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Roquefixade: l'Ariège terre de création

En résidence d'artiste chez Un Kilo d’cirque, à Roquefixade, Sophie Salleron a imaginé et créé «Ernest, l’épouvantail éclectique au sourire panoramique»

Un conte humaniste sur la richesse des rencontres, l’apprentissage, la découverte et l’appel de la liberté.

En résidence d'artiste chez Un Kilo d’cirque, à Roquefixade
La résidence a eu lieu à Roquefixade du 27 janvier au 2 février avec spectacle pour la sortie de résidence; un spectacle unanimement salué par un public captivé. Une cinquantaine de personnes, «un public très familial a bien accueilli Ernest»


C'est pendant un festival en Dordogne au cours de l'été, que Sophie Salleron rencontre le groupe de musique Kérida. La conteuse cherche un endroit pour créer. Kérida lui parle du «fond de la coste» comme lieu de résidence.

La jeune femme contacte alors Claude et Suzy, de la compagnie un kilo d'cirque: «Ils nous ont accueillis avec beaucoup de gentillesse. Ce sont des artistes avec une profonde humanité et très engagés; ça a vraiment été une très belle rencontre. Le lieu est magnifique, la salle vraiment bien pour travailler» explique Sophie.
Ernest, l’épouvantail éclectique au sourire panoramiqueUne histoire humaniste, celle de Gédéon agriculteur. Il habite une petite maison en pierre de taille. Depuis qu'il est tout petit, il fabrique et coud chapeaux et bonnets, pulls et gilets avec ses doigts de fées.

«Voilà longtemps que j'avais envie d'écrire et de raconter un récit initiatique qui rassemble mes expériences vécues au cours de voyage, de rencontres, les thèmes qui me touchent: la sagesse, le voyage, l'apprentissage de la vie» nous a expliqué Sophie Salleron.

Ernest est un épouvantail qui s'humanise, découvre la vie avec ses peines et ses joies, fait ses apprentissages par le biais de rencontres: il découvre la peur au cours de sa rencontre avec le héron, l'amitié avec une libellule, la résignation avec un oiseau enfermé dans une cage, la beauté avec une fleur qu'il ne peut pas approcher, le sourire, la sagesse...

Toutes ces rencontres le font grandir. Pour l'aventure, Yves Marinot a accompagné en musique la conteuse. Guitariste, il a également joué d'un métalophone pour créer une atmosphère onirique, propice au spectacle.

«Destiné à un public 8 - 12 ans, Ernest l'épouvantail est donc plutôt jeune public, mais il y a plusieurs niveaux de lecture et c'est aussi destiné à un public adulte. A chaque âge, on attrape quelque chose de différent de l'histoire» souligne Sophie.

La conteuse aime les personnages en marge. Son précédent spectacle «Sur les ailes du vent» raconte les témoignages de vie de femmes tziganes, d'après des récits qu'elle a collectés.

Pour «Ernest, l’épouvantail éclectique au sourire panoramique», Sophie est allée à la rencontre d'agriculteurs.

«Je les ai écoutés me parler avec passion de leurs épouvantails. Cela m'a donné des idées. Un épouvantail est complexe, atypique: tous sont différents. Souvent, quand je regarde dans les champs ces épouvantails solitaires, je me demande ce à quoi ils peuvent bien rêver...»

Sophie aime mettre de la poésie dans ses histoires. Pour elle, «un épouvantail est une œuvre d'art, de l'art brut. Il y a quelque chose de très créatif dans la construction et dans l'assemblage d'un épouvantail»La conteuse aime la nature, l'AriègePour Sophie, «cette résidence en Ariège était vraiment le lieu pour la création d'Ernest. Un territoire parsemé de nature et d'eau pour une histoire d'épouvantail.... Ernest se trouvait bien au «fond de la coste»»

Sophie Salleron raconte des histoires depuis huit ans et souligne «je crois que je ne m'en lasserai jamais. On apprend toujours des choses en découvrant de nouvelles histoires, une certaine sagesse aussi»

Ce qui lui plait le plus, c'est de créer des récits, d'inventer des personnages, de leur donner une vie à eux et de leur inventer une histoire.

Sophie nous a confié qu'elle «aimerait bien raconter ce spectacle dans les campagnes, car je pense que c'est là qu'il a sa place. J'ai envie d'aller dans des petits lieux insolites ruraux. J'ai beaucoup aimé raconter au «fond de la coste» car c'était simple, familial, beau. Je crois qu'Ernest doit être raconté au cœur de la terre, pourquoi pas dans les fermes chez les agriculteurs, après tout, Gédéon qui a conçu Ernest est agriculteur»

Sophie reviendra créer ou conter en Ariège, elle y a de la famille, et ici, «la création est magique»; ses contes aussi.

Pour retrouver Sophie Salleron:

06.62.64.69.79
[email protected]
lamalleauxcontes.fr

NR | 04/02/2014 - 19:53 | Lu: 9594 fois