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Echanges toniques au Conseil municipal de Pamiers
21/09/2012 | 16:19
© MidiNews 2012

Un conseil municipal dense ce jeudi soir à Pamiers où les échanges ont parfois été toniques entre majorité et opposition, question d’habitude.

Pour ouvrir les «hostilités», la décision modificative de budget (il fallait s’y attendre au regard de l'ordre du jour) a provoqué les premiers échanges.

André Trigano a indiqué que ces ajustements d’orientations budgétaires étaient liés à l’achat du Carmel («une opportunité à saisir») et la nécessité de désendetter davantage la ville.

Par voie de conséquences, certains projets comme le pôle d’enseignement artistique (trop onéreux) ont purement et simplement été abandonnés, d’autres comme la réalisation de la salle multisports, simplement ajournés: «il y a fort à parier que vous ne puissiez tenir vos engagements ni en 2013, ni plus tard» s’est exclamé Michel Teychenné qui a rebondi sur le fameux «emprunt toxique»

La commune a engagé des négociations depuis quelques mois avec Dexia pour envisager une consolidation de cet emprunt en taux fixe.

Le maire a réussi à faire voter la dernière proposition de Dexia sur la base d’une sécurisation de l’emprunt sans versement d’indemnité, avec la même durée (fin de l’amortissement du capital en septembre 2034), même montant de capital que celui restant à amortir mais paiement d’un taux d’intérêt fixe de 5,75.

Pour l’opposition «cet emprunt reste dangereux, la bonne décision était de ne pas le signer… cette renégociation coûte 550 000 €, soit le prix d’un Carmel !»

Autre pierre d’achoppement, la chaufferie collective du Chandelet dont la tarification a été réévaluée.

L’opposition a voté massivement contre car selon Michel Teychenné, le Chandelet ne serait pas en équilibre: «on fait payer à la mairie et aux locataires l’investissement de la chaudière bois. Le montage financier est mal monté»

Pour André Trigano, le bois reste moins cher que l’électricité ou le gaz. La modification de la facturation avec une minoration de la part abonnement induit une baisse directe du prix de l’énergie (réduction globale de 5% sur le prix de l’énergie).

L’acquisition d’un immeuble situé rue Ste Claire a permis au maire d’indiquer que la ville constituait une réserve foncière classique afin de pouvoir agrandir si le besoin se présentait, l’école maternelle.

Long débat engendré par le projet de dénomination du parvis de la gare multimodale (elle aussi attaquée par le groupe de gauche): alors que le conseil municipal proposait «Parvis Pierre Mendès France», l’opposition demandait en souvenir de l’ancien maire Gaston Bareilles (dont on fête cette année le 30e anniversaire de sa disparition), un parvis au nom de cet élu qui a veillé au devenir de la cité aux trois clochers de 1959 à 1982.

André Trigano, mais également Louis Claeys qui était à cette époque son adjoint à la culture, ont indiqué que Gaston Bareilles avait toujours refusé qu’on utilise son nom pour une place, une rue, un parvis.

Autre passe d’arme, cette fois entre Emile Franco et la majorité, au sujet de la verbalisation électronique (dont la mise en œuvre avait été ajournée lors du précédent conseil.

«Il s’agit d’une atteinte aux libertés, cette mesure déshumanisée va à l’encontre de ce que la commune met en place au niveau de la concertation, du dialogue… on glisse vers un tout répressif [...]

Laissons à la police municipale la richesse du contact et du dialogue, ils sont là pour faire partager une qualité de vie que nous ne voulons pas perdre
»

Une mesure relevée par Michel Teychenné: «entre les caméras vidéo et les PV électroniques, c’est Big Brother à Pamiers !»

André Trigano a cependant indiqué en mettant la mesure au vote que la saisie administrative des traditionnelles contraventions faisait perdre beaucoup de temps aux policiers, un temps précieux dont ils ne disposent plus pour le terrain.

Louis Claeys qui soutient l’implantation d’une vigne sur le site historique de Cailloux, s’est vu obligé de représenter la délibération au conseil municipal à cause de l’intervention «mal intentionnée» de Michel Teychenné au dernier Conseil municipal, l’accusant d’une perte de temps dommageable à la plantation des premiers cèpes de vigne:

«Nous n’avons pas d’objectifs dissimulés, nous sommes une poignée de bénévoles et notre association est régie par la loi de 1901»

Le mis en cause a pris la parole, bien remonté: «c’est d’un amateurisme complet […] l’opération est sympathique mais il faut suivre les procédures»

Au moment des questions diverses, soit après deux heures de réunion, Françoise Matricon (EELV) a demandé que le SCOT soit mis à l’ordre du jour du prochain conseil municipal.

Elle a également offert un exemplaire dédicacé de l’ouvrage d’Eric Hamelin «La tentation du bitume» aux élus en charge du dossier pour qu’ils «arrivent à convaincre leurs collègues du SCOT»

Le groupe de gauche a remis sur le tapis Gabrielat II. Michel Teychenné a fait observer que la première tranche n’était pas toute commercialisée et que l’aménagement de la 2e tranche allait coûter deux fois plus cher.

Mais c’est surtout l’arrivée de Denjean Granulats sur l’embranchement ferré de Gabriélat qui inquiète les élus de gauche.

Selon son leitmotiv, le leader du groupe de gauche est persuadé que l’on fait des cadeaux à Denjean: «comment pouvez-vous justifier que les 5 ha qui lui sont vendus le soient à 15 € et qu’on lui offre cette maison de 400 000 euros.

Rappelons que l’entreprise paye ses impôts à Saverdun et que vous lui offrez ici une porte de sortie pour ne pas respecter ses engagement avec la préfecture et les élus de Saverdun […]

Denjean c’est au plus 2 ou 3 emplois mais surtout une noria de camions sur la RN20 et dans une zone à haute qualité environnementale… c’est un montage politiquement incorrect
»

Claude Deymier en charge du développement économique de répondre: «ce dossier est de la compétence de la communauté de communes, toutes les décisions qui ont été prises sur la création de Gabriélat l’ont été en toute transparence devant le conseil communautaire avec transmission de rapports à chaque commune, y compris Bonnac et Le Vernet qui ont signé une convention car il suffit de faire les comptes, un train c’est 30 camions […]

Quant à Gabriélat II, son financement repose sur la vente des terrains, les subventions et la taxe d’aménagement que paient les gens qui construisent…

Son budget est équilibré par la vente des terrains dont le prix n’a pas changé depuis plus de 10 ans, certes aujourd’hui il y a l’embranchement ferré mais c’est aussi un pari sur l’avenir. Si l’on met de l’argent là-dessus c’est pour faire venir les entreprises.

Quant à la villa enclavée sur la parcelle concernée elle a été évaluée par les services de l’Etat le 21 juin 2012: 675 175 €, son prix de vente est de 750 000 €
»

Les appels d’offres pour cette seconde tranche sont en cours de finalisation, 30 mètres de voies sont installés et les travaux devraient se poursuivre le mois prochain.


Les jeunes s’intéressent à la démocratie de proximité

A noter également la présence d’une dizaine de jeunes gens du Conseil des Jeunes Appaméens créé sous l’impulsion de François Pancaldi, adjointe référante.

Etudiants, lycéens, demandeurs d’emplois, bénévoles associatifs, tous se sont investis sur la base du volontariat avec le souhait de mettre en place des projets pour mieux vivre dans leur cité: rénovation du stade du quartier du Foulon, création d’une carte jeune, organisation d’évènements culturels à l’espace Fernand…

Les projets ne manquent pas pour ces jeunes motivés, débordants d’énergie et d’idées.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 21/09/2012 | 16:19 | Lu: 16858 fois