Spectacle à l'Estive de Foix: «Conteur? Conteur» nous a raconté des histoires

Michel Pintenet, directeur de l’Estive, scène nationale de l’Ariège, pouvait être satisfait hier soir après le spectacle de Yannick Jaulin.
Le public était venu nombreux et les commentaires enthousiastes à l’issue de cette première représentation de la nouvelle saison dans les locaux du théâtre.
Le personnage s’approprie à chaque représentation le quotidien des villes qu’il traverse et adapte son texte au lieu, à la ville ou au département qui l’accueillent. Ainsi, hier soir, il a été évoqué le nombre de femmes au Conseil Général ariégeois, ou encore, les différences (ou différents) entre Foix et Saint-Girons sans oublier les contes et légendes des grottes ariégeoises.
Il s’est également étonné de la situation du théâtre, entre un cimetière et une prison…
Accompagné d’une chaise, Yannick Jaulin a ouvert sa boite d’histoires pour le bonheur des plus grands. En effet ce conteur peu ordinaire ne s’adressait pas véritablement aux enfants.
Dans ses récits, les touts petits ont fini dans des chaudrons ou dévorés par des ogresses. Il utilise des contes traditionnels, qu’il ne finit pas, les jugeant sans intérêt, contenant des horreurs racontées aux enfants pour passer à un discours politico-social.
Troubadour du 21e siècle
À travers le conte, on fait toujours passer un message, tant pour les enfants que pour les adultes. Le conteur est devenu une forme de troubadour contemporain.
S’exprimant avec des intonations vendéennes et un patois de sa contrée d’origine, il nous a rappelé un grand conteur de chez nous, grand par son talent et par sa taille…
Il n’y avait pas que des princesses ou des princes à la recherche d’orange. Jaulin nous a fait revivre un match de boxe. Celui où le 30 octobre 1974, Mohamed Ali (Cassius Clay) est entré dans la légende à Kinshasa lors du plus grand combat de boxe anglaise de l’histoire. Il affrontait George Foreman, boxeur noir, mais «boxeur des blancs».
Cette légende, qui n’en est pas vraiment une, est devenue en quelques minutes une histoire racontant l’Histoire. Le public vibrait comme a pu le faire celui qui a vécu l’événement de 1974. Une prestation remarquablement vivante et prenante où chacun retenait son souffle.
D’un stade emplit de dizaines de milliers de personnes, l’artiste bondit dans le public pour ne s’adresser qu’à une seule personne et lui susurrant à l’oreille des chuchotements hermaphrodites et en lui racontant les tribulations de l’accouplement du «Louma», le petit-gris en patois de Vendée.
Il a refermé sa besace à histoires en remerciant le public, non pas de l’avoir écouté, mais de l’avoir entendu.

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