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La compagnie Pipototal quitte l'Ariège
16/11/2011 | 19:53
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Ce n’est pas de gaieté de cœur que Philippe Geffroy, fondateur de la compagnie s’est résolu à rassembler dans deux camions le matériel de ses derniers spectacles.

Plus de six années de création dans deux semi-remorques. De quoi laisser dans le cœur un sentiment de déception et d’amertume. 



Car si les Ariégeois connaissent peu ou mal cette troupe originale (une des plus grosses compagnies de théâtre de rue de France avec plus d’une quarantaine d’artistes) dont l’activité est orientée principalement sur les arts de la rue, Pipototal possède aujourd’hui une véritable notoriété internationale.


Son catalogue de neuf allégories mécaniques, utilisées pour des expositions et des parades de rue, véritables escapades oniriques, entraînent le public toujours plus nombreux et conquis à la découverte d’un monde poético-mécanique.

Invités par Philippe Découfflé à participer au spectacle d’ouverture des JO d’hiver d’Albertville ou aux commémorations Jules Verne à Amiens, représentants la France lors du festival Franco-Ukrainien à Kiev, conviés par le centre culturel français en résidence d’artistes à Rabat à Maroc, au Portugal ou en Lituanie, les spectacles de déambulations de Pipototal ont également ouvert cet été le Festival de théâtre d’Avignon. 



Mais depuis toutes ces années et malgré ces pérégrinations aux quatre coins du monde, Philippe Geffroy avait derrière la tête un beau projet de reconversion en lieu de création et de pratique artistique pour l’ancienne friche industrielle qui accueillait depuis toutes ces années les créations de la compagnie.

«En nous installant dans cette filature désaffectée de l’Aiguillon, nous avions projet de réaliser un programme local d’atelier et d’interventions auprès des jeunes, une Silicon Valley des arts du Cirque à la campagne, à quelques kilomètres de Toulouse» explique le créateur de la troupe. 



Aujourd’hui Pipototal traverse une crise grave mais pas insurmontable: certes il y a le redressement judiciaire, la dernière création «Basculoscopie» a coûté trop cher: 300 000 euros avec un autofinancement à hauteur de 80% et le directeur financier n’a pas été suffisamment vigilant.

Mais la compagnie a déjà des commandes pour le printemps et l’été prochain. 


Ce qui affecte le plus Philippe Geffroy, c’est de voir son beau projet d’école des arts de la rue, disparaître d’un revers de manche.

Après avoir passé toutes ces années à monter dossiers sur dossiers, malgré l’aide du Conseil Régional et du Conseil Général, la communauté des communes du pays d’Olmes n’a pas pu prendre en charge le financement.

Face à une certaine indifférence («jamais la Scène Nationale n’a manifesté le souhait de nous rencontrer, ni le pays des Pyrénées cathares de nous garder»), Pipototal vient de passer quelques jours en résidence à la Grainerie de Toulouse, le temps de remonter Basculoscopie nouvelle version.

Quant à la filature de l’Aiguillon et aux beaux projets qui se sont envolés en Pays d’Olmes, Philippe Geffroy souhaite tourner la page: «Aujourd’hui nous déménageons, nous stockerons le matériel et si pour nos besoins de création nous avons besoin ponctuellement d’un endroit, on le louera.

Quand je suis arrivé en Ariège il y a 20 ans, je suis tombé sous le charme de cette région, je voulais vivre et travailler ici, ce n’est pas possible, on ira voir ailleurs
», un beau gâchis.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 16/11/2011 | 19:53 | Lu: 17841 fois