Pamiers: 2700 pieds de vigne sur le site de Cailloup pour renouer avec la tradition du vignoble appaméen
Décidément autour de son église datant du XIIème siècle, le site de Cailloup est un lieu de culture, celui du patrimoine, du coco de Pamiers, du potager médiéval et désormais de la vigne.
Derrière ce projet on retrouve l’historien Louis Claeys et l’association Bi del Mas Bielh (vin du mas vieux) dont les membres n’ont pas hésité ce mercredi à retrousser leurs manches afin de mettre en terre près de 3000 cépages.
Un demi-hectare de vigne près de l’église romaneImplantée dans la région par les romains, les moines de l’abbaye de Saint Antonin de Frédélas ont fait au Moyen Age de la vigne ses lettres de noblesse. Réputé au-delà des frontières Pyrénéennes, le vin de Pamiers était embarqué au Port du Jeu du Mail pour être acheminé jusqu’à Bordeaux où il pouvait être exporté en Angleterre.
Hélas en 1879 le phylloxéra allait mettre un terme au développement sans cesse croissant de cette production et le vignoble qui représentait plus de 16 000ha fut réduit à 1800 à cette époque là. Des vignes furent replantées au début du XXème siècle mais la production diminua et au sortir des deux guerres mondiales, elle fut limitée exclusivement à la consommation familiale.
Animé par la passion et l’envie de faire revivre le site de Cailloup, c’est au terme d’un véritable parcours du combattant que Louis Claeys et son association sont enfin arrivés au bout de ce projet:
«C’est un retour à la tradition car il y avait déjà ici aux XIV-XVème siècles une trentaine d’hectares de vignes, la principale richesse de la ville à cette époque. Il y a trois ans que nous tavaillons à la réintroduction de la vigne à Cailloup… il aura fallu du temps pour obtenir les différentes autorisations, mais il faudra également se munir de patience pour mériter ce vin… trois ans seront nécessaire avant la première récolte et les premières bouteilles seront réservées aux 101 souscripteurs qui ont fait un don à l’association»
Au total ce sont 45 ares soit un demi hectare pour être très précis vis-à-vis de l’administration de la Douane qui donne les autorisations pour la création ou l’acquisition d’une exploitation, l’arrachage, plantation, greffage d’une parcelle de vignes, la déclaration de récolte et de production, ainsi que la distillation obligatoire des sous-produits de la vinification (alambics). D’ores et déjà l’association Bi del Mas Bielh espère avoir dès la première vendange 2000 bouteilles de bon vin de Cailloup.
La vigne, une grande école de patienceC’est sous les auspices de Philippe Babin qui a participé activement il y a une vingtaine d’années au renouveau de la vigne en Ariège, que l’association appaméenne a choisi les cépages: 2700 pieds de Gamay, un cépage du Beaujolais que l’on retrouve dans la Loire mais comme l’indique notre viticulteur ariégeois, «il s’agit là d’un cépage endémique de l’Ariège qui existait ici avant la disparition du vignoble. Il était intéressant d’en replanter pour perpétuer la tradition. Le Gamay propose des vins pas forcement d’élevage qu’il faut garder en barrique pour qu’ils vieillissent, ce sont des vins à consommation rapide, correspondant parfaitement à l’envie de l’association de planter une vigne pour en proposer le vin dans le cadre d’animations festives sur le site de l’abbaye»
Et d’une abbaye, celle de Prouilhe dans l’Aude d’où viennent les cépages, à l’autre, il n’y qu’un pas: «Ces plants viennent de chez un pépiniériste de Fanjeaux, ils ont été greffés l’an passé: la partie porte-greffe dans le sol va s’affranchir du phylloxéra et les petits bouts rouges, point de cire consolidant le point de greffe, vont rapidement produire de petites pousses que l’on rabattra l’an prochain» poursuit le viticulteur qui restera en relation avec cette sympathique association pour l’accompagner dans sa démarche.
La mairie de Pamiers gestionnaire du site a embauché un ouvrier viticole pour dorloter cette vigne qui demandera des soins précis et réguliers pendant les trois années à venir, jusqu’à la récolte du précieux breuvage.
Peter Pheline, diplômé d’œnologie à l’école d’Agronomie de Toulouse en aura cette lourde tâche: entretien du sol, vérification de l’état sanitaire, arrosage, paillage, taille… vendange et mise en bouteille.
Le vin c’est la vie et une formidable carte de visiteTous les visiteurs reconnaissent que le site de Cailloup est un endroit extraordinaire. Et le travail réalisé par cette poignée de bénévoles grâce à l’investissement de la commune de Pamiers, propriétaire des lieux depuis 1990, permettra à ne pas en douter à revitaliser et mettre en valeur ce site:
«Nous continuons toujours le Coco de Pamiers (nous allons en replanter une quinzaine de kilos cette année) mais en choisissant la vigne sur le long terme c’est une belle carte de visite» poursuit Louis Claeys.
Hasard du calendrier, la restauration de la peinture découverte à l’intérieur de l’église romane vient également d’être achevée. Si le bâtiment date du XIIème siècle (entre 1100 et 1110), il a été en parti démoli pendant les guerres de religion au XVIème siècle et restauré un siècle plus tard. C’est à ce moment qu’un faux retable a été réalisé dans le cœur de l’église.
Cette peinture unique en Ariège a été restaurée à la demande d’André Trigano, maire de la ville par les ateliers Langlois de Gaillac. Précisons que pendant 200 ans le bâtiment était dévolu à des fins agricoles et qu’un cheval et un mulet étaient installés à l’emplacement du chœur et leur mangeoire accolée à la peinture murale percée dans le registre supérieur pour accueillir un plancher où était stocké le foin des bêtes.
L’inauguration officielle de cette restauration, tout comme la plantation des vignes et la réhabilitation du site devrait avoir lieu le 21 juin, jour de la fête de la musique et du solstice d’été.
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