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Pamiers: une marche diagnostic pour la politique de la ville

© midinews 2014

Au mois de juin dernier la présentation de la nouvelle carte de la pauvreté  par la ministre de la ville avait ému au plan local le landernau politique en faisant entrer de nouvelles zones rurales comme Foix, Saint Girons ou Pamiers dans la géographie prioritaire de la politique de la ville.

L’objectif de la réforme votée en février, était de faire table rase des dispositifs existants et d’y subsister des «contrats de ville» uniques à partir du 1er janvier 2015.  A l’échelle nationale, 700 communes sont concernées (soit 1300 quartier au global) dont 22 en Midi-Pyrénées et trois en Ariège. Pour éviter d’être accusé de tout choix partisan, le gouvernement a inscrit un critère unique, le revenu médian par habitant.
Une politique acté et des contrats de ville co-construits par, pour et avec les habitants via les conseils citoyens
Trois mois après l’annonce de ces mesures, d’un commun accord tous les élus concernés avouent qu’il s’agit d’une réelle opportunité pour leurs territoires.

«L’idée c’est sur un périmètre déterminé,  qui est fondé sur un certain nombre de critères, de réduire le différentiel entre le niveau de vie de la population de ces quartiers et le reste de la cité, indique le sous-préfet de Pamiers.

L’idée c’est aussi de concentrer des crédits à travers une réflexion, ces crédits n’étant que les moyens in fine de mettre en œuvre des politiques publiques qui sont à la fois transversales et interministérielle. Cet objectif est a atteindre dans les six ans à venir».

Après l’installation du comité départemental de pilotage, constitué d’une cinquantaine de personnes mobilisées dans cette dynamique (représentant une large communauté d’acteurs: Pôle emploi, Caisse d’allocation familiale, missions locales, bailleurs sociaux, ARS, direction de la solidarité, services de l’Etat, élus, partenaires institutionnels…) a eu lieu lundi matin à la préfecture de Foix la réunion du comité départemental stratégique afin de s’assurer que les trois contrats de ville ont bien démarré.

À Saint Girons, François Murillo a lancé le calendrier: «la loi fait également obligation aux communes concernées par ce dispositif d’associer les habitants aux réflexions  nous allons créer un conseil citoyen avec qui nous allons travailler de concert pour élaborer les projets menés dans les quartiers.

Ce conseil sera constitué de deux collèges de dix personnes. Il sera composé d’habitants, associations et acteurs locaux. Nous travaillerons ensuite sur les diagnostics partagés sur lesquels seront élaborés les contrats de ville à finaliser d’ici au mois de juin 2015
»

A Foix le conseil citoyen prévu par la réglementation est également en voie de constitution.

Norbert Meler le maire de la cité comtale vient de lancer un appel à la population désireuse de participer à cette aventure de démocratie participative: «ce conseil aura un rôle essentiel de création d’un espace d’échanges, d’initiatives et de propositions».

La communauté des communes a embauché un chargé de mission pour suivre les opérations du comité de pilotage et du comité technique. «Ici la politique de la ville ne se pose pas comme l’opposition du quartier nord au quartier sud.

Nous avons l’habitude de travailler ensemble avec la population dès qu’il y a des travaux, des projets nous organisons des réunions de quartier avec les habitants, les usagers
» explique Maryse Loubet pour qui ce contrat de ville nouvelle génération permettra certainement de sortir des axes prioritaires pour aller de l’avant car «en définitive nous avons tout à inventer».

C’est à Pamiers que le phasage des opérations est le plus avancé. La ville a recruté par appel d’offre un cabinet spécialisé, le cabinet Place (groupe Reflex) et c’est Gérard Legrand le premier adjoint qui conduit la mise en œuvre de ce contrat de ville nouvelle génération: «les contrats de ville existent depuis les années 80 mais c’est la première fois que nous avons été retenu.

Ici les différentes instances sont en place et le diagnostic est sur les rails. Nous sommes conscient de la tache énorme qui nous attend car le contrat de ville touche à tout, l’emploi, le social, la santé, l’urbanisme… et pour mettre en place cette nouvelle gouvernance, le citoyen lambda doit pouvoir s’exprimer
»
Un diagnostic en marchant… sous la pluie
Ce matin malgré une météo maussade les habitants du centre, des quartiers du Foulon et de la Gloriette ont été invités à une déambulation dans la ville, «un diagnostic en marchant».

Le but de cette marche est de croiser les points de vue et de mobiliser l’ensemble des acteurs/usagers de la ville autour  des enjeux de développement et de revitalisation du centre-ville, des résorptions des dysfonctionnements et d’amélioration du cadre de vie. Les points d’intérêts et d’observation sont multiples: propreté de la ville, stationnement, accessibilité, qualité de l’habitat, du bâti, attractivité des commerces et des équipements, tranquillité publique…

La participation à ce diagnostic en marchant devrait être une base intéressante pour la constitution du futur «Conseil Citoyen» auquel les usagers de la ville pourront participer, en créant une dynamique autour de la réappropriation parles habitants, de la vie de la ville, dans une optique d’amélioration de la gestion urbaine de proximité (GUP).
Un vrai défi d’avenir
C’est aussi une manière de toucher du doigt la réalité de ces quartiers et d’échanger avec les habitants sur leur quotidien.

Une cinquantaine d’appaméens ont répondu à l’invitation et plusieurs groupes ont été constitués avec des élus, représentants des services de l’Etat, les responsables des différents services (communaux et intercommunaux) ou des associations.

«C’est une marche citoyenne car les citoyens sont au centre de ce dispositif, explique Gérard Legrand. Dans le contrat de ville, il y a une instance très importante c’est le conseil citoyen. Je crois qu’il s’agit aujourd’hui  de la préfiguration  de ce que sera ce conseil citoyen. Nous serons davantage à l’écoute des gens de ces quartiers dits difficiles et y apporter une solution».

Jacques Guilbaud de la DDT est le référent politique de la ville à la préfecture. Il intervient pour la partie logement avec les organismes HLM pour les quartiers du Foulon et de la Gloriette et sur la problématique des logements vacants au centre ville en relation avec l’agence nationale pour l’amélioration de l’habitat. Selon lui c’est une action conjointe de l’ensemble des partenaires de la politique de la ville qui permettra d’intervenir sur le centre de Pamiers et ses quartiers.

«Ces contrats de ville intégrés portent sur la nouvelle géographie prioritaire et qui reposent sur trois piliers: la cohésion sociale, le cadre de vie et le renouvellement urbain et le développement de l’activité économique et de l’emploi.

Des contrats de villes centrés sur la mobilisation du droit commun des collectivités territoriales et de l’Etat. Chacun, dans ses compétences, doit être en mesure de cibler ses politiques aux bénéfices des habitants des quartiers
».

Visite des cours d’immeuble ou des espaces sportifs à la Gloriette, déambulation dans le quartier du Foulon et au centre ville…À l'issue de la marche, des ateliers de restitution, ouverts à tous les participants, ont été organisés de 13 h 30 à 16 h 30 afin de débattre et d'échanger sur les constats qui ressortiront du diagnostic.

La machine est en marche mais il ne faudrait surtout pas qu’au final cette nouvelle politique de la ville se résume à une coquille vide.

Laurence Cabrol | 04/11/2014 - 18:38 | Lu: 21154 fois