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Sur les bancs de l'école d'Ornolac: une classe unique entre tradition et modernité

© midinews 2013

L’école d’Ornolac est une petite école de montagne à classe unique, quinze élèves de la moyenne section au CM2.

Florence Ketler, après une longue expérience en ZEP en Région parisienne, a pris ici son poste d’enseignante il y a sept ans.

Pour elle, la classe unique semblait une évidence: «elle offre un cadre sécurisant où les élèves peuvent participer aux décisions, prendre des responsabilités et apprendre l’autonomie»


Une classe unique en milieu rural, un élément de réussite pour les élèves
Les enfants travaillent par niveau, en petits groupes et la maîtresse est disponible pour valoriser les réussites et remédier aux difficultés rencontrées dans l’apprentissage quotidien.

«L’hétérogénéité est un atout, une richesse. Les petits ont envie de faire comme les grands et inversement les grands sont valorisés en aidant les petits dans leur progression… c’est un échange permanent, très enrichissant» explique l’enseignante.

Ce type de classe nécessite une importante organisation en amont et une structuration de l’école dans l’environnement qui permet également de décliner des projets communs permettant de souder encore davantage le groupe: «la classe unique c’est un vecteur de solidarité entre les élèves, d’ailleurs ils obtiennent de meilleurs résultats aux évaluations nationales.

Pour l’enseignant c’est le plaisir de suivre les enfants jusqu’au collège… il y a beaucoup plus de réactivité et on ne refait jamais la même activité
»

Blotti au carrefour des vallées du pays des montagnes de Tarascon, Florence Ketler travaille également en relation avec l’environnement extérieur en fonction des saisons: après la thématique de l’hirondelle en 2012, cette année c’est sur la biodiversité que les enfants ont participé à une production artistique de Land Art sur les arbres de montagne. Ils ont ainsi apporté leur contribution à une exposition organisée à Pamiers en relation avec l’ANA.

Outre les sorties au ski, à la piscine, ou la visite d’expositions, la classe unique d’Ornolac est également dotée d’un équipement multimédia de qualité.

Une petite école qui n’a rien à envier aux grandes
Ce matin, séance au tableau numérique. Les enfants travaillent en binômes sur un ordinateur portable, en relation avec les programmes déroulés sur le grand tableau interactif, actionné par Antony, 5 ans et demi.

Lecture collective, utilisation du traitement de texte, grammaire, mathématiques… l’éventail d’activités est large. «Le numérique permet de pallier à l’isolement des écoles rurales, c’est une bonne ouverture sur l’extérieur» indique l’enseignante consciente qu’il s’agit d’un atout supplémentaire à l’épanouissement des enfants et une clé pour l’avenir.

«Nous avons beaucoup de chance, la municipalité nous donne les moyens de travailler dans de bonnes conditions»

A l’heure du déjeuner, Maguy (14 ans de service à l’école d’Ornolac avant une retraite bien méritée) et Martine prennent le relai pour faire déjeuner les demi-pensionnaires puis occuper le temps libre de l’ALAE.

Ici l’atmosphère est chaleureuse: «on a l’impression d’être comme à la maison». Des enfants qui ne changeraient d’école sous aucun prétexte à en croire Charlotte, Matthieu et tous leurs copains.

Une école, avant tout un choix politique
Pour le maire, Benoît Araud, l’école demeure un service public de proximité indispensable à l’ancrage des populations du territoire.

Malheureusement les effectifs jouent souvent au yoyo d’une année sur l’autre et face à la politique comptable de la carte scolaire, les élus de ce petit village ont réhabilité quatre logements sociaux permettant d’accueillir de nouvelles familles et réussissent à dégager un budget conséquent pour l’école du village: «nous nous sommes dotés d’une salle d’activité de 130 m², le personnel municipal s’occupe de la cantine et nous avons installé l’école numérique… c’est un choix politique.

La classe unique c’est un outil formidable en terme d’autonomie pour les enfants mais cela peut vite devenir un handicap quand on est seul et que l’on jongle avec les effectifs.

Aussi je dois remercier la directrice Académique qui a réuni les élus du territoire il y a quelques mois afin de réfléchir sur le sujet et peut-être faire émerger l’idée d’un regroupement pédagogique. Nous sommes prêts ici à vire des investissements
»

Laurence Cabrol | 30/05/2013 - 18:22 | Lu: 29284 fois