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Pays d'Olmes: Gérald Sgobbo plaide pour le renforcement de moyens supplémentaires et met en avant la prévention

© midinews (archives)

Président de la Communauté de communes du Pays d’Olmes et maire de Villeneuve d’Olmes, Gérald Sgobbo s’exprime pour la première fois sur les faits de délinquance que subit son territoire.

Avant tout, Gérald Sgobbo tient à saluer la forte mobilisation citoyenne à «laquelle nous avons pu assister dimanche dernier à Lavelanet comme partout en France afin de rendre hommage aux 17 victimes et leurs familles.

Cette mobilisation démontre à quel point nous sommes capables de faire corps et de nous unir pour refuser la barbarie et porter haut la liberté d’expression, symbole de notre République
».
Une course en avant infernale et inacceptable!
Malheureusement, dans le weekend, de nouveaux évènements criminels sont encore venus nous rappeler le contexte difficile que nous vivons en matière de délinquance souligne-t-il.

Le Pays d’Olmes a encore été le théâtre de vols de véhicules qui se sont soldés par l’incendie d’une concession automobile (un sinistre avoisinant les 2 M€). «Une course en avant infernale et inacceptable» pour le président de la CCPO.

Alors que l’exaspération des habitants se manifeste sur les réseaux sociaux, Gérald Sgobbo comprend «le sentiment de ras-le-bol de la population qui devient de plus en plus fort. Il devient urgent de rétablir l’ordre et de redonner au territoire un sentiment de sécurité» rajoute-t-il.
Un plaidoyer pour le renforcement de moyens supplémentaires
«Nous ne pouvons, nous les élus, que saluer l’engagement et le travail, souvent mal reconnu, de la brigade de gendarmerie et la force que mettent toutes ces femmes et tous ces hommes au service de la sécurité de nos concitoyens.

Nous tenons à leur assurer notre détermination à travailler à leurs côtés, dans la coordination et la concertation. Mais le constat des dernières années est sans appel, avec les fermetures des gendarmeries de Laroque d’Olmes et de Bélesta, le territoire à couvrir s’est étendu et les effectifs ont diminué.

Pourtant, la présence sur le terrain est la meilleure des réponses dissuasives qui puisse exister, cela nous est démontré depuis de nombreuses années en matière de sécurité routière!

Les élus sont mobilisés autour des différents dispositifs qui existent, mais malgré les efforts et l’énergie déployée pour les rendre plus efficients, nous savons que dans ces circonstances exceptionnelles, seuls des moyens supplémentaires sur le terrain constitueront une réponse exceptionnelle
».

Gérald Sgobbo en est convaincu, «l’Etat a accentué ses moyens contre l’insécurité routière. Pourquoi ne pas faire la même chose en matière de délinquance en attendant de travailler sur le fond ?»
Gérald Sgobbo plaide pour le renforcement de moyens supplémentaires, mais n’en oublie pas pour autant la prévention
Voici peu, le président de la CCPO a saisi par courrier Nathalie Martien, préfet de l’Ariège afin de renforcer les moyens du CISPD (Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance), l’instance tenant un rôle prépondérant dans la lutte contre les phénomènes de délinquance à travers des actions de sensibilisation, d’information ou d’échange.

«Conscient» de l’exaspération des habitants du Pays d’Olmes, Gérald Sgobbo glisse: «ces derniers ne se satisferont pas des questions de prévention. Ils attendent des résultats».

Arguant pour «l’exceptionnalité du Pays d’Olmes» (ses crises économiques et sa délinquance, NRDL), son président demande des moyens supplémentaires (gendarmes) qui permettront de travailler sur le fond. Le fond, ce sont ces jeunes «avec peu d’avenir visible». En cause, le chômage, et des scolarités interrompues trop tôt.
Alors que faire?
Gérald Sgobbo espère «que les maires s’empareront de ce sujet», d’autant que la délinquance s’exporte dans les plus petites communes du Pays d’Olmes?

Une première réponse peut-être apportée avec le rôle d’éducateur de rue (spécialisé dans la prévention de la délinquance, il est parfois le dernier lien avec des jeunes abandonnés par l’école, mais déjà répertoriés par la justice).

Didier Richau occupe cette mission depuis février 2011 au sein du CISPJ. «Un poste ambigu puisque Didier était jusqu’alors référent PAEJ (point accueil écoute jeunes, NRDL)». Désormais, «réinstallé dans son rôle», l’éducateur de rue pourrait se voir adjoindre un collègue. Éducateur de rue, une profession atypique qui intervient dans les interstices, dans cet espace mouvant qu’est la rue. Là où les institutions publiques ne sont pas représentées.
Les maires et les élus du Pays d’Olmes s’empareront-ils du sujet?
Lundi soir, à l’initiative de Marc Sanchez les élus communautaires se sont réunis en mairie de Lavelanet pour aborder deux sujets essentiels: la sécurité et la responsabilité des élus, ainsi que la remise en fonctionnement du CISPD, dont Marc Sanchez est toujours président.

A la suite de cette réunion, des décisions ont été prises en ce sens afin de rencontrer les services de l’État.

Autres questions, mais non des moindres: les élus accepteront-ils de financer des projets concernant la prévention?

Décideront-ils de porter en commun une dimension politique et stratégique au sein de la CCPO afin de lutter contre l’insécurité (vidéoprotection, CISPD, éducateur de rue...)?

NR | 15/01/2015 - 20:20 | Lu: 20768 fois