La ferme d'Icart investie par Stéphanie Andrès et son univers voué à l'art-chéologie sociale
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«Je souhaite que les visiteurs puissent suspendre le temps et réfléchir». A cette question du message particulier qu’elle souhaite faire passer au travers de son œuvre, Stéphanie Andrès évoque d’abord cette idée, «celle de prendre le temps»
Ça tombe bien. Car désormais les visiteurs auront plus d’un mois pour découvrir son travail puisque l’artiste-plasticienne a été choisie avec d’autres artistes pour donner vie au siège social du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises, à Montels.
Jusqu’au 17 septembre, elle a «carte blanche» pour investir les lieux: la grande salle de réunion et conférence en rez-de-chaussée, les coursives et couloirs, une salle du premier étage.
Basée en Couserans, à Saint-Girons plus exactement, issue du design textile «d’où mon amour pour le tissu» après les Arts Appliquées à Paris, Stéphanie Andrès est de cette catégorie d’artistes, passionnée et engagée, «à messages» qu’elle développe au fil de ses diverses installations ou performances en Land art et autres résidences d’artistes.
«J’adore aller à la rencontre du public, susciter l’interrogation, le faire réagir, finalement tout ceci est prétexte à un moment d’échanges»
Elle se définit elle-même comme une chercheuse en art-chéologie sociale, un art qu’elle pratique par l’assemblage et le détournement d'objets récupérés. Avec, poids de l’enfance «mon père portait une blouse bleue…» deux domaines de prédilection: la mémoire rurale et ouvrière.
L’art, comme un moyen de prendre le temps, de réfléchir
«Ici je présente un travail récent, surtout en rapport avec le monde rural comme nous sommes au siège du Parc. Sans nostalgie, ces œuvres sont un moyen de faire revivre et reparler le passé» commente-t-elle, «car -on y revient- moi je trouve qu’on va trop vite et qu’il faut savoir prendre le temps»
Alors, au travers de ces différentes installations de tentures et sculptures d’assemblage ce sont différentes séries de son énergie créatrice qui sont livrées là: des vaches, des boîtes, des cartes postales, etc.
Créations en trompe l’œil, à double sens, teintées d’humour, qui invitent le visiteur à s’interroger, suivant en cela l’inspiration de l’artiste, «sur la place qu’occupe le travail dans nos vies» et d’autres thèmes chers qui structurent son univers «l’environnement, le sens de la vie»
Une approche quasi-mystique sur le monde qui nous entoure qu’elle revendique au travers de son propre travail. Comme un message finalement projeté au travers de cette introspection, entre passé et présent, ici exposée, une tentative de réconciliation entre l'homme et la nature, «sa» nature.
Et chacun d’être pris dans les mailles de son filet jeté du plafond de la vaste salle «un 365 nœuds» issu du milieu agricole, étrangement comme autant de jours que comporte une année. «L’art est là pour ça, c’est un luxe que nous pouvons nous offrir pour prendre le temps et réfléchir. Ce devrait être un besoin essentiel comme dormir ou manger» s’enthousiasme l’artiste.
«Je trouve formidable de pouvoir être accueillie ici, dans ce lieu qui reçoit du public et sert aussi de passerelle avec le monde politique. Il n’y a pas assez de lieux ainsi à la croisée de ces mondes» commente Stéphanie Andrès au moment du vernissage en présence notamment d’André Rouch, le président du PNR des Pyrénées Ariégeoises.
«Pour moi c’était une attente de pouvoir faire quelque chose avec le Parc, j’ai de nombreux projets avec le parc notamment et j’espère qu’on trouvera les moyens de les faire»
Stéphanie Andrès est la troisième artiste accueillie au sein de la ferme d’Icart. Deux autres viendront en ces lieux exposer leurs travail et créations pour accompagner le visiteur jusqu’à la fin de l’année: Muriel Soldevila (du 15 octobre au 30 novembre 2013), puis Pierre Boillon (du 15 décembre au 31 janvier 2014).
Exposition à la ferme d’Icart à Montels
Stéphanie Andrès (du 8 août au 17 septembre 2013): tentures, sculptures, installations dans l’espace intérieur et extérieur.
Du lundi au vendredi – entrée libre.
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