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Pour Norbert Meler, «la communauté d'agglomération sera le grand chantier structurel des institutions de demain»

© midinews 2015

Après André Trigano et François Murillo, c’est Norbert Meler, maire de la cité comtale et président de la communauté de communes du Pays de Foix qui en ce début d’année 2015 nous livre quelques réflexions sur la politique menée sur ce territoire cher à son cœur.

À ses détracteurs qui l’accusent d’un manque d’ambition pour Foix, l’élu rappelle que le recours à l’emprunt engage les générations futures et le premier magistrat espère tenir sur la durée de son mandat l’augmentation raisonnée des impôts en gardant une marge d’investissement nécessaire pour les projets à venir.

2015 devrait voir se réaliser la gare multimodale, la mise aux normes de la mairie (électricité et accessibilité), la fin des travaux sur le groupe Lucien Goron et Marie Carol.

Enfin si l’on parle beaucoup de la réflexion engagée sur le centre historique à travers le nouveau dispositif «Contrat de ville» les quartiers périphériques ne sont pas délaissés par la municipalité qui y voit un élément essentiel de qualité de vie.

Aussi la voirie sera partiellement réhabilitée au Capitany, au Courbet, au Vignoble, à Cadirac, au Cardié ou à Montgauzy. Les services y seront également maintenus, voire améliorés.

La navette urbaine Foix-Montgailhard instaurée par Jean-Noël Fondère et Benoît Alvarez, bel exemple de coopération intercommunale, devrait même d’ici le mois de septembre arriver jusqu’au Chiva: «la prise en charge de la Navette revient à la ville de Foix à plus de 200 000 € de fonctionnement annuel, mais elle rend service à tout le monde.

Nous allons renouveler le contrat avec l’entreprise privée de transport partenaire et nous attendons les dernières autorisations des communes qu’elle traversera et du Conseil général pour la prolonger jusqu’au CHIVA
».

Au chapitre des services, un important dispositif de veille pour les personnes âgées isolées à domicile sera mis en place aussi bien au centre-ville que dans les quartiers périphériques ainsi qu’un parcours culturel permettant aux jeunes d’avoir accès aux pratiques culturelles, artistiques en s’appuyant sur les associations.

Associations dont les aides seront maintenues, car il s’agit pour Norbert Meler d’un maillage territorial indispensable au bien vivre: «le milieu associatif représente 500 bénévoles il permet aux enfants, aux adolescents d’être en contact avec ces adultes de terrain, susceptibles de tirer la sonnette d’alarme s’il y a un souci quelconque (problème d’addiction, de prévention, etc.. ).

Deux dispositifs sont déjà en place, ils ont fait leur preuve que ce soit pour l’enfance les Francas ou pour les jeunes le FAJIP. Nous maintiendrons les moyens qui leur sont alloués, car ils font un remarquable travail de proximité à Foix
».

La Communauté de communes du Pays de Foix enregistre également une baisse arithmétique des dotations de l’État ce qui oblige le président de l’Intercommunalité d’évoquer la possibilité de «serrer les freins de fonctionnement» tout en conservant la même qualité de services: «petite enfance, collecte des déchets ménagers, aide aux personnes âgées… ils ont prouvé leur efficacité, mais génèrent d’importants frais de fonctionnement.

Au regard des baisses significatives des dotations de l’État, nous serons obligés encore plus qu’à Foix de chercher à faire des économies
».

Des pistes de réflexion sont à l’étude. Pour Norbert Meler le tourisme est lié à l’économie.

Il considère le projet du Conseil général avec l’aménagement du tribunal (les services de justice déménagent dans quelques mois pour la nouvelle cité judiciaire opérationnelle dès le mois de septembre 2015) comme un formidable vecteur d’attraction qui devrait multiplier le nombre de visiteurs au château et donc de potentiels consommateurs sur la ville.

Les Forges de Pyrène, 5 hectares d’un hameau hors temps où 120 métiers sont mis en scène à travers une collection de 6500 outils, constituent un pôle touristique complémentaire. Quelques travaux d’entretien courants y sont programmés.

Au niveau des investissements, l’office de tourisme du pays de Foix-Varilhes sera l’objet d’importantes rénovations lui permettant de répondre aux exigences pour se maintenir dans le classement régional des OT. Le chantier des travaux prévus à la déchetterie vont également débuter dans les mois à venir et le vestiaire du site de Cadirac sera opérationnel en 2016.

«Nous nous sommes engagés à la remise à niveau des installations sportives de Vernajoul, nous allons nous y atteler cette année» poursuit l’élu, conscient de l’importance des travaux qui permettent de maintenir l’économie locale (bâtiment, artisanat) terriblement fragilisée par la crise. 
Mais la baisse des dotations impactent directement les finances des collectivités
C’est pour cette raison que Norbert Meler, guidé par la lucidité et la sagesse au service de ses concitoyens, envisage le regroupement des communautés de communes comme une alternative d’avenir.

«Les élus d’aujourd’hui comptent bien peu au regard de l’histoire et de l’avenir que nous allons laisser à nos enfants. Il faut qu’ils se distancient de leurs égaux et regardent l’avenir avec sagesse et raison.

La communauté d’agglomération pourrait se calquer sur le Schéma de Cohérence Territoriale (Scot) de la vallée d’Ariège (de Tarascon à Saverdun). Avec la seule contrainte que chaque communauté de commune soit souveraine dans sa décision. Nous ferons une proposition à l’échelle du Scot qui nous semble une échelle pertinente.

Il faudra par souci de continuité territoriale et pour ne pas totalement l’isoler, proposer au canton de Vicdessos la possibilité d’intégrer cette communauté d’agglomération.

Certains services ne peuvent pas se faire à l’échelle d’une communauté de communes.

Je pense aux transports en commun qui pourraient avoir un périmètre d’intervention plus important avec des moyens plus conséquents (notamment une navette reliant le CHIVA de Saverdun à Tarascon) ou des investissements tels qu’une structure d’accueil pour les congrès (qui pourrait également servir de salle de spectacle) plus facile à monter à l’échelle de 80 000 habitants.

Toulouse est un pôle économique fort qui absorbe beaucoup, mais il faut être en capacité d’absorber les retombées de Toulouse. Cela se fait déjà à Tarbes, Auch, Rodez, Castre ou Albi… L’Ariège doit pouvoir le faire aussi.

Cette communauté d’agglomération constitue le grand chantier structurel des institutions de demain
».

Laurence Cabrol | 04/02/2015 - 19:00 | Lu: 18311 fois