Maxime Crété, éleveur de bovins et officier de réserve chez les paras
Au début du mois d’avril, il était encore en mission avec ses hommes dans le cadre de l’opération Vigipirate.
Mais de retour en Ariège, le temps de poser son paquetage et d’enfiler un bleu de travail, le capitaine Maxime Crété, officier de réserve au 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes de l’Ariège redevient, éleveur de bovins sur la commune du Carlaret, sur le terrefort pyrénéen.
Une vie bien remplie pour ce père d’une famille nombreuse (9 enfants) qui a toujours su composer avec ses deux vocations : «en sortant de Coëtquidan, étant ariégeois, j’ai choisi de faire mon service militaire à ce qui était à l’époque le 9e RCP, mais j’ai dû ensuite interrompre ma carrière militaire pour m’occuper de l’exploitation familiale.
La réserve constituait une bonne alternative, il me restait du temps pour Marly et ma vie familiale».
Un agriculteur à la tête de la 5e Cie de réserve du 1er RCP
D’abord moniteur de parachutistes qu’il forme dans le cadre de la 5e Compagnie, l’unité de réserve du régiment, puis officier en charge de l’opérationnel, le capitaine Crété commande depuis le 12 septembre 2012 de cette compagnie de 110 réservistes.
Il doit rendre son commandement le 30 juillet prochain et c’est son adjoint, le capitaine Gilles Crosnier de Bellaistre, enseignant dans la vie, qui reprendra le flambeau.
Parmi cette unité, assez peu d’anciens d’active, mais des citoyens désireux de servir la Nation, de manière utile sans pour autant faire du métier des armes leur profession.
«Ma vocation c’est d’être paysan avant tout» précise Maxime Crété qui tel que Lucius Quinctius Cincinnatus, homme politique patriote et vertueux qui sous la plume de l’historien Tite-Live n’hésitait à prendre les armes pour défendre Rome refusait les sirènes du pouvoir pour regagner son lopin de terre et faire vivre sa famille.
«Il faut être capable de se libérer 90 à 120 jours par an. C’est contraignant, mais c’est voulu. J’évite de partir en mission l’été au moment des foins où nous avons une grosse activité sur l’exploitation.
Heureusement nous vivons ici en famille, quand je ne suis pas là c’est un de mes fils ainés qui prend le relais !»
Si le capitaine Crété est parti en juillet 2012 en opex au Gabon, depuis cinq ans les missions des réservistes sont centralisées sur le territoire national (opérations antiterroristes intérieurs dans le cadre du plan Vigipirate): «les 2/3 des réservistes du régiment sont déployés sur le terrain depuis le mois de janvier (Marseille, Montpelier, Strasbourg, Lyon ou Paris).
Nous avons aussi participé en octobre dernier à un important exercice à Agen (sous le commandement de la compagnie de la Brigade) balayant toutes les missions sur lesquelles nous sommes appelés à intervenir: assistance des populations, sécurisation de lieux sensibles, maintient de l’ordre, empêcher le pillage…»
Après les tragiques attentats de Paris au mois de janvier 2015, 7000 militaires restent mobilisés pour contribuer à la sécurité du territoire national en soutien des forces de police.
Des militaires parfois exposés: «souvenez-vous du coup de cutter dont a été victime un militaire à la Défense, et bien dix jours avant nous étions en poste au même endroit !»
Mais aussi soutenus par la population «en plein métro à Paris, ça nous fait chaud au cœur quand on nous demande des nouvelles du 1er RCP !»
Depuis le mois de janvier, après le choc des attentats, les lettres de candidature affluent auprès du commandant Crété: «pour rentrer dans la réserve, il suffit d’adresser à la cellule recrutement une lettre de motivation avec un CV.
Après les classes (elles durent 15 jours) 10 à 20 % des personnes abandonnent, les autres suivent un cursus de formation leur permettant ensuite de faire du terrain… c’est amusant, car par la suite, après avoir gouté à l’esprit de corps de l’armée, être associé aux activités du régiment, beaucoup s’engagent».
Après avoir rendu son commandement, Maxime Crété restera certainement dans l’armée où il sera appelé vers d’autres missions, mais pour l’heure il retrouve la quiétude de la vie des champs.
Un éleveur engagé
Depuis qu’il a repris l’exploitation familiale, Maxime a choisi de faire du bœuf et de travailler propre: il achète les veaux mâles à 8-9 mois, les castre et les élève pendant trois ans.
Loi de la doxa à laquelle on à l’impression de ne pouvoir déroger en Ariège, il a choisi d’élever des limousines et de travailler à l’extérieur: «c’est une petite exploitation de 39 hectares, je passe 10-12 bêtes par an, 25 % en vente directe et 75 % chez des bouchers locaux.
Les veaux étaient jusqu’à présent achetés chez mon cousin, mais comme il arrête, j’ai décidé de me lancer en achetant quelques génisses pour assurer la reproduction».
Et les premières naissances ne se sont pas fait attendre au printemps.
Un troupeau élevé en plein, qui se nourrit d’herbe, de foin ou de céréales achetées localement, pas d’intrant, pas d’antibiotique… tel est l’éthique de ce «gentlemen farmer» qui va au bout de ses convictions en ayant installé au-dessus de son hangar agricole 300 m2 de panneaux photovoltaïques, soit une production de 45 000 kWh par an.
De quoi mettre du beurre dans les épinards de cette famille nombreuse.
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