L’Estive, scène culturelle de Foix et de l’Ariège, nous avait promis une journée exceptionnelle sur la Préhistoire… parole tenue!
Tout d’abord du cinéma avec «La grotte des rêves perdus» le chef d’œuvre de Werner Herzog sur la grotte Chauvet.
Un saisissant voyage visuel qui nous entraîne à la rencontre de nos très lointains ancêtres, à la découverte de la naissance de l’art.
Ensuite une rencontre avec Jean Clottes, le préhistorien de renommée internationale, intarissable sur sa période de prédilection.
Outre la grotte ardéchoise de Chauvet qu’il connaît bien pour avoir étudié ses peintures, c’est avec passion qu’il a évoqué la vie des hommes des temps glaciaires et les motivations qu’il les a poussés à entrer dans les grottes pour y dessiner, se livrer à de mystérieuses cérémonies dont parois et sols portent parfois les traces.
Autant de questions auxquelles Jean Clottes a tenté de répondre dans son dernier opus aux éditions Folio Essais: «Pourquoi l’Art Préhistorique ?»
Selon Jean Clottes, Chauvet au même titre que Lascaux ou Altamira, est une des plus importantes grottes préhistoriques du monde, une des plus anciennes aussi, ses dessins ont 36 000 ans: «le contexte archéologique est important, on suit les rites des hommes qui ont fréquenté la grotte de Chauvet alors qu’à Niaux les peintures n’ont été découvertes qu’en 1906, tous les vestiges qui auraient pu être sur les sols par exemple ont disparu»
Enfin la soirée s’est achevée avec «Une source chaude», une création de Jean-Paul Raffit et de l’orchestre de chambre d’Hôtes (OCH).
Un projet ambitieux réunissant musiciens, préhistoriens et poètes pour une méditation sur les grottes, les origines de l’art et de la spiritualité humaine.
«Nous avons fait le choix de travailler en lien avec la préhistoire, nous avons utilisé les textes d’Henri Bégoën qui a découvert la grotte des Trois Frères ou le Tuc d’Audoubert mais également ceux de Jean Clottes dont je suis le travail avec passion et intérêt.
J’ai choisi des textes de la poétesse Andrée Chédid extraits de son livre «Lucy la femme verticale», cela donne une fresque musicale dans laquelle il y a des sensations, des impressions que l’on veut partager avec le public […]
Une sorte d’intimité autour de ces oeuvres magnifiques souvent incomprises et pourtant tellement impressionnantes»
Jean Paul Raffit avoue avoir pris le temps de ressentir les choses, pour lui c’est un rêve tout simplement qu’il souhaite faire partager.
Herzog, Clottes, Raffit, trio gagnant pour remonter le temps et évoquer de manière esthétique, scientifique et poétique la préhistoire.
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