accueil  |  ariège   |  france

Conséquences des intempéries: 37 communes toujours privées d'eau potable en Ariège

© midinews (archives)

Mardi soir, 37 communes ariégeoises sont encore privées d’eau potable suite aux intempéries qui ont frappé le département jeudi et vendredi dernier, puis au cours du week-end et dans la journée de lundi.

Une bonne partie du Pays d’Olmes est touchée, mais aussi quelques communes du Couserans (Orgibet, Ustou et Boussenac), du Séronais (Esplas, Castelnau-Durban) ou encore de Haute Ariège (Saurat, Orgeix, Perles-Castelet), sur lesquels certaines zones seulement sont impropres à la consommation.

Le pic de ces zones classées en «non potabilité» a été atteint lundi soir lorsque 45 communes étaient concernées, soit près de 18 000 habitants !

Pour Jean-Luc Bousquet, directeur du Syndicat mixte départemental de l’eau et de l’assainissement, le réseau d’eau potable est directement «victime d’un épisode météorologique exceptionnel»

«Nous avons immédiatement mobilisé l’ensemble de nos équipes opérationnelles pour distribuer de l’eau dans les communes concernées et intervenir dans le même sur les réseaux d’alimentation en eau potable», précise le responsable du SMDEA.  

Et d’énoncer les moyens mis en œuvre : «24 agents assurent la distribution de bouteilles, 90 000 depuis vendredi, 12 autres contrôlent et vérifient la qualité du réseau sur l’ensemble du département, tandis que les agents de travaux interviennent directement sur les points qui posent problème en procédant à la vidange des tuyaux, à leur nettoyage puis à leur désinfection»

On applique le principe de précaution
Comment expliquer cette soudaine turbidité de l’eau ? «Lorsque les sols sont saturés d’eau, ils n’absorbent plus une goutte et la boue contamine les ressources superficielles. La turbidité c’est le trouble de l’eau dans laquelle se mêle des matières en suspension, des particules de terre, de matières organiques voire des bactéries.

Dans ce mélange, le chlore est inopérant. Au-delà d’un certain seuil de turbidité, les normes de l’ARS imposent l’interdiction de la potabilité. Cela ne signifie pas que l’eau est réellement impropre à la consommation humaine, mais il y a une suspicion de risque et donc on applique le principe de précaution. C’est le protocole
», précise Jean-Luc Bousquet.

En cas d’alerte, le SMDEA engage les premiers contrôles et, en cas de turbidité avérée, prévient l’Agence régionale de Santé qui diligente prélèvements, analyses au microscope et études biologiques. «Ce n’est qu’après deux jours que l’ARS lève la restriction ou non»


Un retour à la normale espéré pour jeudi ou vendredi
Aujourd’hui, l’ensemble des habitants des communes impactées et les agents du SMDEA scrutent le ciel. Seule une véritable accalmie sur le front des précipitations peut accélérer un retour à la normale. Jean-Luc Bousquet l’espère au plus tôt pour la journée de jeudi, plus vraisemblablement de vendredi… «si on a de la chance», glisse-t-il.

Sa réserve porte sur l’enneigement encore important dans certains secteurs.

«Quand on voit les quantités de neige tombées de samedi à mardi, on sait que cela va se résorber tout doucement. La neige qui fond est la pire des flottes ! La pluie coule ; la neige, elle, infuse. Elle pénètre doucement dans les terrains, elle ne ruisselle pas, donc les sols saturent. La moindre averse par-dessus se retrouve directement dans les cours d’eau de surface et les points de captage»

En attendant, les interventions se poursuivent sur le réseau. Et 70 000 nouvelles bouteilles d’eau seront distribuées mercredi.

PB | 03/03/2015 - 20:14 | Lu: 19300 fois