Les apiculteurs du collectif Ariégeois ont l'impression d'être «trahis et abandonnés»
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Huit mois se sont déjà écoulés depuis qu’ils ont tiré la sonnette d’alarme face à la mortalité massive des abeilles dans le département.
Cinq mois après la visite de François Gester, inspecteur général de la santé publique et deux mois après les promesses faites par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture en déplacement à Foix lors des élections européennes, les apiculteurs ariégeois sont loin d’êtres satisfaits des dernières propositions qui leur ont été faites il y a quelques jours par la DDT.
Ils se sont réunis hier soir à la chambre d’agriculture, mais l’ambiance était plutôt à l’abattement et à la morosité. D’autant que les recherches sur les causes de mortalités des abeilles n’avancent pas: «le protocole d’enquête n’est vraiment pas a la hauteur de nos espérances, des analyses ont été promises, les résultats ne nous seront communiqués au mieux en septembre prochain. En attendant la mortalité continue et parmi nous certains sont contraints de déménager leurs ruches pour sauver l’hivernage, mais pour aller où tous les territoires sont touchés !» souligne Céline apicultrice en Couserans.
«Monsieur Gester, le délégué ministériel, est parti en nous promettant une enveloppe d’aide d’urgence pour accompagner les jeunes apiculteurs dans la difficulté ou ceux qui rencontraient de gros problèmes de trésorerie, la préfecture nous avait promis une étude au cas par cas, du cousu main pour reprendre les propos de madame le préfet, et au final ce sont des mesures qui sont loin de nous satisfaire... on a l’impression qu’il est venu éteindre le feu !» poursuit Nicole apicultrice dans la Barguillère. «Le même Francois Gester devait revenir à la mi-avril dans le département de l’Ariège, nous l’attendons encore !»
Pas d’aide directe du gouvernement, mais des mesurettesLes membres du collectif ont l’impression d’être floués, car les annonces ne sont pas suivies d’effets ou si peu: «la DDT nous nous propose une aide à la trésorerie avec un emprunt à taux zéro, mais ses conditions sont tellement strictes que bien peu sont éligibles», note Sylvie apicultrice dans la vallée du Montcalm.
«Il faut avoir 50 % de mortalité et être exploitant à titre principal, ce qui exclue les jeunes en installation, les installations progressives, les gens en pluriactivité, les retraités et les apiculteurs qui travaillent en Bio»
La seconde mesure repose sur une aide européenne de France AgriMer qui serait prolongée jusqu’à la fin du mois de juillet: «on nous donne un délai de présentation de dossier très court dans le temps et cette aide concerne l’achat d’essaims pour reconstituer le cheptel, soit 30€ à l’essaim acheté qui coûte à l’achat 140€.
Cela signifie qu’il faut sortir de sa poche le complément et quand on n’a plus de trésorerie c’est un peu compliqué. De plus cette mesure est inappropriée par la simple raison que la saison est trop avancée on n’achète pas d’essaims en juillet, mais au printemps !» Enfin les apiculteurs du collectif regrettent que le protocole d’enquête qui a l’origine aurait dû être un support de dialogue entre apiculteurs et éleveurs permettant de comprendre ensemble les problèmes rencontrés l’hiver dernier avec les abeilles, soit devenu une arme pour monter les uns contre les autres...
«Il n’y a pas de dialogue, on est abandonné» conclut Céline porte parole du collectif ariégeois qui n’a pas hésité il y a quelques jours à aller manifester avec ses homologues des Pyrénées Orientales à Perpignan.
«On n’est pas habitué à jouer les pleureuses, nous nous battons pour maintenir nos exploitations, poursuit Bertrand. À l’heure ou l’Assemblée nationale vote des lois sur l’avenir de l’agriculture en France, une fois de plus les apiculteurs sont laissés pour compte alors que sans abeille pas d’agriculture»
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