Pro Musica: 20 ans de passion et de générosité partagées avec les Ariégeois
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1994-2014… près de 400 concerts et 20 ans plus tard, l’association appaméenne Pro Musica nous invite que l’on soit puriste, passionnés, mélomanes ou simples curieux à partager cette passion pour la musique et ses artistes.
Preuve que le temps passe et que l’amour pour la musique de chambre est toujours là.
Le week-end dernier Pro Musica nous a offert un feu d’artifice pour fêter dignement cet anniversaire. Samedi, Arnaud Caumeil (diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon), un des membres fondateurs de l’association aujourd’hui directeur du Conservatoire de Limonest (69), est venu sur la scène du Jeu du Mail avec l’Orchestre Symphonique (JOS) de son Conservatoire qui réunit soixante jeunes musiciens dont la moyenne d’âge est 14 ans.
Une formation qu’il a créée il y a quatre ans, qui se produit en Rhône Alpes, mais qui est régulièrement invitée aux États-Unis (Michigan) par le Flint Youth Symphony Orchestra, le Fenton Jazz Orchestra et le Goodrich Wind Band.
Le niveau remarquable de l’orchestre résulte d’une pratique collective assidue, exigeante et ambitieuse, où chacun s’épanouit en donnant le meilleur de lui-même dans l’interprétation des grandes pages du répertoire. L’énergie qui émane de cet orchestre de jeunes, leur engagement passionné si éclatant, séduit le public et suscite l’admiration.
Le programme est à l’image de cette jeunesse: fougueux et flamboyant. Il a su conquérir le public ariégeois.
Le lendemain, c’est à la tête d’une formation plus réduite, l’ensemble Sforzando, qu’Arnaud Caumeil nous a invités au voyage dans le temps, de la renaissance aux comédies musicales américaines en passant par l’opéra italien ou la polka… entre deux répétitions, Arnaud s’est confié, c’est avec le même plaisir qu’il revient devant son premier public à Pamiers.
Une proposition expérimentée il y a 20 ans par 3 jeunes musiciens
«Il y a 20 ans, en sortant du conservatoire régional de Toulouse, avec deux amis musiciens, Joël Martinez (originaire de Pamiers, pianiste de formation) et Daniel Lassale (natif de Lavelanet, tromboniste) nous avons décidé d’expérimenter la musique de chambre.
À près tout dans une ville de 15 000 habitants, il pouvait y avoir un public.
Du haut de nos 20 ans, nous avons trouvé intéressant de faire cette proposition artistique mensuelle permettant aux Appaméens et de manière plus large aux Ariégeois de se retrouver le temps d’un concert pour découvrir ou redécouvrir le répertoire de musique de chambre.
Au fil des concerts, un certain nombre de personnes sont venues nous voir spontanément à la fin du concert pour échanger nous disant que c’était formidable ce que l’on faisait là, qu’il fallait faire vivre tout cela.
Aussi de fil en aiguille j’ai proposé à ces personnes qu’elles soient les propres acteurs de leur concert, qu’elles prennent en main l’organisation, la production et la programmation».
Le public organise ses propres concerts
Avec le recul Arnaud pense que la démarche était plus qu’originale, d’autant qu’il y avait déjà à l’époque beaucoup de propositions culturelles à Toulouse, organisées par des professionnels pour un public amateur.
«Ici c’était un public amateur qui invitait des professionnels.
Mais notre autre ambition était de favoriser l’ouverture de la musique classique à la jeunesse de façon différente, d’abord en invitant de jeunes artistes (des musiciens entre 18 et 25 ans qui commençaient leur carrière professionnelle), mais aussi de favoriser la gratuité au jeune public (la gratuité des mineurs de moins de 18 ans existe toujours 20 ans après)».
L’association Pro Musica s’est constituée dans cette dynamique autour de 4 ou 5 personnes passionnées.
Au bout de la troisième année, la commune de Pamiers a mis à disposition la salle Aglaé Moyne, «une des plus belles acoustiques de France» reconnait Arnaud en tant que musicien professionnel.
Peu à peu outre la programmation des concerts en saison, l’association a organisé un festival l’été permettant d’accueillir les artistes à résidence: «nous avions nécessairement plus de temps que pendant la saison. Et puis j’ai toujours aimé cette prise de risque: car réunir des musiciens qui ne se connaissent pas ou très peu pendant 15 jours autour de 4 ou 5 propositions musicales, c’est un vrai challenge.
Au final ils ont toujours pris plaisir à partager cette musique ensemble et ça s’est toujours bien passé».
La troisième étape logique consistait à délocaliser les concerts estivaux partout dans les petits villages ariégeois pour apporter la musique dans les coins les plus reculés.
«J’ai discuté samedi avec Jean-Paul Eychenne, l’ancien maire de Ludiès que j’ai eu plaisir à revoir, explique Arnaud. Il me rappelait qu’à l’époque Ludiès c’était 50 habitants et le jour où il accueillait Pro Musica, il y avait plus de musiciens que d’habitants !»
Pour que la musique classique soit accessible à tous
C’est à partir de ce principe porté par les fondateurs et dont s’est inspiré pendant 20 ans l’association qui lui a permis d’enraciner la musique de chambre en Ariège.
«On n’a pas besoin d’être érudit ou particulièrement connaisseur des compositeurs pour être touché par cette musique-là», développe Arnaud qui privilégie aussi le contact direct avec le public.
«Ici le public n’est pas là pour se montrer, il n’est pas snob et ne fait pas étalage de sa culture éventuelle. C’est un public qui aime le contact avec les musiciens et de ce point de vue la salle Aglaé Moyne est fantastique, car les spectateurs sont près de nous, respirent avec nous, il y a de vrais liens qui se créent».
Des liens qui se créent également quand les musiciens sont reçus chez l’habitant. C’est aussi une spécificité de Pro Musica: «c’est une chance, car entre les adhérents de l’association et les musiciens se tissent des liens particuliers, nous partageons des moments heureux ensemble».
Préparer les générations futures
Arnaud n’aurait jamais imaginé 20 ans après sa création retrouver Pro Musica: «c’est un travail considérable réalisé par tous ces bénévoles… 400 concerts et autant de musiciens reçus…
C’est extraordinaire d’avoir inscrit cette action dans la continuité. L’enjeu pour les 20 ans à venir c’est de former la jeunesse, c’est un enjeu de société auquel je suis confronté au quotidien en tant que professionnel dans mes missions de pédagogie et de formation, mais cela a du sens, car sans le public, les musiciens ne sont rien.
Nous sommes toujours nombreux à regretter que el s jeunes désertent les salles de concert. J’en veux encore pour preuve samedi au Jeu du Mail où j’ai eu plaisir à venir avec cet orchestre symphonique de jeunes. Nous avons donné un très beau concert, il y avait du monde, mais mon seul regret c’est qu’il y ait peu d’enfants.
À tel point que les jeunes concertistes m’ont demandé s’il y avait une école de musique à Pamiers. Tous ceux qui ont un lien de près ou de loin avec la culture doivent avoir en tête cette préoccupation d’ouvrir le concert aux enfants : un enfant de 8 ans est touché devant un orchestre symphonique, cela peut créer chez lui des vocations pour apprendre à faire de la musique ou apprendre tout simplement à devenir spectateur, car c’est là aussi que l’on forge son expérience…
Finalement si Pro Musica doit porter un projet dans les années à venir c’est peut-être de préparer les générations futures».
Après les concerts des 20 ans de Pro Musica, la saison continue dès les mois prochains:
Dimanche 11 janvier à 16 h: Quatuor HorNormes (Haydn, Rossini, Weber, Beethoven, Schumann, Wagner, Ravel…)
Samedi 28 février à 16 h 30: Aria Lacrimae Consort, un trio baroque spécialisé dsn les instruments d’amour, tout un programme !
Samedi 21 mars à 16 h 30: Diane Cross au piano (Debussy, Ravel)
Samedi 25 avril à 17 h: Franz Liszt ou le rêve d’amour avec Nicolas Celero au piano et Daniel Mesguich qui évoquera la vie et al personnalité de Liszt
Renseignements/réservations
Service Culturel
05 61 60 93 60
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