ariege > culture > musique
Le Festival de Saint-Lizier accueille Richard Galliano!
16/08/2011 | 19:51
© MidiNews 2011

Décidément ce festival, le doyen du genre qui fête cette année son 40e anniversaire, n’a pas fini de nous étonner…

Cette année après un concert à Ordino (Andorre), à Bagnères de Luchon ou à Ax les Thermes qui ont permis de délocaliser la vénérable institution couserannaise et de bâtir une programmation de qualité en relation avec le Festival Pablo Casals de Prades, Piano aux Jacobins de Toulouse ou le concours Maria Canals de Barcelone, c’est un partenariat avec Jazz in Marciac qui nous permet ce soir d’écouter le grand Richard Galliano.

A l’âge de 14 ans, le jeune Galliano découvre le jazz au travers de Clifford Brown, et il ne le quittera plus.

En 1973, il monte à Paris où il séduit Claude Nougaro.

Pendant trois ans il assure la fonction d’arrangeur, chef d’orchestre et même de compositeur une expérience qui lui permet de côtoyer d’authentiques jazzmen et de participer, en outre, à de nombreuses séances d'enregistrement de variété (Barbara, Serge Reggiani, Charles Aznavour, Juliette Gréco, etc...) ou à des musiques de film.

Dès le début des années 1980, il multiplie les occasions de fréquenter des jazzmen de toutes obédiences et de pratiquer l'improvisation à leurs côtés: Chet Baker (sur un répertoire brésilien), Steve Potts, Jimmy Gourley, Toots Thielemans, le violoncelliste Jean-Charles Capon (avec qui il signe son premier disque), Ron Carter (avec qui il enregistre en duo en 1990).

D'une rare polyvalence, Richard Galliano possède ainsi les moyens de s'exprimer avec musicalité dans n'importe quel contexte, du solo (tel le «Paris Concert» au Châtelet, paru en 2009) jusqu'au big band (avec le Brussels Jazz Orchestra en 2008).

Désormais reconnu comme un soliste exceptionnel, il continue d'explorer un large éventail de musiques, sans se défaire de ce lyrisme qui irrigue son jeu lorsqu'il enregistre les ballades de «Love Day» avec Gonzalo Rubalcaba, Charlie Haden et Mino Cinelu, ni se départir de cette «French Touch» qui lui permet d'établir avec le trompettiste Wynton Marsalis le trait d'union qui relie Billie Holiday et Edith Piaf.

Richard Galliano est parvenu, avec une détermination sans pareille, à imposer l'idée que son instrument était digne de figurer aux côtés des saxophones et trompettes qui sont au coeur de la musique de jazz.

Inspiré par son admiration pour son ami Astor Piazzolla, inventeur du «Tango Nuevo», l'accordéoniste a réussi, en outre, avec son «new musette», à revitaliser une tradition bien française qui semblait ne jamais devoir connaître de renouveau.

Ce soir pour notre plus grand plaisir, Richard Galliano va improviser, un moment fort de ce festival qui a désormais trouvé sa maturité artistique.


Un 40e anniversaire la tête dans les étoiles

Depuis son arrivée à la tête de cette vénérable institution, David Lively, directeur artistique a souhaité mettre ce bel outil au service de jeunes musiciens, offrant à l’instar de Rudolf Serkin aux Etats Unis, la possibilité à de grands talents de pratiquer la musique de chambre avec les plus grands artistes.

Une aventure pédagogique concrétisée chaque année avec succès à travers les «master-classes», les concerts d’élèves et de professeurs ainsi que les académies libres installées dans des sites d’exception tels que le Palais des Evêques, le cloitre ou la cathédrale de Saint-Lizier.

Cette année, avec pour thématique «les étoiles russes», les organisateurs ont donné leur chance à de jeunes talents venus de l’Est, perpétuant la tradition de leurs glorieux ainés.

Les chœurs de Crimée viendront mettre un point final à cette 40e édition lors du concert de mercredi soir dans le cloitre de la cathédrale.

Cet ensemble vocal de grande qualité sera accompagné par Voces Intimae, un ensemble créé en 1999 par Christian Pariot bien connu des Ariégeois, lauréat de plusieurs concours internationaux.

On ne pouvait espérer mieux pour conclure ce festival en beauté.
actualites Ariege
publié le: 16/08/2011 | 19:51 | Lu: 5014 fois