A quelques jours du dépôt légal des listes, Michel Teychenné passe à la vitesse supérieure.
Entouré de Sébastien Kinach, secrétaire fédéral à la diversité «Tu es là en qualité de militant PS», et de quelques militants contre l’homophobie, il a rencontré la presse dans les locaux de la fédération du Parti Socialiste, à Toulouse.
«Contrairement à ce qui a pu être écrit, les ariégeois en général, et les socialistes ariégeois en particulier ne sont pas homophobes, loin de là, ils sont au contraire ouverts, tolérants, intelligents» précise Michel Teychenné qui nomme clairement ses détracteurs.
«Il y a un problème entre le président du Conseil Général, Augustin Bonrepaux, quelques vice-présidents, et moi !», même s’il tempère immédiatement son propos: «C’est une homophobie de café du commerce, certes, mais c’est de l’homophobie quand même»
Outre Jean Glavany, qui a fait connaître très tôt son soutien, l’ex député européen se targue de l’appui, entre autres, de l’ensemble du courant «E», et des instances nationales qui lui ont donné raison, le 12 décembre dernier, à l’occasion de la convention nationale.
«Je me suis tu pendant un mois, cherchant à tendre la main, à sortir de l’impasse, mais je n’ai rien obtenu. Alors, aujourd’hui, je parle !»
Selon lui, ce ne sont pas tant ses prises de position politiques qu’on lui reproche, que sa vie privée, même s’il ne met pas tout le monde dans le même panier: «Marc Carballido et Jean Pierre Bel, pour ne citer qu’eux, ne sont pas homophobes. On l’a bien vu lors de l’affaire de l’adoption d’enfant par un couple gay, affaire pour laquelle Augustin Bonrepaux a été condamné.
Mais à l’époque, déjà, ils n’ont pas été entendus […] Le président se défend en disant qu’il avait alors appliqué le « principe de précaution ». Sans doute veut-il appliquer aujourd’hui le «principe de précaution électorale» qui voudrait qu’un gay ne peut pas être élu !»
Michel Teychenné n’accepte pas l’accusation d’instrumentalisation de son homosexualité «Cela fait plus de trente ans que je milite pour la cause homosexuelle, j’ai participé à de nombreuses Gay-Pride en Europe, j’ai prononcé un discours sur ce thème, place du Capitole, avec Pierre Cohen, devant dix mille personnes […] Je suis très ferme : je n’accepterai jamais la discrimination !»
A l’occasion, il se pose clairement en porte-parole de la communauté «gay» «Ce combat me dépasse, et dépasse le cas d’un simple siège»
Ainsi, sans vouloir faire de Midi-Pyrénées un territoire «Gay-Friendly», Michel Teychenné indique souhaiter plus de tolérance «Il y a un verrou qui doit sauter !»
Le candidat à cette troisième affirme sa sérénité. Pour lui, il est impensable qu’in fine, Martin Malvy et Marc Carballido n’appliquent pas les décisions du parti, et selon lui «risquent des sanctions pouvant aller jusqu’à l’invalidation de la liste et la suspension du parti. On a parlé de cela en marge du bureau national, hier soir: Martine Aubry, Vincent Peillon, et François Lamy ont été très fermes : Les décisions du parti doivent être appliquées !»
En tout état de cause, il précise qu'il ira jusqu’au bout, «je suis déterminé» et, même s’il affirme ne pas souhaiter en arriver là, «je n’ai pas de demande agressive», il se dit prêt à entamer une procédure juridique, à commencer par la commission des conflits et le tribunal administratif.
«N’importe qui peut faire un recours, et demander l’invalidation de la liste, y compris les partis adverses»
Cependant, dans un souci évident de conciliation, il n’hésite pas à minimiser les propos qui ont pu être tenus par les uns et les autres: «dans le feu des discussions, il peut arriver que les mots dépassent la pensée […] il est temps de revenir à la raison […] Je ne suis pas là pour mettre le feu», et de conclure:
«J’attends de Marc Carballido et de Martin Malvy qu’ils respectent les décisions du parti, et apportent un message fort à la communauté gay»
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