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Saverdun: André Eychenne, quand la création artistique n'a pas de limites

© midinews 2015

Issu d’une vieille famille de Saverdun, André Eychenne est une figure bien connue de la commune ariégeoise.

Un regard pétillant, un enthousiasme débordant et une aisance naturelle à communiquer avec les gens, telle sont les caractéristiques de cet homme au parcours atypique.
L’homme de tous les projets
Son désir de changement l’a amené à multiplier les expériences professionnelles: tour à tour infirmier, directeur de développement à Marseille, chef de produit à Dijon puis à Marmande, cavalier de discipline espagnole, il enchaîne les métiers et fait parler sa créativité et son savoir-faire en mettant au point des objets qui font aujourd’hui partie de notre quotidien.

Il crée par exemple le modèle de la pince à journal, les étagères en tissu suspendues pour lesquelles il recevra l’Oscar International du meuble à Lyon en 1987. Il est également le concepteur des « bougies perles », d’un appareil de gymnastique respiratoire ainsi que du fameux nettoyeur «Vaporetto»...

Depuis plus de quarante ans, il s’intéresse à l’art, qu’il pratique en autodidacte. Il expose régulièrement ses tableaux réalisés avec des fils de fer, ou ses photographies, portraits d’Ariégeois effectués dans les marchés de Montbrun-Bocage, Saint-Girons ou Mirepoix, et qui ont donné lieu à la publication du livre «Portraiture en Ariège».

Des photographies que le public a pu découvrir lors d’expositions des plus originales: loin de se contenter d’accrocher ses œuvres sur un mur, il ajoute sa touche personnelle en installant par exemple un arbre grandeur nature décoré de barbes à papa, ou en plaçant dans la salle de grands vases remplis de chamallows faits maison.

Pour ses portraits ariégeois, il a notamment associé aux photographies des caricatures faites en pâte à pizza que les visiteurs pouvaient déguster avec un bon aïoli!
Épalants et Delerium Platanium
Fourmillant de nouvelles idées, André Eychenne s’est lancé dans une nouvelle série de créations, que certains ont déjà pu découvrir dernièrement à l’Office de tourisme de Saverdun.

Cette fois-ci, le point de départ du travail artistique est un arbre : le platane. Ramassant des branches mortes de-ci de-là, il parvient à leur donner une nouvelle vie, sous forme de figurines étonnamment expressives, les «épalants», ou de structures bois colorées qui, assemblées les unes aux autres, s’imbriquent tout naturellement pour former un ensemble très esthétique, en intérieur comme en extérieur.

Une installation plastique d’envergure permettra de présenter ces structures à Saverdun lors des «Escapades culturelles» prévues en juin.

D’ores et déjà, André Eychenne a conquis nombre de visiteurs, à l’image de Colette Daoust, dont les figurines en platane ont inspiré ces mots:

Mule, avec son œil de guingois,
dormait le jour.
Toute cyanosée, la danseuse à l’étage
en dessous, ne cessait de tourbouillonner.
Témoin apathique, son voisin résigné
gardait les yeux au sol, tandis que,
de la terrasse, montaient
les trémolos d’un ample ténor
à casquette.
Ils étaient nombreux les locataires
de ces gîtes dans la ramure, mais
ils ne se connaissaient pas.
Jusqu’au jour où un observateur attentif
les invita chez lui, les toilettant un peu,
puis leur proposa de venir vous rencontrer
dans leur posture naturelle.

De leurs arbres descendus,
voici les épalants.

CD | 12/02/2015 - 18:53 | Lu: 10375 fois