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Pierre Jourda, au coeur d'une future maison des Arts à Saint-Lizier?

© midinews 2013

Bâtir une réplique de la Villa Médicis, prestigieuse institution artistique qui abrite l’académie de France mondialement connue sur les hauteurs de Rome, dans l’enceinte du Domaine du Palais, la résidence de tourisme située en plein cœur des remparts de Saint-Lizier. «C’est un rêve éveillé» concède Stéphane de Jurquet, le directeur du Domaine.

Avec lui, un certain nombre de personnes sont séduites par l’idée, évoquée sur une terrasse ensoleillée comme une discussion entre amis lors de ces longues soirées estivales.

Autour de la table notamment Marie Cantagrill, qu’on ne présente plus, ou encore Joseph Noulibos accompagnée de son amie Andrée Jourda. Un rêve éveillé pour cette dernière assurément, veuve de Pierre Jourda, artiste-peintre décédé en 2007.

«Mon mari est né à Montesquieu Volvestre. Après les Beaux-Arts à Paris et Toulouse il a été professeur d’arts plastiques, notamment à Foix durant quarante années. Il aimait ce pays, il avait choisi d’y vivre»

De longues années durant lesquelles l’artiste a modestement, humblement, peint. Jusqu’à 1.300 œuvres recensées aujourd’hui, propriété de sa veuve. Un trésor que cette dernière redécouvre autant qu’elle le fait découvrir de galeries en expositions recueillant les commentaires les plus prestigieux.

Tandis que la côte du peintre s’affirme, lui qui fût en recherche permanente, oscillant entre le figuratif, le néo cubisme, abstraction et figuration et même le symbolisme. «Une peinture marquée par un travail minutieux et rigoureux»

A l’image de ce moment de convivialité partagé, c’est une rencontre inopinée qui met en relation Stéphane de Jurquet et Andrée Jourda.

«Redonner une vie spirituelle et culturelle à ce lieu»
«Sur le plan hôtelier, notre chiffre d’affaires va avoisiner cette année les 200.000 euros. Depuis notre arrivée et sur cet exercice complet, nous avons fait la preuve de notre capacité à redresser la barre. Maintenant je souhaite contribuer à redonner vie à ce lieu, entre spiritualité et approche culturelle. Car nul autre endroit en Ariège a ce passé. Ici il y a une âme qu’il faut raviver»

Regrettant une approche souvent modeste du développement culturel et touristique, surtout ici en Ariège, alors qu’il y voit un levier économique «l’Art créateur de richesses» autant qu’un facteur d’attractivité, Stéphane de Jurquet pose les bases de cette vision: «il s’agirait d’accueillir en résidence de créations des artistes réputés ou en devenir qui pourraient donner lieu à des master-class, des académies et autres stages pour ensuite proposer à la fin d’un cursus des concerts, des expositions, des conférences»

Cours, ateliers, stages, perfectionnement, tous les domaines artistiques peuvent être envisagés dont les arts majeurs: peinture, sculpture, musique, arts plastiques. Un lieu d’excellence qui pourrait servir d’écrin à la peinture de Pierre Jourda; une maison des Arts du Couserans qui porterait son nom.

«Saint-Lizier jouit d’une forte notoriété patrimoniale et culturelle, en témoigne le nombre de festivals d’importance qui s’y déroulent, le récent concours de violon, comme le Palais des Arts qui vient d’ouvrir et donne satisfaction.

Il faut s’appuyer,
dit-il sous l’oreille attentive de Marie Cantagrill, sur les artistes moteurs de renom qui fréquentent déjà les lieux et sont favorables au projet comme également David Lively le directeur artistique du Festival de Saint-Lizier»

«Un long marathon qui ne fait que commencer»
Reste un problème juridique à régler. Le bâtiment pressenti, inachevé, le Princesse, appartient encore à Comminges Bâtiment censé y terminer la construction d’un petit hôtel de 14 chambres.

«Ce bâtiment n’est pas nécessaire pour le fonctionnement de l’ensemble qui a trouvé son rythme de croisière» estime Stéphane de Jurquet.

Reste à convaincre aussi les collectivités, le Conseil général en particulier, à qui le bâtiment en question pourrait revenir à l’issue d’une procédure judiciaire qui s’éternise.

«Nous sommes au début d’un marathon, admet le directeur, mais 2014 peut être une année décisive à partir de laquelle tout peut aller très vite»

Comme un ballon lancé en l’air, un doux rêve éveillé qui pourrait ne rester qu’une sympathique discussion de longues soirées estivales. A moins que d’autres ne saisissent l’idée au bond, car après tout ne dit-on pas que ce sont les rêves qui permettent d’avancer?

Sylvain Sastre | 14/08/2013 - 18:22 | Lu: 5712 fois