«Les Mains de Camille», ou la vie de Claudel revisitée par la Compagnie Les Anges au Plafond
Crédit photo: V. Muteau
«Pourquoi ? Pourquoi ?» Ainsi commence l’invariable plainte de Camille Claudel, qui s’interroge sur les raisons qui ont poussé à son internement dans l’asile de Montdevergues, où elle restera, isolée du monde, durant trente ans…
Passant alternativement de la période de son enfermement à celle de la liberté, le spectacle créé par la Compagnie Les Anges au Plafond nous propose de revenir sur les principales étapes de sa vie: son enfance à Villeneuve et ses premières créations artistiques, le départ avec toute sa famille à Paris, sa rencontre avec Rodin d’où naîtra un amour passionnel qui se révélera destructeur pour Camille…
Dans un décor travaillé au millimètre près, quatre jeunes femmes évoluent sur scène et redonnent vie à la célèbre artiste et ceux qui l’ont entourée à travers des marionnettes étrangement vivantes.
Manipulées par la comédienne Camille Trouvé qui, grâce à sa formidable énergie, leur insuffle la vie, les poupées de plâtre et de chiffons dégagent une présence inattendue. Comme pétries de la propre main de Camille Claudel, elles suscitent chez le spectateur aussi bien l’émotion que l’admiration.
Durant tout le spectacle, le public se laisse porter par l’enchaînement de tableaux toujours très esthétiques et ponctués par les déplacements d’un grand voile blanc, le jeu d’actrice de la marionnettiste et de Marie Girardin, la musique de la violoncelliste Martina Rodriguez et la voix d’Awena Burguess.
Plus qu’une simple réinterprétation de la vie de Camille, la Compagnie pose, sous-jacente, la question de la censure contemporaine : qu’est-ce qui aujourd’hui fait scandale ? La censure se manifeste-t-elle de façon visible ou invisible ?
Cette thématique est fondamentale dans «Les mains de Camille, ou le temps de l’oubli», premier volet du diptyque autour de la censure.
Le spectacle, proposé à la fois par l’Estive, Scène nationale de Foix et de l’Ariège et l’Association Arlésie, se déroulait les 28 et 29 novembre au Carla-Bayle, où une étonnante appropriation du gymnase s’était opérée pour l’occasion.
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