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Saint-Girons: l'hôtel de ville pris d'assaut
19/10/2012 | 15:13
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Pour être tout à fait honnête, cette prise d’assaut a été tout à fait pacifique.

Il n’y a guère que la façade principale du bâtiment de la mairie qui, à l’heure où nous publions, a eu à pâtir de l’action menée par un petit groupe de manifestants.

Un nouveau rebondissement donc dans l’affaire qui a opposé tout au long de l’été la municipalité de Saint-Girons à un collectif, dénommé Allant Vers, qui avait pris possession illégalement d’un immeuble lui appartenant et l’aura occupé ensuite tout au long de l’été malgré l’arrêté d’expulsion pris par la justice.

Une affaire dont on pensait qu’elle avait connue son épilogue lorsque le 10 octobre dernier (voir notre article du 10/10/2012) les services de la municipalité assistés des forces de l’ordre avait repris possession des lieux inoccupés au petit matin et les avait murés, condamnant définitivement cet immeuble du 16, rue de la république en plein cœur de la ville de Saint-Girons.

«Ce ne sont pas des parpaings qui nous arrêteront» clame le prospectus distribué aux passants et aux automobilistes arrêtés, place de l’hôtel de ville.

En écho, une grande banderole déployée sur la façade de la mairie interroge chacun: «combien de parpaings faudrait-il pour murer la mairie ?»

A vrai dire, seuls la banderole et ce prospectus éclairent sur la situation. Aucun membre (ou pas) du collectif n’ayant souhaité s’exprimer.

Seul l’élu communiste Hervé Soula a fait «part de son soutien aux personnes présentes» et a exprimé «son interrogation face à la volonté de destruction de cet immeuble affichée depuis par la mairie alors que le Collectif avait présenté un projet associatif crédible»

Le prochain conseil municipal promet d’être houleux, puisque le même élu a souhaité «inscrire ce sujet dans les questions diverses qui y seront abordées»

D’ici là, une lecture du prospectus diffusé par le Collectif traduit le sentiment et le malaise du Collectif mais aussi sa détermination.

Ainsi, le Collectif s’interroge «sur les moyens budgétaires déployés par la mairie pour procéder à l’expulsion» mis en parallèle avec le contexte «de crise ou bien encore l’emprunt toxique contracté par la municipalité»

Il dénonce «le dispositif policier mis en place, image d’un état fondamentalement répressif»

Le collectif met également en avant «l’accueil bienveillant témoigné par la plupart des riverains et habitants de la ville»

Pour mettre en œuvre leur projet resté selon le prospectus «sans réponse de la municipalité», le collectif «exige la restitution du lieu ou la mise à disposition d’un local aux caractéristiques similaires»

Le prospectus conclut sur cette question: «face à une situation sociale de plus en plus difficile et dépourvue d’horizon les matraques et les murs de parpaings suffiront-ils ?»

Comme une ambiance madrilène de Puerta del Sol.

Lundi soir le conseil municipal promet une discussion sérieuse. Le feuilleton décidément a du mal à se terminer. Difficile d’en présager la fin.

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 19/10/2012 | 15:13 | Lu: 14884 fois