Foire de printemps de Tarascon: la confrérie des Pastous fête son dixième anniversaire
Depuis le Moyen-âge la foire de Tarascon sur Ariège constitue une étape importante pour les éleveurs…
Située sur les chemins des transhumances menant vers les estives du haut Vicdessos, de la Courbière, du Saint-Barthélémy ou des vallées de l’Aston, il s’agit d’un lieu de passage et d’échanges entre la plaine et la montagne, entre le comté de Foix, la Catalogne et l’Aragon.
Le document écrit le plus ancien faisant état des foires de Tarascon date de 1258, par cet acte Roger IV, comte de Foix, donne à la ville de Tarascon le «droit de leude et de mesurages», c’est-à-dire le droit de posséder des poids et des mesures…
Durant des siècles les foires de Tarascon constituent un important lieu d’échanges et l’un des rouages essentiels de l’économie locale.
Relancée depuis plusieurs années par la mairie de Tarascon et la Confrérie des Pastous (plus exactement la confrérie des Pastous de la Guelhos de Tarascou), en relation avec de nombreuses associations qui contribuent à la réussite de la manifestation, la Foire de Printemps de Tarascon au eu lieu cette année du 8 au 11 mai pour le plus grand plaisir des milliers de visiteurs qui se sont pressés dans les rues de la cité au carrefour des vallées.
Hommage à la confrérie des Pastous et à tous ces pâtres anonymes qui font vivre les montagnes ariégeoisesManifestation de la solidarité entre pairs, les confréries ont vu le jour a l'époque médiévale destinées à favoriser une entraide fraternelle ou à perpétuer une tradition. Aujourd'hui ces associations permettent de réaffirmer leur ancrage dans la culture locale, rendant hommage à la langue vernaculaire et aux traditions.
A Tarascon Claude Builles et Claude Bourdié n'étaient ni éleveurs, ni pâtres mais ces ardents défenseurs de la culture régionale avaient connu enfants la grande foire de Printemps. Aussi ont-ils l'idée il y a dix ans de relancer la manifestation en s'entourant d'une poignée d'éleveurs locaux, ils relancent ce grand rendez-vous économique et commercial sous l'égide de la confrérie des Pastous de la Guelhos de Tarascon qui fêtait cette année en grande de pompe son 10ème anniversaire.
Parmi les moments forts de cette foire, samedi 10 mai aux alentours de 16h30 plusieurs dizaines de participants se sont retrouvés au centre culturel pour un défilé mêlant troupeaux, fanions, costumes colorés des confréries. En tête du cortège les Pastous reconnaissables à leur large médaille représentant l'emblématique brebis tarasconnaise, leur cape en laine protégeant aussi bien du froid que du chaud, leur béret, le bâton de berger recourbé pour attraper les bêtes par les pattes arrières ou encore l'aumônière contenant le sel pour appeler le troupeau.
Ensuite la confrérie de la pomme de la vallée du Saurat qui a vu le jour à l'automne dernier grâce au parrainage des Pastous. Pour Jean-Luc Rouan, le grand maître de cette toute jeune confrérie, il s'agit de sauvegarder l'arboriculture de montagne.
«Nous avons beaucoup travaillé sur les vêtements de note confrérie, la médaille représente le pic d'Estibat, la tour de Montorgeuil et la pomme de Saurat... tout est symbole» Dans le cortège, les Tindoulets de la Figo du Mas d'Azil ou encore la confrérie des fins gourmets Bellopodiens de basse Ariège.
Après un tour de ville remarqué, tous se sont retrouvés place Garrigou pour le 10ème chapitre de la confrérie avec intronisation des nouveaux Pastous. Dans l'assemblée quelques personnalités et d'anciens intronisés parmi lesquels Albert Maury, 94 ans, le plus ancien Pastou.
Sur l'estrade Claude Bourdié le grand maître a rappelé dans son discours les motivations qui ont guidé à la création de cette confrérie: «Il y a 10 ans que la confrérie a placé l'homme au centre de ses actions (...). A sa naissance en 2004 nous avions manifesté le désir qu'il fallait récompenser tous ceux qui ont œuvré au fil du temps dans l'indifférence générale, à la sauvegarde de cette belle race ovine si particulière, notamment les pâtres et les éleveur, acteurs incontournables et piliers de notre démarche»
En dix ans, 136 intronisations, un acte de reconnaissance pour tous ces hommes (et quelques femmes) qui s'impliquent dans leur activité à faire connaître et reconnaître le pastoralisme si cher au cœur des montagnards ariégeois.
Claude Bourdié a remercié les précurseurs, José Barbosa, Jojo Bernadac, Kiki Laguerre et le regretté Noël Denjean rejoints dès la première année par les jeunes éleveurs Jean-François Arabeyre, Cédric Bernadac ou Jean-François Denjean qui se rappelle de son intronisation en 2005: «Moi je suis un vrai Pastou en tant qu'éleveur je monte en estive l'été avec mes brebis. La confrérie c'est la promotion de notre profession et de la race tarasconnaise»
Au fil du temps le bœuf gascon et le cheval de Mérens se sont associés à l'action des Pastous, apportant leur concours pour le bon déroulement de la foire du 8 mai:
«Une foire qui n'aurait pas pu voir le jour sans l'implication financière d'Alain Sutra, maire de Tarascon et l'aide matérielle de Jean Noel Fondère alors maire de Foix et la continuité de nos amis, Richard Senssac et Norbert Meler ainsi que le créateur de notre splendide médaille Alain Cubières et au fondeur Claude Naudi (...). 10 ans déjà, que peut ont souhaiter a notre association à part qu'elle perdure dans des conditions tout aussi identiques à défaut d'être meilleures, grâce à l'implication de tous, longue vie aux Pastous et à la foire de Tarascon!»
De nouveaux intronisésAprès le temps des discours, celui des intronisations à ce dixième chapitre. Parmi les petits nouveaux, Claude Carrière président de la fédération pastorale de l'Ariège parrainé par Jean-François Arabeyre éleveur à Unac, Alain Duran, président de la Communauté de communes du Pays de Tarascon parrainé par Alain Sutra, maire de Tarascon, scellant définitivement la fin de «la guerre des Alain» et le rapprochement des deux hommes longtemps présentés comme rivaux au plan politique.
Enfin parmi les nouveaux Pastous, Xavier Fuentés, restaurateur qui vient de reprendre le Bellevue, une institution tarasconnaise. Ce chef d'entreprise a réalisé d'importants investissements pour magnifier la cuisson de la viande d'agneau tarasconnais qu'il met à l'honneur sur la carte de son restaurant.
Un grand moment de convivialité qui s'est poursuivi par le festival des chants de bergers pyrénéens et le brespail des Pastous.
dans la même rubrique
- Pamiers: Martin Malvy, président de la région Midi-Pyrénées en visite au lycée agricole, pionnier en matière d'agroécologie
- La Confédération Paysanne dénonce les «coûts exorbitants» de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège
- Castillon-en-Couserans: chouette nuit en perspective le 1er avril
- Solidarité chez les apiculteurs: deux cents essaims venus de toute la France réceptionnés samedi à Fabas dans l'Ariège
- Les apiculteurs Ariégeois attendent les essaims de la solidarité
- La Confédération Paysanne de l'Ariège dit non aux services payants de la Chambre d'Agriculture
- Fin des quotas laitiers au 1er avril 2015 mais pas fin des contraintes pour les producteurs ariégeois
- Manifestation devant la Chambre d'Agriculture: «il y a un terreau de ZAD dans le département de l'Ariège»
- Rencontres au sommet au Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises: premiers pas vers un Parc Pyrénéen des Trois Nations?
- Le photovoltaïque agricole en Ariège, oui, mais pas à n'importe quel prix!
- Les médailles ariégeoises du Salon international de l'Agriculture
- Salon de l'Agriculture: ces Ariégeois fidèles au rendez-vous parisien
- Réserve Naturelle Régionale de Montségur: un acte fondateur
- Salon de l'agriculture: Mérens et Castillonnais, les races ariégeoises en représentation à Paris
- Surveillance sanitaire du chevreuil en Ariège
- Salon de l'Agriculture: l'Ariège au rendez-vous de la plus grande ferme de France





















