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Martin Malvy élu avec 67,77 % des suffrages! Midi Pyrénées, futur laboratoire de la Gauche Unie?
22/03/2010 | 08:30
© MidiNews 2010

Peu importait, finalement, que la gauche unie ait réussi, ou non, un grand chelem qu’en tout état de cause Martine Aubry avait déjà renié pour cause de Georges Frêche !

La vraie question de ce second tour était de savoir si l’UMP allait réussir à mobiliser les abstentionnistes et redresser ainsi la barre.

En fait, les abstentionnistes, moins nombreux qu’au premier tour (49%), n’ont pas sensiblement modifié le rapport de forces apparu le 16 mars.

Au plan national, la Gauche récupère la Corse, comme il était prévisible, mais perd la Réunion et la Guyanne, et n’arrive pas à faire tomber dans son escarcelle l’Alsace, ultime résistant à la vague rose et verte.

En Ariège, le score de Martin Malvy (le meilleur de Midi-Pyrénées), est encore supérieur à la somme des listes de gauche du premier tour, passant de 70% à 72,85%, validant ainsi sans discussion la stratégie d’union du Président sortant.

Du coté de la Droite ariégeoise, il est clair que le report du Front National vers la majorité présidentielle, a bien fonctionné.

Autre chiffre remarquable, celui des bulletins blancs qui sont passés de 2616 à 5054, soit près du double.

On peut raisonnablement penser que ces électeurs, issus du giron socialiste, ont refusé de voter pour une liste comprenant en son sein des «Pro Ours»

A noter le score de Saverdun, ville dont Philippe Calleja est le maire, qui place la gauche largement en tête avec 60% des suffrages, et celui de Dun qui accorde un score de plus de 80% à la liste menée par Marc Carballido.

Au niveau régional, Martin Malvy, avec un score fleuve de 67,77% bat son record de 2004 de plus de dix points (57,50 %), et est le mieux élu de la France métropolitaine.

Brigitte Barèges, avec 32,23 % des suffrages exprimés, améliore le score de 2004 (30,43 %), mais il s’agissait alors d’une triangulaire dans laquelle le FN avait réalisé 12,06% des voix.

Et maintenant ?

Le principal intérêt de cette élection se situe désormais dans la gestion des deux ans à venir, dans l’attente de l’élection présidentielle de 2012.

Pendant ces deux années Midi-Pyrénées va constituer un véritable laboratoire d’économie politique pour au moins quatre raisons:

• C’est la région qui a obtenu, avec les deux tiers des suffrages exprimés, le meilleur score de la France métropolitaine ;

• Elle est, sinon la plus peuplée, du moins la plus grande région de France, avec ses huit départements, s’étendant sur plus de quarante cinq mille km², et l’impossible équilibre à trouver entre la métropole, Toulouse, et des départements ruraux en phase de désertification ;

• La troisième raison tient à la forte personnalité des deux leaders.

D’un coté, le président sortant, Martin Malvy, ancien ministre, mais aussi ex-président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, de l’autre Gérard Onesta, qui fut pendant dix ans vice-président du Parlement Européen.

• Enfin, avec le renforcement de la population ursine, Midi Pyrénées est incontestablement la région où l’intégration d’Europe Ecologie est la plus discutée, même si cette contestation se limite essentiellement à l’Ariège, aux Hautes Pyrénées, et au Sud de la Haute Garonne.

Force est de constater que les anti-ours n’avaient pas complètement tort, du moins sur le fond, en reprochant à la tête de liste PS d’avoir intégré des écologistes sur sa liste pour le second tour (voir notre article du 18/03/2010), tant il est vrai qu’il aurait, de toute façon, gagné ces élections sans eux.

Il aura fallu un sacré courage politique à Martin Malvy pour prendre ainsi le risque de ne pas être totalement compris dans sa démarche.

En agissant ainsi, le Président de Midi-Pyrénées pose sa région en véritable laboratoire d’une co-gestion Parti Socialiste / Europe Ecologie / Front de Gauche.

De deux choses l’une:

• Le tandem Malvy-Onesta fonctionne. Dès lors, tous les espoirs sont permis du coté la Gauche Unie, pour un programme de gouvernance au niveau national, susceptible de porter à la présidence de la République un candidat commun.

• Le président sortant, et l’ancien vice-président du parlement européen, ne tirent pas l’attelage dans la même direction. Alors, la majorité présidentielle et Nicolas Sarkozy augmentent sensiblement leurs chances de gagner la présidentielle de 2012.

Retrouvez tous les résultats, commune par commune sur MIDINEWS TV

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auteur: Bernard Pastourel | publié le: 22/03/2010 | 08:30 | Lu: 19256 fois