«Eth castà d'aci» La Casta, race bovine locale, retrouve toutes ses couleurs
Elle a failli disparaitre des prairies et des menus, puisque espèce en voie de disparition dont on ne comptait dans les années 70 qu'une trentaine de têtes.
Depuis, la race locale, la Casta, emblématique des Pyrénées et de l'Ariège en particulier, retrouve des couleurs. Plus précisément sa fière robe couleur châtaigne se fait plus présente en Ariège comme au niveau national puisqu'environ 300 bêtes sont recensées aujourd'hui. Et ce grâce à quelques courageux qui ont voulu faire perdurer la race.
Revirement des politiques agricoles, prise de conscience d'une agriculture bio et plus proche du terroir, impact du phénomène des néo-ruraux, de multiples raisons soutiennent ce retour en grâce.
Au cœur des Petites Pyrénées, sur la commune de Betchat Jean-Christophe et Sandrine Dangla, aujourd'hui Présidente de l'Association Nationale pour la Race Casta et présidente de l'Organisme de Sélection des Races Bovines à Petits Effectifs, sont de cette poignée d'éleveurs qui ont souhaité préserver la race.
Revenus de Toulouse, «lui, après 17 ans sur les Airbus et elle dans le notariat» et originaires du coin c'est sur cette race qu'ils ont jeté leur dévolu quand ils se sont installés fin des années 90. Après de multiples essais, en 2006 nait leur société sous forme d'une EARL, qui sur les 106 Ha que compte l'exploitation entre Betchat et Cassagne, totalise aujourd'hui 80 vaches et une dizaine de bœufs de race Casta.
«Aujourd'hui, l'Association Nationale pour la Race Casta regroupe 5 ou 6 éleveurs en Ariège et une trentaine à l'échelle nationale, confie la présidente, surtout sur les Pyrénées mais aussi dans le nord par exemple»
Comme avec l'Organisme de Sélection des Races Bovines à Petits Effectifs l'objectif reste le même «préserver les animaux, les répertorier, les valoriser et tenir le livre généalogique de chacune des races» A l'image de cette Ferrandaise qui partage le pré des Bœufs Casta, Sandrine Dangla témoigne «on essaie de sélectionner progressivement mais surtout de garantir la pureté de la race»
Après le Brespail, une charte de qualité pour le boeuf CastaSi elle arbore une superbe robe couleur châtaigne qui lui a donné son nom en occitan, en gascon, «la Casta», est d'abord une viande de qualité «rouge et gouteuse» que les amateurs sauront apprécier.
Cette race dont les vaches servaient autrefois à la fabrication du Bethmale, se retrouvent aujourd'hui au cœur de circuits courts et chez certains restaurateurs. Une expérience, plutôt concluante, avec le PNR des Pyrénées Ariégeoises, en a même fait l'ingrédient essentiel du sandwich ariégeois «Le Brespail» dont la distribution reste maintenant à optimiser.
Quant au bœuf après quelques tâtonnements Sandrine Dangla l'affirme «le meilleur produit c'est le bœuf âgé de plus de 4 ans» Alors pour valoriser aussi les mâles, l'association a déposé à l'INPI une charte de qualité relative à sa production, en gascon bien sûr mais aussi en français.
Un bœuf de qualité sous l'appellation «Eth castà d'aci» (traduisez la Casta d'ici). Initiative particulière dans laquelle la plupart des éleveurs ariégeois s'impliquent pour «valoriser une marque qui a pour particularité de concerner le véritable bœuf casta de tradition pyrénéenne»
Une viande de qualité, abordable, dont les premiers débouchés devraient être en vente directe là aussi et chez les restaurateurs, voire même via le site internet de M.et Mme Dangla.
Pour l'heure tous deux réfléchissent avec leurs homologues à la création d'une véritable coopérative qui permettrait d'organiser durablement et plus régulièrement qu'à l'heure actuelle la production de bœuf. D'ores et déjà des contacts ont été pris avec le PNR pour obtenir la marque parc pour la viande produite.
Robuste, adaptée aux terroirs de montagne Pyrénéens, d’allure vive et énergique, résistante aux intempéries la race Casta, semble avoir trouvé là comme une seconde jeunesse. Normal: «Eth Castà d'aci»
Une race que l'on peut aussi retrouver, sous forme d'exposition cette fois au travers de photos, peintures et dessins d’artistes plus ou moins connus, à la ferme d'Icart à Montels où l'association a son siège, jusqu'au 20 de ce mois de mai.
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