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Saint-Girons: leçon de finance, vertueuse et toxique
01/02/2012 | 19:42
© MidiNews 2012

Cela s’appelle garder le meilleur pour la fin.

Le débat d’orientation budgétaire était le dernier point à l’ordre du jour du dernier conseil municipal de la ville de Saint-Girons.

Un projet de budget 2012 qui propose les grandes orientations en termes de service rendu, d’investissement, de fiscalité et d’endettement mais qui impose aux élus de tenir compte des contraintes externes.

Dans sa déclaration introductive le maire, François Murillo évoque en effet «un contexte économique qui ne semble pas devoir évoluer vers une amélioration dans les années à venir»

Pas de surprises, des arbitrages financiers douloureux privilégieront les priorités annoncés «pour répondre aux préoccupations des administrés et préparer un avenir de qualité»

Effort de gestion, oui, pour préserver les grands équilibres mais en s’efforçant de poursuivre «l’amélioration du cadre de vie des Saint-Gironnais et pouvoir accueillir de nouveaux habitants»

«Taux de croissance du PIB à 1.2% mais dont les dernières prévisions les plus réalistes oscillent autour de 0.2%», tel est le cadre général rappelé par le Maire qui va supposer «un durcissement des conditions d’accès au crédit et d’accès à la consommation pour les ménages»

C’est donc dans un contexte de «reprise faible conditionnée par les mesures pour l’emploi et l’impact des mesures d’austérité budgétaire» que s’élabore ce projet de budget 2012.

Monsieur le maire évoque encore un «contexte très incertain» dans lequel «la perte du triple A et les perspectives d’évolution négatives entrainent une hausse des taux d’intérêt donc de l’endettement des collectivités pouvant se traduire pour certaine par une hausse de la fiscalité»

Autre impact redouté, le «renchérissement et la raréfaction des crédits aux entreprises défavorables à la croissance»

Des considérations qui vont fortement impacter le niveau local d’autant que le gel annoncé dans le projet de Loi de Finance 2012 concerne «l’ensemble des concours financiers et subvention aux collectivités locales, à l’exception du FCTVA et des amendes de police»

L’addition est salée pour la ville de Saint-Girons qui va subir concrètement une baisse des dotations.

Pour autant, François Murillo fait état de la «structure économique composé de populations aux revenus modestes avec des conséquences sociales préoccupantes.

L’Ariège avec un taux de pauvreté supérieur à 15% se caractérise par une intensité dans ce domaine plus forte que les autres départements régionaux
»

Un postulat dont il est tenu compte pour résoudre la délicate équation de la composition du budget 2012.

Thierry Tourné, adjoint aux finances, se charge de la présentation financière, rétrospective (sur les comptes administratifs 2011) et prospective sur 2012, même si «les chiffres ne sont pas tout à faits arrêtés»

Concernant l’année passée, un réel assainissement financier de la ville se confirme même s’il reste fragile.

La perte des compensations financières de l’état par rapport à la TP de Lédar entraine une perte de 315.000 euros tout de même et 157.000€ de perte de taxe professionnelle, toutefois compensée par l’état.

Cependant pour la deuxième année consécutive Thierry Tourné se félicite d’un «niveau d’épargne nette redevenue positive et même d’une épargne brute en légère augmentation»

Il précise qu’au niveau des dépenses de gestion, «une fois enlevés en particulier les montants de remboursement des intérêts de la dette» l’épargne nette reste positive.

Un critère caractérisant une gestion saine du budget, ce qui ne s’était pas produit «depuis de nombreuses années»

La totalité des quatre taxes s’élève à 3.124K, soit en incluant l’ensemble des compensations 43.7% des recettes réelles à comparer aux 55% de 2008.

Par ailleurs, «consciente des difficultés économiques de ces concitoyens et soucieuse de responsabilité en matière de solidarité la ville a engagé une étude visant à mettre en place une politique tarifaire plus équitable en mesure de garantir une plus grande justice sociale», poursuit Thierry Tourné.

Le but de l’exercice est de contenir voire abaisser certaines charges sans dégrader la qualité du service rendu, par le personnel en particulier.

Pour 2012 le projet d’orientation budgétaire prévoit d’éviter le recours à la pression fiscale sur les saint-gironnais en atténuant les charges à caractère général et en particulier celle liés au personnel, de même hauteur qu’en 2011.

Faire attention à la masse salariale reste toutefois «un souci dans la mesure où comptable des deniers publics, la ville avec 61% de la part de fonctionnement consacré aux charges de personnels reste au dessus des villes de même taille», complète Thierry Tourné.

Le budget 2012 privilégiera toutefois la «poursuite du plan d’investissement au regard de la capacité financière de la commune» autour de deux axes prioritaires ceux de la préservation et le gros entretien du patrimoine et la rénovation urbaine pour un montant total envisagé en matière d’investissements de 1.600.k€

Pour conclure le Maire rappelle donc les objectifs qui sous-tendent ce budget 2012: «rétablir des finances saines, tout en maintenant des investissements aptes à renforcer le cadre de vie et la qualité du service rendu»

Le challenge étant toujours de trouver des subventions alors que la situation financière oblige la plus grande prudence.

Pour autant, «il importe de tenir compte de la paupérisation de la population, un fléau» pour lequel il se dit très attentif, en apportant des «mesures appropriées dont une politique de tarification adaptée et un soutien aux associations caritatives»

La question alors débattue étant de savoir jusqu’où en ce domaine faire porter l’effort «de solidarité» aux collectivités locales.

Le projet présenté à titre d’information n’a pas suscité débats.

Il est à penser que c’est lors du vote de ce budget que le débat, décisif, s’enclenchera.

Enfin, dans les questions diverses Thierry Tourné a soulevé les inquiétudes liés à une dette contractée par la municipalité il y a plus de dix ans.

Celle-ci s’avère un emprunt toxique dont les intérêts augmente constamment et dont il reste une dizaine d’années à couvrir sur un montant de prêt total d’environ 500.k€.

Un emprunt toxique contracté en francs-suisses qui menace à terme l’objectif d’atteindre et de garder des finances locales saines.

Une situation qui n’est pas propre à la collectivité de Saint-Girons et pour laquelle, solutions doivent être trouvées certainement au plus haut niveau.

Ce conseil aura donc aussi permis de prendre les délibérations concordantes pour les projets qui seront présentés au titre de la DETR pour l’année 2012, voire en complément du PRR.

Parmi ceux-ci on retiendra la 3ème tranche des travaux d’aménagements urbains qui vont concerner la rue Joseph Pujol et la mise en place de containers enterrés place Pasteur.

Ou bien encore la desserte du Massif de Sourroque destinée partiellement à contribuer aux opérations de valorisation du site.

Reste maintenant à avoir quels projets seront retenus par les services de l’état et quel niveau de subvention seront obtenus.

Ce sera le travail de Philippe Jusiak, le tout nouveau directeur général des services entré en poste au 1er février.

Venu de Mayotte, avec femme et enfants, cet ingénieur en chef de la fonction publique territoriale, engagé comme contractuel (le charme des bizarreries administratives) aura bien besoin de toutes ses compétences pour aider à résoudre la difficile équation des finances locales.

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auteur: Py.M | publié le: 01/02/2012 | 19:42 | Lu: 6747 fois