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Les «manouches» ont quitté L'Arial: «Non, nous ne sommes pas des voleurs!»
27/07/2010 | 10:56
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Comme ils l’avaient annoncé dès leur arrivée, les «gens du voyage» installés sur les terrains de l’Arial à Saint Girons, ont quitté pour leur grande majorité, leur campement.

Rappel des faits.

Frappés par un deuil au sein de leur communauté, les manouches (terme qu’ils revendiquent  NDLR) de la «famille Schumacher», se réunissent, dés le dimanche 27 juin, à Saint Girons, ville qu’ils décrivent comme «ville sacrée, au même titre que Lourdes», pour les funérailles.

Il faut savoir en effet que les anciens de cette communauté sont tous enterrés dans la capitale couseranaise, ce qui explique leur attachement particulier à la ville.

D’ailleurs, un rassemblement de ce type a lieu, chaque année, à l’époque de la Toussaint.

Selon Peter Schumacher, qui parle au nom du groupe, les premiers arrivants se rendent à la mairie pour demander un lieu où s’installer.

Faute de réponse selon eux, ils placent leurs caravanes en limite des terrains de sport de l’Arial, à la sortie de la ville, près du LEP François Camel.

Il se trouve que ces terrains étaient réservés depuis longtemps pour l’organisation de la «Feria du Rugby», évènement local qui rassemble quelques milliers de personnes autour de ce sport particulièrement populaire ici.

Après bien des tergiversations sur lesquelles les versions diffèrent sensiblement, (voir notre article du 30/06/2010), la feria est annulée et les choses restent en l’état.

Sauf qu’entre temps, suite à une «demande de mise en œuvre de la procédure d’expulsion» déposée par la commune le 21 juillet, soit trois semaines après l’installation des premières caravanes, le préfet de l’Ariège publie le jour même un arrêté «portant mise en demeure d’évacuation d’un terrain occupé illégalement»

Cet arrêté, reçu en mairie le 22 juilllet  prend effet «dans un délai de quarante huit heures à compter de la notification du présent arrêté», soit le 24 du mois.

Entre temps, soit le vendredi 23, les caravanes avaient été déplacées de quelques dizaines de mètres, sur un parking tout proche, indiqué par la mairie.

Amusant paradoxe, leur départ de Saint Girons était prévu en fait pour le lundi 26, après la messe qui a eu lieu à 17 heures.
Ce mardi après-midi, il ne restait qu’une dizaine de caravanes sur le parking.

Sans revenir sur l’incident de la feria, à propos duquel ils continuent d’affirmer qu’ils étaient «prêts à partir si on leur avait proposé un autre emplacement», ils tiennent à préciser que l’arrêté préfectoral les «accuse, entre autres,  d’avoir procédé à des branchements électriques sauvages et un raccordement à l’adduction en eau potable également illicite»

«Cela est faux, s’insurge Peter Schumacher, l’eau a été captée sur une fontaine publique, donc en libre accès, et l'électricité nous a été offerte par un habitant du quartier.

D’ailleurs, pour le remercier, nous avons effectué une petite collecte au sein de la communauté et nous lui avons donné quatre vingt euros …

Vous noterez en outre que nous avons laissé le terrain parfaitement propre, et qu’aucun habitant du quartier ne s’est plaint de notre présence !
»

«Nous souhaiterions que la ville de Saint Girons nous réserve un meilleur accueil» indique M. Schumacher.

«Nos tombes sont ici, … nous revenons régulièrement. Pour nous Saint Girons constitue un lieu sacré que nous vénérons dans le respect de nos morts Nos racines sont ici !»

Arrêté préfectoral du 22 juillet 2010 (PDF, 895 Ko)

actualites Ariege
auteur: Bernard Pastourel | publié le: 27/07/2010 | 10:56 | Lu: 8045 fois