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E-pasto, projet pilote et fil rouge des ateliers Agripyr à Saint Lizier

© midinews 2014

L’innovation ce n’est pas forcément dans des secteurs technologiques et ce n’est pas parce que l’on est dans des secteurs pointus que l’on ne peut pas travailler sur un projet interdisciplinaire transfrontalier.

Pour preuve pendant deux jours la cité des évêques recevait les partenaires français et espagnol du projet Agripyr pour le pôle de compétitivité agricole et agro-industriel (agrisud-ouest innovation) regroupant les deux régions Aquitaine et Midi Pyrénées:

«Agripyr est un projet financé par les fonds Feder et le Poctefa (le programme opérationnel de coopération transfrontalière France, Espagne et Andorre), projet qui a commencé en 2012 et qui se déroule jusqu’en 2014. Il a pour but la revitalisation de l’agriculture de montagne par des outils technologiques et avec un projet pilote, e-pasto permettant la géolocalisation des bêtes sur les estives» indique Emmanuel Poirmeur, coordonnateur du projet Agripy.

«Un projet qui a pour but de revitaliser l’agriculture de montagne et de maintenir les éleveurs indispensables à l’entretien de ces espaces ouverts en les dotant d’outils technologiques conçus par un ensemble de spécialistes de secteurs qui d’ordinaire n’ont rien à faire ensemble mais qui pourtant ont un intérêt commun», développe le technicien.

Agripyr c’est treize partenaires, huit du côté français et cinq du côté espagnol. Des profils très différents on y rencontre la fédération pastorale de l’Ariège mais aussi des pôles de compétitivité comme Agri Sud-ouest Innovation, Aérospace Valley (le pole de compétitivité spatiale), l’INRA, le centre d’étude spatial de la biosphère, des centres de recherche comme l’ESTIA à Bidart ou le conseil général des Pyrénées Atlantiques.

Du côté espagnol il y a des spécialistes des technologies, des centres de recherche et des chercheurs dans le secteur agricole.
E-pasto un projet fédérateur de part et d’autre les PyrénéesCe projet a été mis en place en 2012. «L’utopie fondatrice c’était d’enlever les barbelés des Pyrénées d’ici 15 ans, poursuit Emmanuel. Et pour cela à l’instar de bracelets électroniques des prisonniers nous avons eu envie de savoir où étaient localisés les animaux en temps réel pour améliorer les conditions de vie et de travail des pâtres et des berger-vachers.

On a imaginé des colliers qui envoient des données GPS et qui peuvent avoir une interaction avec les animaux. Depuis 2013 nous avons un troupeau test sur les estives du Prat d’Albis et cette année d’autres éleveurs comme Simon Lompède, éleveur de chevaux de Mérens, va équiper cinq juments sur les estives du Couserans.

Du côté espagnol les choses ont débuté cette année avec l’équipement de troupeaux en Euskadi
(Pays Basque). Nous testons les interactions: on veut que le berger puisse s’il y a danger donner le signal de s’arrêter à l’animal leader»

Un système qui remporte tous les suffrages des deux côtés des Pyrénées car il permet de géolocaliser précisément les animaux et constitue un gain de temps non négligeable pour les éleveurs.

Parmi les projets qui ont été abordés et sur lesquels les participants ont pu travailler au cours des tables rondes de Saint Lizier: comment réduire le temps de séchage des foins en zone de montagne.

Ou les problèmes posés par les prédateurs et leur impact sur les troupeaux: «Nous avons fait un état des lieux des mesures d’accompagnement depuis 15 ans en tenant compte des préoccupations des éleveurs et l’introduction de nouvelles technologies ou de systèmes embarqués (drones, GPS..) tout ce qui peut être mobilisé pour alerter, prévenir, contrecarrer le comportement des ours, des lynx ou des loups» précise ce technicien ariégeois.

«A travers ces ateliers on a appris à parler le même langage car il faut être opérationnel et avancer ensemble. C’était très enrichissant»
La suite des opérationsDans six mois le projet vient à son terme. Quelles sont les perspectives?

Pour Emmanuel sa pérennité est assurée par la constitution d’un réseau d’acteurs qui se connaissent, travaillent ensemble et s’apprécient à travers des projets d’innovation collaborative qui ont vu le jour dans la dynamique d’e-pasto:

«On ne va pas s’arrêter là: nous avons un projet sûr en relation avec les éleveurs laitiers producteurs de fromage sur la détection précoce de mammites, la modélisation des pâturages, la croissance de l’herbe… autant de projets visant à améliorer les conditions de vie et de travail des agriculteurs de montagne afin de faire perdurer cette activité et qu’elle soit viable pour eux»

Prochains rendez-vous Agripyr en Euskadi les 15 et 16 octobre prochains et bilan de l’opération lors d’un grand séminaire de restitution au mois de décembre 2014.

Laurence Cabrol | 06/06/2014 - 19:43 | Lu: 25775 fois