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Directive «Nitrates»: les conseillers généraux ariégeois demandent une révision du zonage concerné

© midinews 2014

À peine installée, la présidence d’Henri Nayrou (lire par ailleurs) a acté un premier positionnement politique nourri par l’actualité agricole : la révision 2014 des zones vulnérables à la pollution par les nitrates d’origine agricole sur le bassin Adour Garonne.

Les conseillers généraux ont adopté une motion présentée par le groupe des élus socialistes visant à apporter le soutien de l’assemblée départementale aux agriculteurs impactés par cette directive. Ces derniers ayant multiplié les actions ces dernières semaines en déversant fumier et bottes de paille aux entrées de ville ou devant des bâtiments de l’État.

À la demande de la Commission Européenne, le gouvernement impose en effet un nouveau critère de 18 milligrammes de nitrate par litre d’eau et demande aux éleveurs des contraintes supplémentaires. Le durcissement de la politique anti-nitrate vise à lutter contre la pollution des eaux souterraines et des eaux superficielles par les nitrates d’origine agricole et à restaurer la qualité de l’eau.

Le monde agricole reconnaît en substance la nécessité de préserver la ressource, mais estime la mesure excessive.

Du côté du Conseil général, les élus soulignent que soixante-deux communes sont concernées par le nouveau classement, et s’inquiètent de l’impact économique.

«Le principal impact économique concerne la mise aux normes des ouvrages de stockage des effluents d’élevage pour les exploitations situées dans ces secteurs. En effet sont imposées des périodes durant lesquelles l’épandage des effluents est interdit, ce qui oblige l’exploitant à se doter des capacités de stockage»

Un programme européen de soutien des exploitations agricoles
Par cette motion adoptée à l’unanimité des 22 élus, le Conseil général de l’Ariège érige «le maintien de l’emploi en zone rurale comme une priorité pour l’ensemble des acteurs publics» Il rejette donc «l’application et la pénalisation de méthodes identiques sur l’ensemble du territoire du bassin sans aucune prise en compte des situations particulières à l’échelle du département et des communes»

Pour les conseillers généraux ariégeois, les exploitants agricoles ont fait montre d’efforts dans la conduite de leurs activités, notamment en matière d’impacts sur l’environnement. Ils constatent que «des contraintes supplémentaires sont imposées sur des secteurs où la pression de l’élevage et de la culture sur l’environnement s’est fortement réduite en fonction de la déprise agricole et de l’implication positive des éleveurs»

C’est donc «une adaptation et une clarification (a tenu à faire ajouter Alain Bari, conseiller général DVD) des critères de révision du zonage de vulnérabilité aux nitrates tenant compte des particularités de chaque commune» qui est demandée par les élus, de même que «la mobilisation d’un programme européen de soutien et d’accompagnement des exploitations agricoles à la hauteur des contraintes imposées»

La position des élus ariégeois sera adressée aux services compétents, à l’image des remontées émanant de nombreux territoires en direction des ministères de l’Écologie et de l’Agriculture, le Président du Conseil général insistant sur le travail que ne manquent pas de faire en ce sens les trois parlementaires ariégeois.

PB | 03/11/2014 - 19:32 | Lu: 32697 fois