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Haut Couserans: les marmottes, de drôles de sentinelles au cirque de Gérac

© midinews 2014

Réintroduite dans la réserve d'Orlu en Haute Ariège dans les années 50 depuis les Alpes, la marmotte est arrivée en Haut Couserans il y a une quinzaine d'années.

«Il n'y en avait jamais eu ici, précise Paul Tort, président de la société de chasse d'Ustou depuis plus de vingt ans. Au départ nous en avons réintroduit une dizaine au Valier. Elles provenaient de la réserve nationale d'Orlu en haute Ariège, puis elles ont colonisé les combes avoisinantes et aujourd'hui il y a des marmottes jusqu'au col de Cruzous et jusqu'aux pistes du Freychet.

Le territoire leur est particulièrement favorable. Depuis quatre ou cinq ans, à la demande des associations écologistes, les marmottes sont chassables mais inutile de vous dire qu'il n'y a pas d'amateurs car cette espèce avait complètement disparue des Pyrénées et aujourd'hui elle participe à ce nous appelons la biodiversité ordinaire, celle qui fait note quotidien. Sa présence semble avoir une influence positive sur les populations d'aigle royal ou de gypaète barbu
»
La marmotte, chainon de la biodiversité ordinaire dans les Pyrénées ariégeoisesIci, entre la vallée du Garbet et celle du Salat, sur un territoire de plus de 10 000 hectares, on trouve toutes les espèces de montagne (grand tétras, isards, chevreuils, sangliers...) pour une chasse sportive et authentique.

Après la station de Guzet neige, en suivant le chemin caillouteux de Prat Mataou vers le col d'Escots, le randonneur arrive au cirque de Gérac à 1800 mètres d'altitude. Dans un paysage de carte postale où le minéral se marie avec la pelouse d'altitude et les névés quelques chevaux pâturent à la recherche des premiers rayons du soleil. Les brebis quant à elles sont en quête du sel posé par le berger sur les larges pierres. Elles cohabitent avec de curieux petits mammifères à la silhouette trapue et au museau large.

«Les marmottes se sont parfaitement adaptées aux autres espèces, poursuit Paul, heureux de nous faire découvrir ces drôles de sentinelles dressées sur les pattes arrières à l'affût de tout ce qui se passe. Il m'arrive de pouvoir les observer à quelques mètres à peine, elles sortent de leur terrier dès qu'il fait soleil»

Vous aussi il vous arrivera certainement de croiser la marmotte ou du moins d’entendre son cri. En effet, elle fait le guet pour surveiller son territoire. A la moindre alerte, un bref cri aigu et puissant résonne alors dans la montagne et elle se réfugie dans le terrier.

Disparue des Pyrénées à la fin de la dernière période glaciaire (15 000 ans environ), la marmotte a été réintroduite avec succès dans les Pyrénées dès 1948 dans la vallée de Luz (65). A la création du Parc national des Pyrénées en 1967, des lâchers ont été effectués.

Aujourd’hui, la marmotte est présente dans toutes les vallées du parc national ainsi qu’en Espagne. Elle s’est parfaitement adaptée au milieu pyrénéen. Après de longs mois d'hibernation (d'octobre à mars) la vie de la marmotte est rythmée par de longues siestes au soleil et des périodes de repas. Un bel exemple de cohabitation réussie.

Laurence Cabrol | 25/06/2014 - 19:18 | Lu: 44507 fois