Ils étaient 9000 selon les syndicats (5000 pour la préfecture) à être descendus dans la rue ce jeudi à Pamiers, pour demander la réécriture du projet de loi de réforme des retraites.
L'enjeu était de taille pour les syndicats: montrer une mobilisation amplifiée depuis les dernières manifestations.
En Ariège, l'objectif semble atteint puisqu'entre 3000 et 4000 personnes seulement étaient descendues dans la rue à la fin du mois de mai.
Un motif de satisfaction pour Antoine Loguillard, secrétaire départemental de l'UNSA, «l'étude du projet se fera à l'Assemblée Nationale le 20 juillet.
C'est un des moments où l'on peut encore faire bouger les choses.
Tant que la loi n'est pas votée, on peut obtenir des modifications: le dernier mot revient au législateur» (la mobilisation a néanmoins de nouveau été marquée par des restes de division: Force Ouvrière ayant encore une fois boudé le rendez-vous).
Et si lors de la dernière mobilisation, les desseins du gouvernement n'étaient pas encore dévoilés, la grogne a visé ce jeudi des points bien précis du projet gouvernemental (présenté la semaine dernière).
Premier désaccord: le recul de l'âge légal de départ à 62 ans.
«Une vraie régression sociale» pour cette dame, avec dans ses mains un bout de carton clamant «Sarkozy: 3 ans, ça suffit !»
Autre crispation: la question de la pénibilité.
Pour cette manifestante, «je suis fonctionnaire et je pense pouvoir travailler jusqu'à 62 ans.
Mais ceux qui font un travail très dur et pénible physiquement, ils ne pourront tout simplement pas !»
Une réforme aussi qualifiée «d'injuste» par beaucoup, «c'est toujours sur les mêmes que ça retombe» déplore par exemple un manifestant excédé, «on en a ras-le-bol !»
«Encore une réforme qui consiste à aller chercher l'argent là où il n'y en a déjà pas beaucoup», constate aussi un peu amère cette mère de famille.
Du côté des syndicats, on dénonce un projet qui, en plus d'être injuste, serait aussi inefficace.
Pour Christophe Couderc, délégué départemental de la CGT, «on fait peser plus de 80% de l'effort demandé sur les salariés»
Et selon Antoine Loguillard (UNSA 09), «les hauts revenus vont contribuer de façon très marginale au financement des retraites»
Et d'ajouter, «comme l'a dit le conseil d'orientation des retraites, les mesures d'âge ne suffiront pas à résorber le déficit. Le pari du gouvernement est donc très hasardeux.
On pourrait se retrouver en 2018 avec un déficit toujours présent, mais des salariés qui eux, auront été particulièrement touchés»
Avec ces arguments en poche, le pari de la mobilisation semble avoir été tenu.
Reste désormais à savoir si elle perdurera dans le temps, et si le gouvernement en tiendra compte dans le reste du processus de réforme.
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