Rencontrer le compositeur, chanteur, et guitariste espagnol Vicente Pradal (venu à Pamiers pour reconnaître les lieux pour son nouveau spectacle «Viento del Pueblo»), c’est aussi croiser la route de Miguel Hernandez, né en 1910 et mort dans les geôles de Franco en 1942.
Ses portraits en noir et blanc nous parlent d’un jeune homme au regard franc. En 1931, Miguel Hernandez quitte son humble vie de paysan pour Madrid. Il y rencontre quelques génies de son temps: Lorca, Alberti, Neruda...
Puis la guerre civile éclate. En 1936, il prend les armes pour défendre la république espagnole. Arrêté, torturé, il est d’abord condamné à la peine de mort, qui se transforme en 30 ans d’enfermement.
Seul, en prison, il meurt de la tuberculose en 1942. Ses écrits eux, demeurent, et feront de lui un des plus grands poètes de sa génération, cher au cœur de tous les exilés espagnols.
«Il a défendu la liberté physiquement, pas seulement avec sa plume» insiste Vicente Pradal, touché par son histoire passionnante, tragique surtout.
Au delà de l’engagement, «c’est un artiste capable d’une grande profondeur et d’une grande singularité dans l’écriture»
Mal connu en France, «un des moteurs de notre travail est d’essayer de le faire connaître, parce qu’il n’a pas ici sa juste place»
Alors que nous enseignent-ils, ces artistes de la guerre civile espagnole, martyrisés par le régime de Franco? «Miguel Hernandez nous renseigne sur le rôle possible de l’artiste dans la société face à une situation extrême.
Je trouve sa démarche admirable, je ne dis pas que je suivrai ses pas, car qui peut dire ce que nous ferions dans une crise pareille? Mais nous saluons dans ce spectacle, l’intégrité, la cohérence et l’engagement, politique et idéologique d’un artiste qui va donner sa vie pour défendre des valeurs fondamentales»
Né à Toulouse d’un père andalou et d’une mère occitane, Vicente Pradal a toujours baigné dans cet ambiance de l’exil espagnol. «Je savais que j’avais ce rendez-vous avec son œuvre. Mais en travaillant je me suis rendu compte que c’était contre-productif de séparer l’œuvre de la vie de Miguel»
C’est pourquoi un personnage clé de son existence est sur scène. Il s’agit de sa femme, Josefina Manresa, «elle est couturière. Lui, fils de chevrier, se destine à l’écriture, contrairement à la volonté paternelle. C’est un autodidacte total»
Dans le spectacle, c’est elle qui nous raconte cet homme et par la même, «nous renseigne sur une page de l’histoire que nous ne voulons pas oublier»
Plus d’informations:
«Viento del Pueblo», Miguel Hernandez et Vicente Pradal, Oratorio mis en scène par Vicente Pradal et Coraly Zahonero.
Le 5 avril à 20h45 à la salle du jeu du Mail.
Renseignements et réservations au service culturel au 05 61 60 93 60
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