Jeudi soir, Marc Sanchez a tenu une réunion publique, salle Avelana de Lavelanet, pour expliquer le fonctionnement de la Communauté de Communes (CCPO) qu'il préside.
«Il s'agit d'un moment important» pour le président qui rajoute: «depuis quelques temps, un état d'esprit pose des problèmes et interroge beaucoup de monde.
Ce soir, je ne suis pas là pour alimenter des polémiques mais vous apporter avec les techniciens, dont Jean-Claude Pauly, directeur, toutes les explications sur ce qu'est une communauté de communes et répondre à l'inquiétude naturelle que vous pouvez avoir.
Au travers de la presse, on voit tout et son contraire, il s'agit de rétablir certaines vérités qui ont pu être déformées»
Revenant sur le non vote du budget mi-avril: «nous avons été saisis par la Cour régionale des comptes qui va déterminer si le budget était sincère, était équilibré ou si il y a eu des erreurs commises. Il y a des difficultés, nul ne peut dire le contraire, mais nous travaillons»
Marc Sanchez a ensuite laissé place à Jean-Claude Pauly qui, à l'aide d'une présentation «powerpoint», a donné les grandes lignes de la communauté.
Créée le 26 décembre 1995, la CCPO est pour son directeur «un outil au service des communes qui permet de réaliser des projets qu'elles ne pourraient faire seules; un outil de développement, de mutualisation des ressources pour être plus efficaces dans notre territoire»
Les prises de compétences, les emplois transférés, les services et l'évolution de la CCPO ont été explicités à l'assistance, de même que le processus des votes en conseil communautaire: programmes des élus, travail des commissions, conseil préparatoire, puis vote des délégués.
Jean-Claude Pauly est revenu sur le budget présenté et les propositions émises par le Conseil préparatoire (maires).
«Ce budget, déficitaire de 702.000 €» selon ce dernier, s'articulait «autour de 4 blocs de travail: économies des services (TAD, SPA, chapiteaux ...), des économies de structure ( subventions, indemnités, non remplacement des départs en retraite...), des allocations compensatrices (les fameuses AC) et les transferts de charges (petite enfance, Office de tourisme, Monts d'Olmes) et pour finir des impôts (ordures ménage, taxe d'habitation..).
L'avis du dernier Conseil préparatoire s'établissait comme suit: 573.000 € d'impôts, 51.490 € de services, 77.500 € d'économies de structure, 0€ au niveau des reversions aux communes»; «un budget sincère et honnête où les choses étaient clairement identifiées» a rajouté Jean-Claude Pauly.
«On voit bien que le gouffre n'était pas abyssal, même s'il était important pour l'impôt ménage.
En effet on aurait pu l'anticiper au travers de ces transferts de charges réguliers.
700.000 €, ce sont des services apportés à l'ensemble des collectivités qui n'ont jamais, à aucun moment, eu a mettre le moindre centime d'euro pour les avoir.
A cela se rajoute la perte d'un million de taxe professionnelle.
Il faut savoir que le déficit de la petite enfance, service bénéficiant à tout le monde, ce sont 300.000 €.
Si on avait fait un petit geste chaque année, ce sont peut être 3 millions qui seraient aujourd'hui dans les caisses de la communauté.
J'en assume la responsabilité, mais les élus ont décidé systématiquement de dire qu'il y a encore de l'argent dans les caisses... on fait avec.
J'en assume aussi la responsabilité; et le pacte dont on a parlé concernant la taxe professionnelle qui liait les communes entre elles avait gelé les AC (allocations compensatrices) pour 12 ans et il n'était pas question d'y toucher, alors qu'il y a eu de l'investissement (Fontestorbes, Monts d'Olmes, Voie verte Hôtel d'entreprises) et que la loi nous le permettait» a précisé Marc Sanchez avant que ne s'instaure le débat.
Dans la salle Avelana, des applaudissements éclatent à la fin de l'intervention du président de la communauté.
Plusieurs personnes demandent la parole.
Lui vit à Laroque d'Olmes, il est expert comptable et «estime que le travail des politiques n'a pas été fait, notamment au travers des transferts de compétences et du souci de solidarité dans une région qui s'appauvrit: quand on parle de solidarité, quand on est socialiste, quand on a des doublons d'indemnités qui représentent des sommes importantes, on devrait montrer l'exemple et on économiserait 100.000 € par an...»
«63.000 €» lui répond Marc Sanchez.
«Il y des élus qui participent, qui travaillent; ça ne va pas remplir le trou» répond un autre.
Michel Leviaux, secrétaire du collectif des contribuables, prend à son tour la parole et dénonce «les transferts de charges où l'on a sous-évalué les chiffres» (Mont d'Olmes pour Montferrier et Petite enfance pour Lavelanet et Laroque d'Olmes).
Lui n'est pas natif du pays et ose la question: «vous avez été désavoué, n'envisagez vous pas de mettre en balance votre présidence, de proposer de nouvelles élections, au moins ce serait carré ?»
«Tout à fait; actuellement c'est clair: c'est peut-être ce qui est souhaité et je n'aurai pas un acte de faiblesse; maintenant je peux apporter une autre réponse: je vais faire et je ferai ce qui est bon pour que ce genre de situation ne se renouvelle pas.
Hier j'ai donné une feuille de route et je ferai en sorte de la suivre avec les élus communautaires et le conseil préparatoire qui travaillera sur tous les dossiers»
«Réclamer la démission du président, moi je ne suis pas pour... et pourquoi pas celle des vice-présidents ?» s'exclame un autre.
«Moi ça me surprend que des vice-présidents qui sont mouillés jusqu'au cou, découvrent juste ces budgets et votent contre»
Applaudissements nourris dans la salle.
Lui est des Monts d'Olmes et vote à Lavelanet; sa question: «pourquoi les maires qui ont fait ces transferts de compétences (un cadeau pour la CCPO - rires dans la salle) ne veulent pas reprendre une partie de certains postes qui pénalisent l'ensemble des habitants du Pays ?»
Une question qui fait rage dans la salle et à laquelle répond le président: «encore une fois, il s'agit d'une décision à prendre: oui ou non voulons-nous reprendre les transferts de charges? Toutefois, il ne faut pas faire porter le poids aux seuls Monts d'Olmes»
Jean-Luc Torecillas est élu de Lavelanet et siège à la CCPO: «pour ma part j'ai voté ce budget; quand le bateau tangue ce n'est pas le moment de virer le capitaine et d'autant que je ne suis pas certain que le suivant soit aussi bon que celui qu'on a; la preuve est déjà faite»
L'élu poursuit: «il me semble que ce qui se passe, c'est une preuve de désunion parce qu'il n'y a plus de fric. Ne nous faisons pas d'illusion, les impôts seront augmentés» et pose la question qui fâche: «quelle est la commune qui a fait des efforts pour réduire les AC ?»
Aucune réponse des élus dans la salle Avelana.
Le public s'agite et une réponse fuse: «les maires étaient satisfaits de céder les prises de compétences qu'ils ne financent plus... d'autant que l'élu communautaire qu'il est peut s'en laver les mains»
Un autre surenchérit: «quand le préfet augmentera nos impôts, ils pourront dire que ce n'est pas de leur faute»
«J'ai peut-être manqué de flair en pensant que l'équipe était peut-être... mais bon voilà; il faut continuer et mettre un peu plus de rigueur et de communication à l'ensemble des maires et des élus.
Nous essayons de travailler; comprendre ce qui s'est passé; ce n'est pas facile pour moi d'être là, certains élus auraient voulu être là avec moi mais je devais affronter seul cette situation»
Jean-Claude Pauly prend à son tour la parole: «nous, les techniciens, avons aussi tout entendu: ils sont super payés et ça contribue au déficit... j'ai entendu que je touchais 6000 €, j'ai aussi entendu que j'avais 3 postes; en attendant je touche 3000 € net.
Je gère bénévolement les Monts d'Olmes, directeur du CIAS je ne touchais pas un centime de plus; les bruits sont faux»
«C'est bien qu'il le rajoute» souligne le Président de la CCPO: «j'aurais dû le faire.
Tout cela fait mal et pour répondre à toutes ces attaques, quoi qu'il doive se passer demain, j'assumerai mes responsabilités sous une autre forme et travaillerai avec les élus et ceux qui veulent y mettre du leur.
Et là je m'adresse à la presse»
Question récurrente et posée sans détour par un jeune homme: «comment faire passer vos idées sans majorité ?»
«A moi d'être bon et de faire bosser dans l'intérêt du territoire.
Ce sont mes propres amis qui m'ont trahi et il y a des gens compétents, je n'ai jamais baissé les bras.
On va avancer les projets et je voudrai que cette image pitoyable donnée de la CCPO change.
Et là je m'adresse à la presse: moi, je n'envoie pas mes courriers aux rédactions, quand j'ai quelque chose à dire, nous organisons une conférence de presse.
Ce soir j'ai entendu des choses intéressantes... hein André (en référence à André Costeceque, délégué communautaire de Nalzen); mes ennemis d'hier seront peut-être les alliés du territoire de demain, c'est ce que j'espère en tout cas.
Merci à tous»
Dans la salle, les gens applaudissent les derniers propos de Marc Sanchez.
Pour une très grande majorité présente ce soir: «ce n'est pas l'appartenance politique qui doit prévaloir, mais l'intérêt du Pays d'Olmes; on en a marre de la politique politicienne de certains...»
Les prochaines réunions du président de la CCPO auront lieu:
- A L'Aiguillon, le 30 mai à 20h, salle polyvalente,
- A Laroque d'Olmes, le 5 juin à 20h, salle Mermoz,
- A Villeneuve d'Olmes, le 8 juin à 20h, Foyer rural,
- Au Carla de Roquefort, le 13 juin à 20h, salle polyvalente.
- «Hold-up légal» à la Bastide de Bousignac
- Pamiers: réception des nouveaux arrivants
- Lavelanet: la fête du jeu promet de belles découvertes ludiques ce samedi
- Maisons fleuries à Pamiers: embellir son quotidien
- Ecoles de l'Europe: les délégués de Brzeziny en Pologne à Tarascon sur Ariège
- Une Médiathèque câblée à Pamiers: présentation des nouveaux services numériques du réseau lecture
- Laroque d'Olmes: réunion publique sur la nouvelle collecte des déchets
- 4ème édition pour la Foire Bio de Brie
- Saint-Girons: le sort de la boutique SNCF scellé?
- Saint-Lizier: une souscription pour maintenir le label «plus beau village de France»
- Le Président Augustin Bonrepaux en Pays de Tarascon: une journée riche et chargée
- Montjoie-en-Couserans fête la Voie verte







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