ariege > débats et opinions > débat
Pour ou Contre la voie rapide «E9» Amsterdam - Barcelone, via Toulouse et l'Ariège: Le grand débat
09/03/2010 | 20:37
© MidiNews 2010

Dans la perspectives des élections régionales du mois de mars, et parce que «notre ennemi, c’est le silence !», l’association «Foix 21ème siècle» avait convié l’ensemble des partis politiques ainsi que les associations représentatives, à un grand débat sur le thème:

«L’aménagement de l’autoroute E9 en Ariège: Quelles opportunités? Quelles nuisances? Quels aménagements ?»

Tous ont répondu présent, à commencer par le Parti Socialiste, représenté par Jean-Christophe Bonrepaux, maire de Saint Paul de Jarrat, et président de la Communauté de Communes du Pays de Foix, puis, toujours par ordre alphabétique, Philippe Calléja, maire de Saverdun, président de la CC du canton de Saverdun, président de l’UMP 09, Christiane Causse, pour le Parti de Gauche, Alain Chenebeau, président de l’association Via9, Kristel Collet, présidente du MoDem de l’Ariège, Daniel Géraud, maire de Les Cabannes, et président de l’association SAHA, Jean-Pierre Icre, pour le Parti Communiste Français, Françoise Matricon, représentant Les Verts et Europe Ecologie, Jean-Pierre Petitguillaume, pour le Cercle Lakanal, et Alain Sutra, maire de Tarascon sur Ariège, et président du Parti des Radicaux de Gauche.

A l’exception notable de Françoise Matricon, «on a l’impression d’être 20, 30 ans en arrière, quand on tablait sur une augmentation de la circulation routière de 20%», l’ensemble des participants partage l’idée qu’il est indispensable d’améliorer la circulation, en particulier pour des problèmes de traversée de villages, de sécurité des automobilistes et des riverains, dans le souci bien compris de préserver l’environnement.

Les avis restent quasi unanimes quant à l’intérêt économique d’une voie rapide.

Pour J.C. Bonrepaux, «il est indispensable de capter le flux entre Toulouse et Barcelone, pour créer de l’activité sur le territoire»

Opinion partagée par P. Calléja: «les axes de circulation sont essentiels pour le développement d’un territoire», A Chenebeau: «l’activité économique s’est toujours développée autour des axes de communication», D. Geraud: «les Cabannes s’est développé grâce à la voie de contournement» et, d’une certaine façon, par Alain Sutra qui explique que «le développement de Tarascon est gelé dans l’attente de la construction de la déviation de la ville»

La question devient plus délicate dès que l’on aborde la question du financement:

Pour le PS, il faut passer par une concession: «l’Etat n’assume pas ses responsabilités […] le seul financement possible est la mise en concession», proposition que ne rejette pas Via9: «la concession est effectivement une des options possibles»

Il n’en est pas de même pour les autres intervenants: si Philippe Calléja évite de s’engager sur ce sujet, d’autres sont catégoriques:

Selon C. Causse, «l’Etat doit payer ce qu’il doit […] Le Parti de Gauche est contre l’autoroute. De toutes façons, il est impossible de doubler le tunnel de Foix
»
Pour le maire de Les Cabannes, président de SAHA, «la concession au privé implique un péage. Ceux qui ne voudront pas payer utiliseront les anciens tracés qui traversent les villages, c’est l’asphyxie assurée !»

Opinion partagée par JP Petitguillaume, «résolument contre le péage […] c’est une fumisterie», et JP Icre qui estime que «l’autoroute ne créera pas d’emploi, mais aidera à la délocalisation»

Pour Françoise Matricon, «autoroute ou voie rapide, payant ou non payant, c’est pareil! […] Ce projet est idiot […] On va détériorer l’environnement […] Comment peut-on encore encourager le trafic routier ?»

Parce que «pour faire vivre l’économie, il faut que les marchandises puissent se déplacer» lui répond JC Bonrepaux qui estime qu’«entre Toulouse, l’Andorre et la Catalogne, il faut être réactif !»

Dans le courant de la discussion, on apprend que Philippe Calléja «se bat pour une autre idée: un axe Carcassonne - Saint Gaudens qui désenclaverait les trois vallées, Pays d’Olmes, Ariège et Couserans»

Par la voix de Kristel Collet, le Modem se dit «partagé, la seule certitude est qu’il faut améliorer la circulation en Haute Ariège»

Si, pour Christiane Causse «une voie rapide n’est pas anti-écologiste !», le cercle Lakanal pense que ce projet «va polluer beaucoup plus, dans cette vallée encaissée», tout comme D. Géraud: «s’il y a trop de camions, on va tout détruire !»

Quant à savoir si ce projet arrivera à terme, la représentante d’Europe Ecologie en doute: «le projet n’est pas sur une voie royale […] il a du plomb dans l’aile, il n’aura pas lieu et j’en suis très satisfaite.
Tout ce qui fait que l’automobile s’auto-asphixie est une bonne nouvelle !
»

Tout comme Laurent Faure, dans la salle, qui estime que «ce débat est surréaliste: les intervenants s’enflamment sur un projet qui n’existe pas»

A noter une intervention d’un ancien responsable des ASF: «il y a une volonté de construire cette autoroute: c’est la seule solution pour les sociétés d’autoroutes pour dégager des pertes et ainsi payer moins d’impôts sur les bénéfices […]

On ne parle d’autoroute que parce qu’il faut concéder les déviations infaisables au privé […] autrefois, l’autoroute créait de la croissance, aujourd’hui, elle diffuse de l’activité économique […] De toutes façons, il n’y a pas de projet en Espagne
»

Autre intervention remarquée, le vibrant plaidoyer de Jean Laïlle pour le rail: «les projets ferroviaires entre la Catalogne et la France via les Pyrénées pullulent !»

actualites Ariege
auteur: Bernard Pastourel | publié le: 09/03/2010 | 20:37 | Lu: 10349 fois