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«Un amour de Franz K», le dernier roman de Dourvac'h

© midinews 2015

C’est sous son nom de plume, Dourvac’h, que le Dt Jean Philippe Brette cultive depuis plusieurs années sa passion pour l’écriture.

Il faut remonter à sa jeunesse pour en trouver les premiers symptômes. Dans les années 80 au moment du service militaire il choisit en tant qu’étudiant de faire son service en coopération en Algérie pendant un an et demi.

Mais la vie de caserne lui laisse du temps pour rêver et pour écrire son premier recueil de témoignages où il raconte la vie des soignants dans les dispensaires, des accoucheuses de ces régions éloignées de Kabylie.

«J’ai des souvenirs très précis de ces années-là et des gens exceptionnels que j’ai pu rencontrer avant la décennie noire, le GIA ou AQMI… on a du mal à penser que c’est dans la région montagneuse de Kabylie, à l’est d’Alger que l’otage français Hervé Gourdel a été enlevé et décapité, une région qui est restée, ces dernières années, une des dernières poches du terrorisme en Algérie».

Avec ce premier recueil scandé de photos et de dessins de l’auteur, Dourvac’h se lance dans l’écriture, ses souvenirs de l’Algérie heureuse.

Resté en contact avec quelques-uns des praticiens rencontrés au moment de son service militaire c’est en tant que médecin qui réalise un travail universitaire sur la botanique qu’il revient au printemps 1992 en Algérie.

Il y rencontre des tradi-praticiennes qui l’aident dans son enquête ethnobotanique.

Ce recensement de végétaux de la pharmacognosie, ou étude scientifique des phytomédicaments fait l’objet d’une étude sur plus de 150 espèces végétales en zone méditerranéenne qu’il fait paraitre en 2005 (sous le nom du Dt Jean Philippe Brette et sous le pseudo Mohand Aït Youssef afin de ménager la susceptibilité de ses hôtes.

«C’est une enquête sur les plantes médicinales qui a demandé des années de travail, une véritable bible illustrée avec une partie de témoignages, les noms vernaculaires en arabe, en berbère, la description des plantes et de leur habitat et tous les usages traditionnels que l’on peut en faire de la Mauritanie à la Libye en passant par le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie».

Ce qu’oublie de préciser son auteur c’est que cet ouvrage est épuisé depuis.

Mordu par la passion de l’écriture, il autoédite en 2008 un conte de Noël illustré puis en 2009, L’été et les ombres, son premier roman: «c’est l’histoire de Tristan et Iseult en Ariège, mais qui se termine bien» ponctue l’auteur.

«L’histoire de Valentin, fils de nantis qui rencontre Christine, qui vit dans une caravane avec son beau-père un type un peu louche. Lui a plein de passion il lit beaucoup, fait des maquettes de bateaux, elle est plutôt fille de zonard. Ils construisent une cabane à 20 m dans les arbres.

Du jour au lendemain elle disparait brutalement. Quelques étés après il rencontre une fille à vélo sur la route. Ils se reconnaissent.

Elle lui raconte les tentatives d’abus du beau père, le placement en institution… ils se retrouvent
». Un premier roman suivi d’un second, «Grand Large» en 2013, beaucoup moins naïf, plus sombre que le précédent, un pur produit de l’école romantique expressionniste.

Et déjà le Dt Brette qui met à profit les grandes vacances pour faire ses recherches et écrire ses manuscrits, a embrayé sur une belle histoire mettant en scène les amours impossibles de Franz Kafka et de Julie Wohryzek.

Un amour de Franz K. devrait sortir à la rentrée de septembre, le manuscrit est prêt, l’auteur attend des retours des maisons d’édition qu’il a sollicité.

Jean-Philippe Brette connait l’œuvre de Kafka sur le bout des doigts.

Dans son histoire l’écrivain praguois rencontre lors d’un de ses séjours dans une pension de famille en Bohème (il contracte en 1917 la tuberculose et ses jours sont comptés) une jeune fille plus jeune que lui et moins malade qui a perdu son fiancé à la guerre. Lui l’intellectuel introverti est attiré par l’esprit d’enfant, la gaieté de cette jeune fille qu’il fréquente le temps de son séjour dans la station climatique.

Dans cette localité des rochers sont sculptés dans la forêt (diables de pierre du sculpteur Václav Lev)ý ce qui donne au lieu une charge supplémentaire de romantisme. Franz retrouve Julie à Pragues, où il travaille à mi-temps dans les assurances. Ils projettent de se fiancer.

Mais pour le père de Franz, un homme autoritaire, ce mariage est une mésalliance et il s’emploie à éloigner les jeunes tourtereaux.

Au final ce qui aurait pu être une belle histoire d’amour se finit par une histoire douloureuse, triste et belle à découvrir dans quelques mois.

Laurence Cabrol | 02/03/2015 - 19:34 | Lu: 4808 fois