Des émotions révélées et si près de nous…
On ne peut pas rester insensible d'une manière ou d'une autre aux photo-images de Daniel Alda exposées aujourd'hui intentionnellement au public à la Médiathèque de Pamiers.
Elles sont fantastiques, troublantes, curieuses, dérangeantes parfois.
«Ce que j'aime, explique l'artiste, ce n'est pas que l'on me dise que les photos sont bien, ça me fait plaisir bien sûr, mais plûtot ce que l'on ressent lorsqu'on les observe»
Cette dernière exposition nommée «Les Portes du Monde», renvoie à la refléxion et l'interrogation, c'est la troisième série de photo-images du photographe.
«La plus ancienne, la première, explique-t-il, «Irréelle réalité» est née en 1994.
Aujourd'hui, j'ai 135 images, toujours structurées de la même façon, réalisées dans trois lieux différents à Belle île, en Italie et au parc de Bambou de Lapenne.
L'idée au départ a été toujours d'associer un poème, des haïkus, à ces images.
C'est arrivé d'emblée comme projet et les images se sont accumulées au long des années sans être jamais montrées et puis en 2005 j'ai commencé à exposer.
J'ai recherché des textes. Depuis maintenant deux ans, je fais un travail avec Alain Kervern professeur de japonais à l'université de Brest.
Il a, entre autres, traduit le grand almanach poétique du japon en 5 volumes.
Il a également écrit des haïkus en Français et en breton.
J'ai osé l'appeler un jour, j'avais vraiment envie de travailler avec lui.
C'est un homme très occupé, il a des activités locales et internationales!
Mais ce qu'il écrivait me plaisait énormément.
En 2007, il a accepté de voir mon travail et en 2008 on s'est rencontré longuement.
Certaines de mes images le heurtaient. Après notre discussion, il les a toutes prises et un an après il m'a renvoyé les poèmes japonais.
C'était à moi de les associer aux images. Cela a donné un carnet de 15 poèmes et 15 images.
Entre temps, j'ai commencé la deuxième série intitulée «Les belles endormies»
Elle est basée sur un poème de Rouben Melik, poète arménien, arrivé en France dans les années 1920 et qui écrit en Français.
Parmi ses poèmes, il y en avait un qui m'avait frappé. Je l'ai gardé pendant trente ans sans trouver des correspondances.
Puis j'ai commencé à photographier des algues sur les roches. Cela a donné 17 images qui racontent cette seconde séquence.
Cette année, je présente «Les portes du monde» une série différente des autres, les images sont en noir et blanc et pour la première fois, j'ai écrit quatre textes sur les 7 images.
Il n'y a plus la symétrie mais il y a les visages. On m'a dit que les textes étaient durs, certains interpellent certainement.
Chacun réagit à sa manière et c'est impressionnant. Cela va de la répulsion à l'adhésion totale.
Toutes les images sont évidentes pour moi, c'est au moment de la prise de vue que cela se passe»
Durant l'exposition, Catherine Daydé a mis en place des ateliers d'écriture de haïku. Le prochain aura lieu le 13 mars.
Les participants pourront choisir une image et écrire ce qu'ils ressentent.
Peut être trouveront-ils eux mêmes l'inspiration et qui sait, partir à la découverte de mondes étranges pourtant si près de nous…
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