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Réseau Ville-Hôpital du Couserans: un réseau peut-il en cacher un autre?
31/08/2012 | 18:55
© MidiNews 2012

«Le réseau est mort»; la formule est quelque peu lapidaire mais elle traduit bien l’état d’esprit dans lequel se trouvent les responsables de l’association Echosanté qui tenaient récemment leur assemblée.

Il faut dire qu’en matière sanitaire et sociale les choses vont fluctuant et avec les dernières élections nationales, la visibilité devient de plus en plus délicate sauf à être extralucide.

En présence de tous leurs partenaires traditionnels, Jean-Louis et Catherine Vicq, respectivement président et directrice de l’association, Echosanté ont dressé leur bilan annuel.

Symbole du Réseau Ville-Hôpital, cher à tous les partenaires, professionnels de santé et élus autour du CHAC, régulièrement cité en exemple au plus haut niveau, les services d’Echosanté - HAD (Hospitalisation à Domicile) s’interrogent plus que jamais sur leur devenir.

Le manque de visibilité sur leurs missions ainsi que les relations ambigües avec l’ARS, et les moyens financiers que celle-ci manie toujours avec subtilité, compliquent la tâche.

Pour mémoire, deux pôles constituent le cœur de l’intervention de l’association.

Tout d’abord la mise en relation de tous les corps sanitaires et sociaux autour du patient, mission d’Echosanté, dans le cadre d’une prise en charge globale.

Puis l’hospitalisation à domicile -HAD- (service non hospitalier qui collabore avec tous les professionnels de la santé du Couserans pour éviter l’hospitalisation de personnes devant bénéficier de soins).

Conforter le système de soins dans une optique de qualité globale (tant médicale que sociale) en un milieu rural comme le Couserans reste le challenge quotidien d’Echosanté, avec comme clé de voute un décloisonnement des pratiques.

Parallèlement, le désengorgement de l’hôpital, autant que cela se puisse dans de bonnes conditions, reste un objectif concomitant dans une optique de service rendu aux patients.

La mise sur pied d’une MAIA (la seule sur toute l’Ariège), un système équivalent de coordination pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en situation dite complexe, poussée par l’ARS et portée par Echosanté, donne aux dirigeants la désagréable sensation de «déshabiller Pierre pour habiller Paul»

Trompe l’œil ou effet pervers réel, l’avenir le dira certainement plus clairement, c’est souhaitable.

Pour l’heure, Jean Louis Vicq aurait plutôt la sensation d’être entre le marteau et l’enclume, entre l’état/ARS et le Conseil général «en conflit stratégique et politique», laissant pantelant le réseau proprement dit.

A moins que sous couvert d’une appellation différente, la «MAÏA» ne soit qu’une mutation rendue nécessaire qui renforcera de toute façon le rôle de tête de pont et de coordinateur réseau déjà joué par Echosanté, sur le plan de l’accompagnement des patients atteints de maladie évolutive ayant des difficultés à rester à domicile cette fois.

L’accompagnement médical et social, la coordination de et avec l’ensemble des services hospitaliers et de l’ensemble des professions libérales, «qui jouent le jeu et se sont appropriés l’outil» aux dires de Mme Vicq, continuant eux à perdurer.

Quoi qu’il en soit, pour le non-initié, cette querelle resterait affaire de sémantiques entre spécialistes si elle n’avait des répercussions sur les moyens tant humains que financiers affectés aux missions.

Pour autant, les chiffres de l’activité 2012 attestent que celle-ci justement ne se dément pas, malgré les flottements entretenus par l’ARS vis-à-vis du réseau dépendance tandis que parallèlement se mettait en place la MAIA.

Si de ce fait selon M. Vicq, les chiffres sont en baisse, sur l’année 2011 ce sont 352 patients au total qui ont été suivis par le réseau, adressés par l’ensemble des praticiens du territoire, soit 25 médecins généralistes qui ont fait appel au réseau.

1.819 suivis dont 1.248 destinés à anticiper et organiser en amont le retour au domicile lors d’hospitalisation ont été réalisés et 571 suivis à domicile.

Parallèlement, 163 personnes ont fait l’objet d’une hospitalisation à domicile soit une augmentation de près de 29% par rapport à 2010, ce qui leur à évité de quitter leur logement, libérant ainsi des lits au CHAC.

Un total de 218 séjours d’une durée moyenne de 30 jours a ainsi été réalisé.

Presque autant d’hommes que de femmes sont concernés par ces services, pour un âge moyen des personnes incluses de 73 années.

Pour les services HAD, qui entament une démarche de certification, cette recrudescence d’activité fait directement suite au PRE -Plan de Retour à l’Equilibre- mis en place au CHAC et confortant l’excellent partenariat pré-existant entre ce dernier et le service HAD d’Echosanté.

Si l’activité et le moral auront connu «des courbes sinusoïdales» pour reprendre l’expression de M. Vicq, ceux qui voient «le flacon à moitié plein» ont nombre de raisons d’espérer un mieux pour la rentrée au regard des projets portés par la structure comme le 3ème volet de RESATER, le réseau de télémédecine cette fois.

Quelle que soit sa forme ou son appellation le réseau tissé par Echosanté demeure vital à l’échelle du Couserans pour conforter un bassin de santé de qualité adapté aux besoins du territoire et apporter une approche médico-sociale décloisonnée au bénéfice final du patient.

Reste que les moyens tant humains que financiers doivent suivre.

Plus d’infos sur les services d’Echosanté:
05 61 96 28 80
echosante@wanadoo.fr
Bâtiment Ibanes - site de Rozes - Saint-Lizier

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 31/08/2012 | 18:55 | Lu: 13995 fois