Carlotta Ikéda accompagnée de l'écrivain Pascal Quignard et du musicien Alain Mahé
Carlotta Ikeda, figure tutélaire de la danse butô, rencontre Pascal Quignard autour de la Médée d’Euripide.
L’auteur écrit un texte face auquel la danseuse se mesure pour concevoir un solo, augmenté de leurs affinités communes: poésie, méditation, fragments, la parole et le silence, l’origine, la naissance, le sexe et la mort.
Danser l’amour, écrire la préméditation, incarner l’effroi, exprimer le caractère complexe et contradictoire de cette femme qui représente à la fois l’humanité à travers sa passion et l’inhumanité par ses actes Médéa traverse toutes ces variations, avec en son centre l’image du volcan, qui nous ramène à la première création de la chorégraphe(Mesu Kasan - Volcan féminin).
Pascal Quignard rédige un texte inédit - lu par l’auteur en personne.
Les points de rencontres sont nombreux entre les deux oeuvres, dansées et écrites, de Carlotta Ikeda et Pascal Quignard.
Les thèmes de l’écrivain sont la parole et le silence, l’origine, la naissance, le sexe et la mort.
Les thèmes fondateurs de l’oeuvre de Carlotta Ikeda sont également le sexe et la mort, le retour aux origines, l’effroi et la danse des ténèbres.
Ces deux immenses artistes proposent des approches très différentes des grands thèmes qu’ils abordent.
Loin de s’annuler, ces deux voix rassemblées peuvent s’éclairer, s’embraser.
Carlotta Ikeda
Même si le butô est la danse fondatrice de l’œuvre de la chorégraphe, Carlotta Ikeda née Sanaé Ikeda, choisit dès le début de sa carrière le prénom italien de la danseuse Carlotta Grisi pour exprimer l’opposition entre le butô et le Japon tel qu’il était à l’époque, et garde son nom pour exprimer le rapport entre l’art butô traditionnel et la danse contemporaine occidentale.
Danseuse chorégraphe, Carlotta Ikeda est la référence féminine incontournable du butô. C'est après avoir étudié la danse contemporaine avec des proches de Mary Wigman et Martha Graham à Tokyo qu’elle découvre le travail de Tatsumi Hijikata, inventeur du butô.
Cette nouvelle tradition chorégraphique, appelée également «danse des ténèbres», fait se côtoyer la vie et la mort, la présence et l'absence.
La danseuse choisit de pratiquer de toute son âme cette danse fantomatique.
«La vie est là pour que l’on puisse atteindre un état de pureté et de véracité, que l’on trouve dans le néant. Ne rien représenter, devenir néant, vous offre la possibilité d’être toutes choses.
La vie est un entraînement à la mort, chercher à n’être plus, apprendre comment se fondre dans le rien, tendre vers cette beauté fanée qui précède le néant.
Cette ligne constitue un des fondements essentiels de ma danse qui n’est ni une forme, ni une technique particulière, mais plutôt un effacement de soi.
Devant le corps, l’esprit s’efface aussi. Et l’être dépasse le soi»
Carlotta Ikeda
Pascal Quignard
Pascal Quignard est l’auteur d’une oeuvre magistrale qui mêle inlassablement la méditation, la poésie et le fragment.
Il a publié, à ce jour, une cinquantaine d’ouvrages et son livre Les ombres errantes (Grasset, 2002 - titre emprunté à François Couperin) - premier tome d’un vaste projet d’écriture intitulé Dernier royaume - a été couronné du prix Goncourt en 2002.
L’un des plus récents ouvrages parus de Pascal Quignard, Boutès, publié aux éditions Galilée, propose un traité sur la danse.
Le danseur serait la figure la plus légitime de l’acte créateur qui suppose à la fois mouvement, corps tendu vers un point précis, et abandon.
Alain Mahé
Musiques improvisées, électroacoustiques, électroniques.
Saxophoniste ténor et soprano, il étudie le jazz et les musiques improvisées à l’Institut of Art, Culture and Perception à Paris.
Il collabore régulièrement avec Jean-François Pauvros, Joseph Nadj, Carlotta Ikeda, Ko Murobushi,François Verret, Hervé Diasnas, les frères Forman.
Jeudi 26 janvier à 20h45 à l’Estive de Foix
Renseignements et réservations au 05.61.05.05.55 / www.lestive.com.
Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège
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