accueil  |  ariège   |  france

Abeilles et ours: petites et grosses bêtes s'invitent à la conférence de presse de rentrée de la préfecture de l'Ariège

© midinews 2014

Retour sur la conférence de presse de Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège où il a été question du bilan des dégâts de l’ours.

L’année 2014 s’illustre par rapport aux autres années par un nombre plus important de dossiers de prédations (140 en 2014 contre 121 en 2013), mais cependant peu de gros dégâts comptabilisés (seul un dossier impliquant 11 ovins). Suite aux événements de l’estive de Pouilh l’été dernier, les services de l’État ont travaillé en relation avec la fédération pastorale, les éleveurs, l’ONCFS afin d’établir un protocole.

Bien qu’il n’ait pas été signé par le monde agricole, Madame le Préfet se félicite de cette démarche «nous avons mis en place des règles de bonne conduite sur les expertises, la DDT accompagne l’ONCFS quand l’expertise est compliquée. Le climat s’est apaisé. Le travail que nous avons mené cet hiver a porté ses fruits. Tous les acteurs ont changé dans leur comportement, on se respecte, on s’écoute, on se dit tout de manière sincère. Nous avons réussi à trouver de modes de fonctionnement qui conviennent à tous».
Ne pas rester campé sur des certitudes
Nathalie Marthien avoue que sur certaines estives les mesures d’accompagnement n’étaient pas adaptées.

A présent des bergers d’appui peuvent intervenir pour des surveillances nocturnes et des crédits assez importants ont été débloqués notamment dans le cadre du programme de soutien à l’économie de massif (parcs, bergers d’appui, patous). «La combinaison de ces différents modes d’accompagnement rassure les bergers et sont efficaces, les prédations sont moins récurrentes.

Il faut arrêter de penser que des mesures générales peuvent s’appliquer partout et en toute circonstance, il faut au contraire tenir compte des spécificités de chaque estive, écouter les éleveurs dont c’est le métier, travailler en relation avec eux. Les mesures d’indemnisation ont progressé et les mesures d’accompagnement aussi... oui les mentalités ont évolué !
» La commission d’indemnisation se réunira le mois prochain dans un climat apaisé, conforté par la position de Ségolène Royal en matière de nouvelles réintroductions.
Les abeilles: restitution des résultats de l’enquête dans quelques jours
Alors que les premiers hivernages ont lieu, les apiculteurs ariégeois attendent toujours des réponses à la mortalité massive de leurs abeilles l’hiver dernier.

 

François Gester, inspecteur général de la santé publique s’est rendu en mission dans le département au mois de février.

Des mesures ont été annoncées et une enquête lancée. Mais dix mois après le collectif les apiculteurs s’interrogent sur l’avenir. Car si aujourd’hui les colonies vont globalement bien après une miellée de bruyère tardive, dans quelles conditions vont-elles traverser l’hiver?

Des questions auxquelles madame le Préfet a répondu pendant la traditionnelle conférence de presse mardi matin: «le gouvernement s’était engagé à faire une enquête, des prélèvements, des analyses de laboratoire ont été réalisés dans le cadre d’un protocole permettant d’analyser la cause des mortalités et les produits utilisés dans les élevages.

Monsieur Gester reviendra certainement à Toulouse pour en présenter les résultats aux apiculteurs ariégeois et des Pyrénées orientales. En fonction de ces résultats, nous verrons si des mesures particulières sont à prendre.

Quant à l’indemnisation, les apiculteurs sont loin d’être satisfaits, je le sais. Pascal Jobert de la DDT a été e l’écoute. Les indemnisations ont été faites dans le cadre d’aides existantes et de prêts bonifiés. Paradoxalement il y a eu assez peu de dossiers de demande. On doit se revoir sur les mesures qui vont être prises pour protéger les abeilles.

Cette enquête présentée dans les jours à venir par le ministère de l’Agriculture à permis de mettre en place un protocole, c’est la première fois qu’une enquête ciblée est mise en place pour les abeilles, en espérant cet hiver que la mortalité soit moins importante
».

Du côté des apiculteurs, l’impatience gagne les rangs du collectif Ariégeois, d’autant qu’ils ont l’impression de ne pas être associé aux réunions importantes comme celle de la DRAF il y a quelques jours: «monsieur Meziani responsable du dossier à la direction générale de l’alimentation (DGAL) est désormais notre interlocuteur direct, précise Sylvie Humbert, apicultrice en Haute-Ariège.

Malgré tout nous avons encore des problèmes de communication. Les aides que l’on nous a proposé (30 € sur un essaim de 150 € ou prêt à taux zéro) correspondent à des aides France Agrimer complètement décalées par rapport à notre problématique.

On nous avait promis du cousu main, du cas par cas… nous en sommes bien loin. Aujourd’hui la priorité pour nous c’est de mettre en place le protocole de surveillance, un suivi de l’abeille promis déjà depuis deux ans et surtout une action importante concernant les autorisations de mise sur le marché (AMN) des produits phytosanitaires (pesticides, insecticides, antiparasitaires) dont l’impact toxicologique n’est pas encore suffisamment étudié sur les abeilles.

Nous ne cherchons pas de coupables, mais il faut arrêter de se voiler la face. Sur les boites de ces traitements, il y a des contre-indications sévères, toutes ces molécules se retrouvent dans les ruches, mais également dans les verres, les assiettes… c’est un véritable problème de santé publique !
»

Laurence Cabrol | 08/10/2014 - 19:08 | Lu: 35726 fois