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L'Estive: café littéraire «La baguette et la fourchette» de Yu Zhou le 13 février

«Si la Chine m’a donné un esprit, c’est la France qui m’a ouvert les yeux sur le monde et sur mon propre pays»

L’auteur Yu Zhou, professeur de mandarin et de civilisation chinoise à Paris approche dans cet ouvrage quelques différences culturelles entre la France et la Chine à travers l’art culinaire. On y apprend que la gastronomie chinoise a une histoire d’au moins 3000 ans, que la culture chinoise est une culture de la table alors que l’occidentale est une culture de la chair. Au fil des pages l’auteur aborde avec humour et poésie la subtilité de nos gastronomies.

Un jour qu’il préparait pour un ami français une tasse de «Puits du dragon» - un thé extrêmement délicat et précieux - , Yu Zhou lui raconte comment les Chinois, devenus récemment consommateurs de grands crus, ajoutent du soda dans leur verre pour supporter le goût d’un bordeaux ou d’un bourgogne. Son ami s’offusque et lui réclame du lait et du sucre pour son thé… une association parfaitement aberrante pour un Chinois.

Fin gourmet arrivé en France pour ses études, Yu Zhou est séduit par la gastronomie française et comprend très vite que l’art de la table est le meilleur lien entre les civilisations.

Depuis, il explique la Chine aux Français à travers l’aventure culinaire: pourquoi ce qui est jugé «fade» ici a-t-il une si délicieuse saveur là-bas? Pourquoi les raviolis sont-ils par nature meilleurs que les sandwiches? Qu’y a-t-il dans une «soupe de perles, d’émeraude et de jade blanc?»

Parabole de la tasse de thé, ou comment vaincre ses préjugés, extrait de La baguette et la fourchette:

«Un homme rend visite à un grand maître pour apprendre le bouddhisme. Le maître lui demande de verser de l’eau dans une tasse pleine qu’on venait de lui servir. Très confus, l’homme obéit tout de même. L’eau déborde bien sûr de la tasse, et le maître lui dit:

«Regardez-bien. Si vous êtes venu avec une tête pleine comme cette tasse, comment pourrais-je vous enseigner le bouddhisme?» Il n’est pas question pour le maître de «vider» son cerveau, mais pour l’élève de combattre les préjugés et de les vaincre lui-même. Même si on réussit à se débarrasser de tous ses préjugés comme on vide une tasse de thé, la tasse elle-même reste toujours un préjugé, car c’est elle qui donne la forme à l’eau contenue.

Seuls les grands philosophes et les fous font peut-être exception. C’est sans doute pour cette raison que l’expression «être fou» se dit en chinois «L’eau s’infiltre dans ton cerveau»: la tasse est endommagée. Il ne faut donc pas s’inquiéter si on a des petits préjugés comme le refus du tofu ou qu’on préfère certains fromages. Cela montre que notre tasse est entière»

Jeudi 13 février à 19 heures à l’Estive de Foix, au bar - Entrée libre

Plus d'informations:

«La baguette et la fourchette: les tribulations d'un gastronome chinois en France» - Ed. Fayard

Renseignements au 05.61.05.05.55 ou sur www.lestive.com

Source: Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège

05/02/2014 - 18:41 | Lu: 5256 fois