Ouverture de la chasse en Ariège: une saison 2014/2015 sous les meilleurs auspices
Décidément la chasse n’est pas une activité comme les autres. Avec son ouverture à tiroirs (d’abord la plaine le 14 septembre dernier puis la montagne le 21 septembre prochain, la caille le week-end prochain ou l’isard fin septembre) le coût modéré de sa pratique et la présence d’espèces aussi remarquables qu’abondantes, contribuent à faire de l’Ariège un des départements les plus attractifs du Sud-Ouest pour exercer ce loisir qui pour certains est une véritable passion.
Jean-Luc Fernandez président de la fédération des chasseurs de l’Ariège est globalement satisfait de ce début de saison: «beaucoup de gens viennent chasser en Ariège, car notre département de par sa situation géographique, concentre toutes les espèces remarquables, qu’elles soient chassables, telles que l’emblématique grand tétras, mais aussi protégées, avec les grands prédateurs ou les grands rapaces.
Une singularité qui attire beaucoup de chasseurs des villes qu’il faut être en mesure d’accueillir au sein de nos ACCA»
Afin de leur en faciliter l’accès le président Fernandez a annoncé après le guichet unique, la validation électronique du permis de chasser dès la saison prochaine: «nous passons à l’e-validation permettant aux chasseurs originaires d’autres territoires de réaliser ces formalités administratives sans se déplacer»
Rappelons que la validation du titre permanent du permis de chasser, c’est le paiement d’une cotisation, et le cas échéant de participations, d’une redevance et d’un droit de timbre, vous permettant de chasser pour une saison de chasse donnée
Veiller à ne pas se laisser envahir par certaines espèces
La saison dernière la petite fédération de l’Ariège a assuré la gestion de 303 dossiers dégâts et malgré les 5409 sangliers prélevés (soit une augmentation de 20 % sur 3 ans) l’espèce n’a jamais été aussi abondante. Aussi le président de la FDC09 demande à ses chasseurs d’être vigilants: «il faut éviter de se faire envahir, car il s’agit de la responsabilité collective de chacun, il faut éviter les trop grosses concentrations surtout actuellement près des, mais semences»
Car si les dégâts de gibier devaient augmenter, il se peut que le timbre grand gibier soit lui aussi revu à la hausse. «En très haute altitude où l’accès aux territoires de chasse sont difficile nous nous trouvons envahis par les cervidés qui colonisent Mérens, l’Hospitalet, mais également la plaine (Mazères, Saverdun ou Pamiers). C’est pour cette raison que nous avons mis en place un dispositif de marquage grand gibier pour prélever de manière indéterminée à l’avance cerfs ou biches avec des tirs indifférenciés»
Les plans de chasses sont élaborés en tenant compte des comptages réalisés sur le terrain par les techniciens et si la loi impose l’obligation de ces plans pour une meilleure gestion cynégétique, le président de la fédération se félicite des relations aujourd’hui apaisées qu’il entretient avec les services de l’État
«Nous sommes farouchement opposés à la réintroduction de l’ours, aujourd’hui on se méfie, mais on se respecte. Nous avons prouvé que nous étions des gens responsables, nous sommes en mesure de chasser en Couserans à la battue sur un territoire qui concentre presque tous les ours de la chaine pyrénéenne (23 sur 25). Il ne faut pas rompre cet équilibre Je veux saluer tous les préfets successifs qui ont porté beaucoup d’attention à ce problème. En 15 ans de suivi, 15 ans de battues, nous avons désormais assez de recul pour savoir si une battue est dérangeante.
De récents évènements ont prouvé qu’il y avait de nouveaux oursons tant en Ariège que sur le versant espagnol du Val d’Aran. Nous voudrions seulement que la réglementation soit la même d’un côté comme de l’autre des Pyrénées.
Quant aux vautours nous remercions madame le préfet de nous associer à leur effarouchement. Les services de l’État ont entendu la voix des manifestants qui ont défendu le 28 juin dernier une certaine idée de la ruralité. Oui nous savons être une force de proposition quand il le faut. Mais nous restons totalement opposés à l’installation des placettes de nourrissage visant à faire de ces animaux sauvages de vulgaires bêtes de basse court»
Quant aux différents contentieux opposant les chasseurs ariégeois aux associations écologiques (notamment concernant le grand tétras), le président Fernandez semble optimiste: «il faut tenir compte des travaux de l’ONCFS, beaucoup d’arguments en notre faveur sont développés et nous avons un espoir raisonné et raisonnable en l’avenir»
L’isard ouvre au 28 septembre, les effectifs sont stables, à certains endroits la population se refait alors qu’à d’autre le problème de la pestivirose est toujours prégnant. «On enregistre la présence des isards dans des zones boisées, des zones où ils ne sont pas habituellement comptés», poursuit le président de la fédération des chasseurs saluant au passage le travail réalisé par Jean-Pierre Alzieu, directeur du laboratoire vétérinaire départemental.
Il a en effet démontré que la souche virale de cette maladie est identique à celle qui affecte les cheptels ovins transhumants: «la balle est dans le camp du monde agricole avec la mise en place l’an prochain d’une zone test de vaccination des brebis qui monte en estive Selon nous la solution viendra de la recherche obligatoire de la maladie sur les animaux, mais il faut derrière une véritable volonté politique»
Sans faire un inventaire à la Prévert, le président Fernandez à souligné l’excellent état des populations de lièvres et de lapins (en plaine, piémont, montagne) et le plaisir retrouvé des chasseurs qui ont eux aussi évolué dans leur pratique: «les gens préfèrent voir travailler leurs chiens que de tirer»
Concernant les migrateurs si la caille est peu abondante à cause du déchaumage (une pratique imposée aux agriculteurs par la réglementation européenne), la bécasse a connu en 2014 son année d’anthologie et la palombe est en augmentation pour le plus grand plaisir des chasseurs qui attendent chaque année ce «mal bleu».
Des espèces qui se portent bien, mais pour lesquelles certains pays comme l’Espagne ou le Portugal ont obtenu des dérogations (on peut chasser la palombe jusqu’au 30 avril): «en Hollande, trop nombreuses, elles sont empoisonnées, alors que les oies et les canards sont massacrés (plus d’un million d’oies gazées chaque année), en France on nous interdit de les tirer. Preuve que l’État doit mieux gérer les espèces et tenir compte des observations de terrain»
Le bouquetin, une réintroduction qui fait l’unanimitéC’est un dossier qui a fait l’unanimité, preuve que quand les Ariégeois sont concertés en toute transparence, ils sont capables de consensus. «C’est une réintroduction porteuse et valorisante pour le territoire précise le président Fernandez. Nous sommes arrivés à une position commune sous bannière d’Ariège Ruralité. Un bouquetin c’est un investissement de 5000€ pièce (plus de 8000 en comptant l’équipement de localisation), mais ce n’est pas un investissement sans fond comme pour les grands prédateurs venus de plus loin.
Les services de l’État sont responsables de la gestion des espèces protégées, il faut le faire avec discernement et si nécessaire faire des prélèvements pour veiller à leur état sanitaire. J’insiste, toutes les espèces ont aujourd’hui besoin d’être gérées. Le problème en France c’est que quand une espèce est protégée elle l’est à vie»
Enfin après les évènements de la semaine passée (le remaniement gouvernemental) le patron des chasseurs ariégeois est plutôt satisfait d’avoir gardé son ministre de tutelle (Ségolène Royal): «elle a le charisme nécessaire et le courage politique… en ces temps de crise c’est une denrée rare. Toutes ces réimplantations coutent énormément d’argent. Les dommages du loup chez les agriculteurs dans les Alpes ont coûté 10 M€.
Actuellement les Français ont d’autres préoccupations que la réimplantation des ours, des loups ou des lynx»
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