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L'Estive: spectacle de danse «Au temps où les arabes dansaient» de Radhouane El Meddeb, le 18 février

Hommage à l’âge d’or du cinéma arabe, quand les corps et les esprits étaient libérés

Face au constat désolant d’un monde arabe menacé par l’obscurantisme, Radhouane El Meddeb se rappelle d’un temps ou les mœurs étaient plus libres: l’âge d’or du cinéma égyptien, qui donnait la part belle à la danse. Jadis synonyme d’insouciance, le bassin en mouvement est peu à peu devenu l’épicentre d’un présent cruel, terne et frappé de stupeur.

«Les Arabes ont longtemps vécu sur des rythmes magiques, ceux des films des années 40, 50 60 et 70… avec leur magie, leurs décors de carton-pâte et leur atmosphère toute faite de faux et de clinquant. Les acteurs chantaient sans cesse, dansaient, s’aimaient sur les grands écrans des nombreux cinémas, puis dans le cadre des télévisions des salons familiaux.

On y savourait une liberté et une modernité toutes deux bien éloignées de la
«vraie vie» qui constituait comme une référence pour l’enfant que j’étais... C’était le temps des grands musiciens comme Om Kalthoum, Muhammad Abdelwahab, Farid El Attrache, Abd al-Halîm et Ismahan en Egypte... Mais aussi Fairouz au Liban... Ali Riahi et Oulaya et Saliha en Tunisie...

De grandes danseuses aussi telles Tahiya Kariouka, Samia Gamel ou Zina.

Sans condamnation, sans prohibition, nous contemplions le monde brillant, laqué et fardé de ces demi-dieux de la comédie, nous suivions leurs drames et leurs émotions, nous fredonnions les chants qu’ils entonnaient. La danse du ventre survenait, elle prenait sa place, en acmé du film ou du spectacle, comme en son centre. Le ventre et son nombril étaient le lieu où convergeaient nos regards fascinés.

Dans ce spectacle, je veux mettre en scène la nostalgie de ces airs qui m’ont bercé.

Une forme festive, généreuse, ouverte, libérée de toutes contraintes, donnant à voir un peuple qui a toujours aimé la vie… la liberté.

Aujourd’hui que la nostalgie elle-même semble lointaine, alors que nous repensons à cet âge d’or, à ces années de gloire et de fausses blondeurs, la danse
(des) arabe(s) apparait comme l’épicentre de secousses à venir, le nombril semble vibrer et vriller, au bord du précipice, flirtant avec le chaos.

La violence de notre monde a pénétré le carton-pâte des décors, elle le renverse pour en signifier la fin, la fin d’un temps qui n’était qu’illusion, une illusion douce, sucrée, ronde
…» Radhouane El Meddeb

Mardi 18 février à 20h45 à l’Estive de Foix

Plus d'informations et réservations:

05.61.05.05.55
www.lestive.com

Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège

04/02/2014 - 19:52 | Lu: 5019 fois