L'Estive: «Les poilus» d'après Joseph Delteilh le 13 novembre à Foix

Iconoclaste et provocateur: regard de Joseph Delteil sur la guerre de 14/18.
Avant la Guerre, ils étaient deux amis, habitants d’un même village. Ils sont partis ensemble, mobilisés de la première heure. L’un, poète, optimiste, innocent, sensible à la bonne chère ; l’autre, réaliste, pessimiste, cynique, sensible à la belle chair. De la déclaration de la guerre à l'armistice, ces deux hommes s’affrontent, jouent, débattent, se moquent, s’amusent, revivent au plus près les évènements qu’ils racontent. Leur mémoire est vive, fragile, instable. Se retrouvant sur les ruines encore fumantes du passé, ils se souviennent…
La Compagnie du Théâtre de l'Hyménée propose une adaptation inédite sur les planches de l'épopée de Joseph Delteil Les Poilus, publiée en 1926. La troupe rend hommage à l'auteur et à son oeuvre en mettant en scène, à travers le dialogue entre deux hommes, l'éloge de Joseph Delteil aux Poilus. Une vie empreinte d’occitan et de surréalisme.
Les deux acteurs, mis en scène par Antoine Chapelot, se renvoient le texte l’un à l’autre, parfois dans une intense proximité physique, parfois de façon plus distante. Ils sont avant tout des hommes. Ils tentent de nous montrer comment le soldat vit de l’intérieur le bouleversement extérieur qu’est la guerre. Une question les guide : comment retrouver sa vie d’avant, après 4 ans de conflit ? Les scènes se chevauchent, dans un rythme soutenu. Les personnages nous dévoilent leurs manques : la femme pour l’un, la faim pour l’autre. Ils jouent, débattent, se moquent, s’amusent, revivent au plus près l’horreur qu’ils ont vécue et sont repris par le présent des évènements qu’ils racontent.
«Il y a quelqu’un qui est en dehors et au-dessus de la guerre, c’est le Poilu. J’ai la tête épique. Je chante le Poilu. Je chante l’Homme» Joseph Delteil
Huit ans après l'armistice, c’est un récit déconcertant et inclassable à l'image de son auteur qui cherche à restituer la Grande Guerre dans toute sa diversité et sa densité. Il met en valeur la figure du Poilu dans toute son humanité et nous surprend aussi par sa décontraction et son humour.
Né en 1894 à Villar-en-Val d’un père bûcheron et d’une mère qui ne sait pas lire, Joseph Delteil passe son enfance dans l’Aude. Il poursuit de brillantes études à Carcassonne, sa famille rêvant qu’il intègre le Séminaire. Rien ne le prédestine alors à une réussite littéraire. En 1914, il est mobilisé et affecté au 4e colonial de Toulon. Son régiment fusionne bientôt avec celui des tirailleurs sénégalais stationné dans le Var, à Saint-Raphaël, où il restera pendant pratiquement toute la durée de la guerre.
Les Poilus est un ouvrage dans lequel il montre de manière provocante en quoi le Poilu, en tant qu’Homme, demeure en temps de guerre avec sa faim, son amour de la terre, le manque de sa femme. Joseph Delteil ne sera jamais envoyé sur le front mais mais affecté dans une garnison à Fréjus où il est chargé de la logistique pour les soldats qui se préparent à partir. Ce sont ses liens d’amitiés avec ceux qui combattent dans les tranchées qui lui permettent de vivre la Grande Guerre à distance et d’écrire Les Poilus.
Le 20 mars 1926, Joseph Delteil répond à la question «Pourquoi j’ai écrit les Poilus?» en ces termes: «Mon Dieu, parce qu’on ne les a pas encore écrits !».
«Les poilus»
D’après Joseph Delteilh - Théâtre de l’Hyménée
Jeudi 13 novembre à 20h45 à l’Estive de Foix
Tarif à 7 euros pour les moins de 13 ans
Renseignements et réservations au 05.61.05.05.55/[email protected]/www.lestive.com
Source: l'Estive
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