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Le devenir de la boutique SNCF reste un sujet épineux à Saint-Girons

© midinews 2013

S’il est un sujet qui pollue actuellement bien des débats et plus largement le climat de la capitale couserannaise c’est bien celui du devenir de la boutique SNCF, et son corollaire la réflexion sur la mise en place d’une gare multimodale dans les bâtiments de l’ancienne gare SNCF, à l’entrée de Saint-Girons.

En témoigne par ailleurs le dernier conseil municipal plutôt houleux qui permet de réaliser à quel point les prochaines échéances électorales sont décidément plus proches qu’on ne croit (voir notre article du 07/06/2013).

La commune de Saint-Girons qui souhaite assurer la continuité du service sur le site de l'ancienne gare de Saint-Girons et profiter de cet élément déclencheur pour initier la mise en œuvre d'un espace multimodal sur un périmètre de travail élargi au Pays Couserans, a donc mis sur pied ce vendredi une réunion d’échanges et de travail en présence d’un certain nombre de partenaires du dossier qui devait s’ensuivre d’une conférence de presse, à priori réservée aux seuls journalistes.

Le tout devait permettre de faire le point de la situation et d’y voir plus clair sur ces deux sujets (boutique SNCF et gare multimodale au sein d’un schéma plus vaste de transports à l’échelle du pays).

Aussi à 10h étaient conviés au Syndicat Mixte du Pays Couserans un certain nombre de parties prenantes de ce dossier épineux.

Figuraient notamment sur l’invitation le Président du Conseil Régional, le Président du Conseil général, le Sous-préfet, les Présidents des Communautés de Communes du Pays, le Président du PNR, le Député mais également le Directeur de la SNCF Région Midi-Pyrénées, le Directeur de la Voirie et des Transports du Conseil général, le Directeur de la DDT. La conférence de presse devait suivre vers 11h30.

10h. Effectivement la plupart des personnes invitées étaient bien présentes ou en tous les cas représentées. Tandis que la réunion battait son plein à l’étage dans les locaux du syndicat de pays le collectif pour le maintien du guichet SNCF en Couserans organisait un rassemblement sur le perron au dehors.

Un collectif composé des Syndicat CGT Cheminots, Union locale CGT, Solidaires, FSU, Collectif Front de Gauche, Saint Girons Cœur à Gauche, EELV, PCF, PG, Association «Vivre en Bas Salat», dont François Paumier et Hervé Soula se sont fait pour l’occasion, une fois de plus, les porte-parole.

Une vingtaine d’autres personnes et citoyens rassemblés sur les marches en dessous des bannières fixées sur le seuil d’entrée du pays, distribuaient des tracts et apostrophaient toutes les personnes de passage.

Devenir de la boutique SNCF… suite au prochain épisode
Interrogé, François Paumier réitère le sentiment généralement partagé par tous les signataires de la pétition selon lequel «la convention en passe d’être signée avec la mairie de Saint-Girons consacre une perte de service public, dans la mesure notamment où les usagers n’auraient plus accès à la billetterie grandes lignes»

«Cela retombera en plus sur la collectivité, rajoute-t-il, qui va supporter le coût d’un employé communal pour assurer le fonctionnement»

Autre grief dénoncé cette fois par Hervé Soula, l’élu communiste, «c’est l’absence de représentants des usagers à ces réunions de travail»

Tous deux sont d’accord sur un point, résumé ainsi: «on ne veut pas que le sujet de la gare multimodale, qu’on appelle de tous nos vœux depuis plusieurs années, sujet sur lequel on est d’accord, occulte la suppression de la boutique SNCF et le fait que la SNCF se défausse de son engagement de service public sur la collectivité»

11h30. Passé le fameux quart d’heure ariégeois, les journalistes prennent place dans une salle déjà comble pour la conférence de presse.

Hôte en tant que président du pays Couserans, François Murillo a à ses côtés le Sous-préfet Philippe Sauvannet et le député Alain Fauré.

Le reste du tour de table n’aura pu être effectué. Les personnes du collectif se sont en effet invitées à cette conférence.

Certaines d’entre elles ayant refusé de quitter la salle pour laisser librement toute sa place à la conférence de presse en présence seulement des représentants de la presse (parmi lesquels figuraient au moins trois personnes du collectif dont François Paumier pour le compte de la radio La Locale) et ce, malgré les demandes répétées du maire et président de pays, la conférence de presse est finalement reportée à une date ultérieure.

Pour le reste, pour le sujet à l’ordre du jour nous n’en saurons finalement pas plus.

12h15. Fin de conférence, retour sur le perron. Ce sont quelques paroles délivrées à la sortie de la salle par un proche du dossier Thierry Tourné, adjoint à la mairie de Saint-Girons, qui nous en apprend un petit peu plus.

Nonobstant les évènements qui ont suivi, ce dernier l’assure: «la réunion s’est très bien passée, on avance lentement mais dans un esprit positif»

Interrogé sur les deux points qu’il reconnaît être des points d’achoppement, l’élu concède: «nous cherchons des solutions pour maintenir la billetterie grandes lignes. Il reste encore à régler le problème du personnel, mais si la mairie devait assurer ce poste il y aurait une compensation (en sus d’une formation du personnel déjà évoquée) de la part de la SNCF.

Dans l’immédiat la boutique SNCF
(de la place des Capots NDLR) reste ouverte et en fonctionnement tant que le dossier de la gare multimodale ne sera pas prêt»

L’adjoint de préciser que selon lui «ce sera au moins jusqu’à septembre voire fin septembre»

Désormais en effet c’est la réflexion «sur cet espace multimodal et les transports à l’échelle de tout le pays qui concentre les échanges et doit faire l’objet d’autres réunions; voilà pourquoi elle est portée par le Syndicat de pays qui accueillait cette conférence de presse avortée»

Le jeu de la démocratie locale reste un art subtil que le climat actuel complexifie davantage assurément. Suite au prochain épisode donc.

Sylvain Sastre | 09/08/2013 - 17:55 | Lu: 10335 fois