Une médaille d'or au salon de l'Agriculture de Paris pour les gasconnes de la famille Respaud
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Cette récente récompense a un goût particulier pour les éleveurs du Gay au Mas d’Azil.
En effet en 2010, l’année noire, celle où la tuberculose bovine a décimé tous les troupeaux ariégeois, ces éleveurs exemplaires ont directement été impactés par l’épidémie et obligés d’abattre l’intégralité de leur troupeau. Un coup dur pour les Respaud qui élèvent des «bêtes à concours» issues d’une sélection pointue, fruit de plusieurs générations de travail, qui ont toujours fait l’objet de soins constants.
«Ici c’est du traditionnel, tout est produit maison quand les bêtes ne sont pas dans les prairies naturelles elles sont nourries avec du foin, du maïs ou du blé provenant de l’exploitation… On n’achète que le sel et l’on travaille comme le faisait nos ancêtres. Certes au final sur 80 bovins nous n’avons que 18 mères mais chez nous le temps n’a pas de prix» précise Gérard, le père qui revient lui aussi de loin (l’épidémie a laissé une plaie béante dans son cœur).
Aujourd’hui, il commence à peine à voir le bout du tunnel. L’exploitation est sur les rails. Il a renouvelé le cheptel et les premières naissances au Gay lui ont redonné du baume au cœur. Pour preuve on commence à le revoir dans le circuit des foires agricoles et cette année Patrick, son fils est «monté» au salon avec deux mères de 5 ans et un veau.
Il en est redescendu entre autre avec une médaille d’or (concours viande label rouge) récompensant son travail d’éleveur. Une plaque supplémentaire à fixer sur le mur de l’étable qui en un simple coup d’œil permet de situer le niveau d’excellence de cette exploitation.
«Il faut savoir acheter et mener les bêtes jusqu’au bout, sans intermédiaire» explique Gérard qui ne cachait pas son désarroi les premiers temps quand il a fallu renouveler son cheptel: «Sur 70 bêtes 24 sont reparties d’où elles venaient, elles ne correspondaient pas à nos critères de sélection, elles n’étaient pas dociles. Pour faire face nous avons acheté des bêtes de trois ans que l’on a engraissées pour le label rouge (il faut les garder de 3 à 10 ans). Quand on achète il faut être capable de savoir quel est le débouché de chaque bête, l’engraissement ou la reproduction… c’est tout un métier!» A force de ténacité et de savoir-faire le challenge a été relevé.
Cette passion de l’élevage se transmet de générations en générations, Patrick a pris le relais au Gaec et c’est la première fois qu’il participait au Salon international de l’Agriculture de Paris:
«Nous travaillons depuis 50 ans en filières courtes avec les bouchers locaux (la maison Sassano au Mas d’Azil) mais également avec un boucher toulousain (Gérôme) qui a décidé de choisir notre viande pour représenter au niveau national le bœuf gascon label rouge. Il a choisi un bœuf de 5 ans (500kg de poids carcasse) qui lui a permis de décrocher la médaille d’or du meilleur éleveur et du meilleur boucher… c’est une belle reconnaissance de notre travail après Cournon et le sommet de l’élevage où nous avons décroché le prix du championnat... oui c’est une belle revanche sur le destin»
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