c’est mieux s’installer. Depuis 4 ou 5 ans nous organisons des actions sur les territoires mais nous n’avons jamais vu ces gens-là dans nos comités de pilotage, c’est dommage»
La chambre d’Agriculture a une mission de service publicEmmanuel Lecomte a rappelé que le parcours à l’installation était loin d’être le parcours du combattant décrit par la Confédération Paysanne.
Il se fait en trois étapes: la première, une information qui fait émerger le projet au Point Info Installation, la seconde correspond à un entretien où l’on élabore le «Plan de Professionnalisation Personnalisé» ou «3P» valable 3 ans qui ouvre l’accès à des formations et enfin la dernière étape consiste à réaliser son plan de développement d’exploitation ensuite validé en CDAO.
«Tout ce parcours est obligatoire pour avoir accès aux aides à l’installation.
La dotation est de 30 000€, c’est de l’argent public, nous ne voulons pas qu’après 5 ans d’activité tous ces jeunes installées disparaissent et pointent au RSA» précise François Toulis qui depuis son arrivée aux affaires a fait un gros effort pour l’accompagnement des jeunes: un forfait de 80€/mois leur permet d’accéder à tous les services de la chambre.
Selon les données de la SAFER, en 2012 68% des rétrocessions sont allées à l’installation et 32% à l’agrandissement. En 2013, 70% des rétrocessions sont allées à l’installation et 30% à l’agrandissement.
Il faut compter une moyenne de 20 à 30 ha pour une installation en rétrocession et 6 ha pour un agrandissement.
«Plus des 2/3 des terres rétrocédées à la SAFER vont à l’installation», poursuit Emmanuel Lecomte qui rappelle au passage que si le Point Info Installation crée en 2009 est tenu par la Chambre d’Agriculture, il est tout à fait indépendant.
«160 porteurs de projets ont été accueillis en 2013. Il s’agit de faire un autodiagnostic et les 3P ne sont en aucun cas réservés à telle ou telle obédience syndicale.
Sur les 339 jeunes qui y sont passés, 159 se sont installés avec des aides, les autres se sont formés… la chambre a ici une mission de service public, totalement indépendant des élus»
Le technicien répète qu’il n’y a en aucun cas collusion dans le travail de ces professionnels et les élus de la chambre
«Il faut un minimum de filtres. Sur 35 dossiers examinés cette année en CDOA, deux ont reçus un avis technique défavorable car estimés peu viables»
Le premier concernant un projet de production de yaourts en montagne, «le jeune a revu son dossier, a changé son fusil d’épaule en se réorientant vers de la production de fromage et son projet est passé.
Le second a été monté en épingle par la Confédération paysanne, il n’était pas conforme et même retravaillé le porteur de projet n’atteignait pas le seuil de revenu viable»
La moitié des installations en Ariège sont hors-cadre familialN’en déplaise là aussi aux idées reçues, les responsables de la chambre d’agriculture ont prouvé, chiffres à l’appui que les aides à l’installation s’appliquaient à tous les systèmes d’exploitation, y compris les petites productions à très forte valeur ajoutée comme la pelouse pour terrasses ou les roses du désert du moment que le projet est «cohérent, fiable, techniquement et économiquement fondé» a répété Emmanuel Lecomte
«Même si les installations bovins viandes sont majoritaires (46), depuis 2009 nous avons eu 15 installations en maraichage, 11 équins tourisme équestre, 5 apiculteurs, 4 installations volailles.
Et la moitié des installations se font hors cadre familial, ce ne sont pas des enfants d’agriculteurs qui prennent la succession.
Mais encore une fois le foncier c’est un bien privé, le propriétaire le vend à qui il veut. Bien que nous ayons impulsé des actions volontaristes avec la SAFER pour installer de jeunes comme à Mazères, nous n’avons pas de marge de manœuvre»
Enfin François Toulis a indiqué que phénomène nouveau avait tendance à voir le jour dans le monde agricole, c’est l’installation des cotisants solidaires: «on nous met la pression avec l’installation des cotisants solidaire.
Ce n’est pas un statut, il s’agit de petits producteurs, ils n’ont pas assez d’assise foncière pour en tirer un vrai revenu, souvent ce sont des bénéficiaires du RSA, ils n’ont pas accès aux cotisations sociales. Ce sont les nouveaux auto-entrepreneurs de l’agriculture!»
Pour Hervé Peloffi, il faut revenir aux vrais sujets, tels que la nouvelle PAC où le département de l’Ariège va directement être impacté: «je regrette que sur de tels dossiers on n’est pas les mêmes objectifs à savoir faire entendre la voix de tous les agriculteurs ariégeois»
*commission départementale d'orientation Agricole
| De leur côté les agriculteurs de la Confédération Paysanne ont pu parler de cas concret avec la DDT jeudi dernier Parmi les porteurs de projets, cinq agriculteurs ne sont pas parvenus a se procurer auprès des services de la chambre d'agriculture des attestation de formation «VIVEA» alors que la chambre d'Agriculture de la Haute-Garonne les leur ont délivré sans encombre. «Il s'agit de formations gratuites, tous les porteurs de projets peuvent y prétendre en passant récupérer une attestation au point-info», explique Matthieu agriculteur à Barjac. Celui-ci a remarqué également que les associations de développement agricole dispensant des formations (ADEAR ou Civam Bio) avaient des difficultés à accéder à ces financements. «Nous voulons dénoncer le mélange des genres et la mise en concurrence de types de formation, celle de la chambre, les officielles qui ouvrent toutes les portes et les autres auxquelles on peut prétendre mais que l'on obtient plus difficilement et dont on n'a pas toujours connaissance. Nous perdons tous les ans 200 agriculteurs en Ariège, il faut faire quelque chose pour l'installation des jeunes. Nous demandons à la Chambre d'Agriculture de faire plus et pour tout le monde» |
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