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Terroirs Ariège Pyrénées, une plateforme coopérative pour croquer les produits ariégeois

© midinews 2014

Le mois de novembre est traditionnellement dédié à l’économie sociale et solidaire, un véritable levier en matière de développement des territoires et plus spécifiquement dans le département de l’Ariège où l’on dénombre à ce jour 754 établissements employeurs et 5 073 salariés.

Un poids économique non négligeable et des opportunités qui seront évoquées vendredi matin au centre universitaire de l’Ariège dans le cadre des tables rondes organisées par la CRESS Midi-Pyrénées et le Conseil général en présence de Carole Delga, secrétaire d’Etat chargée du commerce et de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire.

Une révolution tranquille
Parmi les contributions des acteurs locaux, Emmanuel Lecomte, président de la SCIC Terroirs Ariège Pyrénées, une plate forme unique en France qui a vu le jour en 2011 et dont l’objectif est de fédérer et regrouper les producteurs ariégeois de manière à pouvoir assurer et organiser un approvisionnement en produits locaux en direction de la restauration collective (cantines, hôpitaux, maisons de retraite).

Constituée sous forme de société coopérative d’intérêt collectif, elle réunit une centaine d’actionnaires «adhérents» répartis dans six collèges parmi lesquels on compte les chambres consulaires, des collectivités, des producteurs ou des coopératives.

«La SCIC est un outil pour gérer de façon collective un bien commun : les produits de notre terroir» précise Clémence Poupin, l’animatrice de cette structure. Depuis sa mise en service en janvier 2012, la plate-forme voit son volume d’activité croitre de façon constante.

Plus de 70 producteurs fournissent tous les trimestres 40 tonnes de produits traités (soit une dizaine de familles de produits : des viandes au poisson en passant par les produits laitiers, l’épicerie, les boissons ou les fruits et légumes) pour un chiffre d’affaires de 130 000 euros.

«Le fait d’avoir un interlocuteur unique qui a une bonne connaissance des produits et des fournisseurs, favorise les échanges et instaure un climat de confiance. Nous avons beaucoup travaillé avec les fournisseurs pour adapter leur offre à la demande (taille des portions, colisage). Aujourd’hui bien que nous n’ayons pas encore atteint notre seuil de rentabilité, le chiffre d’affaires augmente de manière régulière et satisfaisante, nous gagnons des clients (65 % du chiffre d’affaires est constitué par les cuisines centrales des municipalités).

Notre objectif c’est d’embaucher une seconde personne dès 2015 et de contribuer à développer l’agriculture, les productions locales et artisanales, notamment en structurant les filières ariégeoises
»

Le mercredi matin, l’on assiste à un curieux ballet dans l’immense chambre froide de la plate forme, les produits arrivent à la SETAK et sont traités par Sylvie, l’employée polyvalente de la structure qui organise ses palettes en fonction des commandes passées par les clients.

Terroirs Ariège Pyrénées privilégie les circuits courts, gage de transparence et de traçabilité. «Ici il n’y a pas d’effet de stock, je commande à la demande des produits frais. Voyez ces 180 salades plein champ, elles ont été récoltées ce matin et seront dès demain midi dans les assiettes des petits ariégeois» indique Sylvie qui arrive a satisfaire 25 clients réguliers avec une gamme de produits suffisamment large et permettant de favoriser la saisonnalité.

«Quand il me manque un produit je fais appel à des groupements de producteurs de Perpignan ou de Toulouse, mais c’est vraiment à la marge, la grande majorité des produits sont ariégeois. Ici, nous mettons en avant la qualité et le local : plus de la moitié des produits sont issus de l’agriculture biologique, le reste provient de fournisseurs label rouge… le plus difficile c’est d’harmoniser tout le monde en fonction de la production et des exploitations avec des coûts différents. On n’est pas là pour faire du bénéfice, mais pour couvrir les frais de fonctionnement»

En peu de temps les livraisons ont été doublées, preuve que les mentalités commencent à changer : nouvelle approche de la restauration collective avec des chefs qui travaillent du frais (et y prennent plaisir) et choix politique des opérateurs désireux de soutenir la filière agricole locale et ses emplois.

Autant de paramètres qui seront certainement évoqués vendredi matin dans le cadre de ce colloque sur l’économie sociale et solidaire.

Laurence Cabrol | 05/11/2014 - 18:48 | Lu: 44872 fois