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L'Estive: «Conteur» de et avec Yannick Jaulin le 7 octobre 2014

Crédit photo: T. Pasquet

«Je suis un village. Il naît de mon éclatement. Il m’a fallu longtemps pour comprendre que les figures invoquées dans mes histoires, ces témoignages que je pensais les plus fidèles possibles, n’étaient qu’une façon discrète de parler de moi en me cachant derrière des masques pittoresques.

Tout ce que j’aime dans les contes c’est cela. La possibilité de m’émietter dans des archétypes, des héros ou des demeurés, la possibilité de me voir en morceaux et de me rassembler par la quête. J’ai en besace des histoires collectées pendant toutes ces années. Elles éclairent mon état. Elles sont ma boîte à outils. Je les extirpe, les chauffe, les soude, les lâche, les malmène. Comme si j’avais le pouvoir de les domestiquer… et de redonner un vernis à ce mot abimé de «conteur».

Au fil des ans, j’avais perdu ce souci de l’éphémère, du goût des heures et du jour, du public reconnu et singulier de la place, de ces possibilités infinies de raconter en faisant résonner le réel, l’actualité du monde avec des paroles mythologiques, à la fois au-dessus des terres et dans les caves du monde. J’y reviens avec jubilation. […]

C’est pas faute d’avoir essayé de changer de nom. Diseur, raconteur, humoriste, poète, comédien ! J’ai tout essayé avant de me résoudre, la «sagesse»  venant, à reprendre mon nom de naissance: Conteur
»  Yannick Jaulin
 
Yannick Jaulin tient à rappeler qu’il pratique un des deux plus vieux métiers du monde, avec les péripatéticiennes. Après presque trente années d’exercice, à 55 ans, il a ressenti le besoin de gamberger sur sa profession. De faire un retour aux sources, comme on dit.

Conteur, n’est- ce pas un métier d’avenir? «Un chemin de lumière dans le chaos du monde ?» Comment raconter à l’ère des écrans? Yannick Jaulin s’interroge tout en déployant un arsenal d’histoires.

Certaines sentent le Pougne-Hérisson, village des Deux-Sèvres qu’il a découvert en 1986 et où il a ensuite insufflé le festival Le Nombril du monde, jardin d’histoires. D’autres ont émaillé ses précédents spectacles, J’ai pas fermé l’œil de la nuit (2000), Menteur (2003), Terrien (2007), Dodo (2010). Depuis Dodo, il est revenu à une forme en apparence plus traditionnelle, une mise en scène épurée où seule la parole fait le spectacle.

Yannick Jaulin est originaire de Vendée. Il est marqué dès l'enfance par la pratique du parlanjhe, dit aussi poitevin-saintongeais, langue romane d'oïl. Fils d'agriculteurs, rural dans l'âme, le poitevin est sa langue maternelle. Il en fait une de ses principales sources d'inspiration.

Ce conteur croise fées et menteurs, cherchant les caractères qui, depuis que l'homme est l'homme, traversent et agitent le monde. Yannick Jaulin transforme ces petites mécaniques humaines en histoires à la fois ancrées dans leurs temps et universelles. Sa poésie personnelle, zébrée d'humour, empreinte de mots d'hier et d'aujourd'hui, en fait un artiste décalé de la scène française, résistant aux classifications.
 
Mardi 7 octobre à 20h45 à l’Estive de Foix
Regardez la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=u79fvcIhRJg
 
Renseignements et réservations au 05.61.05.05.55/[email protected]/www.lestive.com

Source: l'Estive

01/10/2014 - 19:53 | Lu: 8406 fois